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Exceptionnel 4

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Lue : 979 fois - Commentaire(s) : 0 - Histoire de Veilleur postée le 24/11/2016
Cocu, un peu ou beaucoup, c'est cocu.

Dans le regard d’Angèle passe une ombre. Je demande:

- Je te fais pitié ?

- Oui. Tu découvres pourquoi elle ne supporte plus tes manifestations amoureuses. Elle te voit, elle a horreur du cocu et elle déteste les remords qui l’assaillent en ta présence. Pire ! Elle a aussi des regrets. Puisqu’elle avait commencé, puisque l’occasion se présentait, pourquoi n’est-elle pas allée jusqu’au bout ? Le serpent tentateur était à portée de main, un beau serpent entre nous. Il suffisait à Émilie de monter sur le canapé, d’écarter sa culotte et de le guider dans son sexe pour s’asseoir dessus, se laisser pénétrer et envahir à fond. Elle aurait connu l’homme et su.

J’étais consentante, je le lui proposais. Comme elle regrette sa fuite ! Comme elle souhaite remplacer « son pauvre mari » par ce diable de conquérant si bien monté et si efficace avec moi ! En outre me piquer mon amant ne lui déplairait pas et peut constituer une motivation secondaire mais non négligeable.

- Allons, Angèle tu te racontes des histoires ! Ma femme a été choquée, mais ne te volerait pas ton amant.

- Tu crois ? Voilà pourquoi, ce soir, ta femme va exiger que tu lui fasses l’amour et que tu la fasses jouir ? Je ris ! C’est-ce que tu penses : Je fabule ? Non. J’essaie d’analyser le processus qui vous sépare. Tu es petit, tu as pour elle un zizi minuscule, jouet cassé, sans intérêt, à remplacer au plus vite par du nouveau, du beau, du grand et costaud. Oui tu es dévalué.

- Qu’ en sais-tu ? Non, je suis un homme normal et ma verge en érection entre dans la bonne moyenne de celles de mes congénères. Je ne fais pas de complexe en la matière; pourquoi supposes-tu que je sois handicapé. Émilie se serait plainte à toi quand vous étiez cul et chemise ?

- Non, mais comment voit-elle ta queue après avoir vu celle de René ? Seule compte sa vision du truc de René. Elle peut avoir changé d’appréciation sur tes qualités depuis. Tu ne vaux plus rien et par conséquent elle ne jouit plus avec toi, ne veut plus, dans son inconscient, recevoir son plaisir d‘un minus et bloque, se transforme en chair froide. C’est de quoi tu es venu te plaindre. Dans ses projections il y a mieux que toi, tellement mieux, tu es condamné.

- Tu n’as même plus pitié. Pourquoi me condamnes-tu ?


- Parce que ailleurs il y a René, il y a la saveur de son sperme présente dans sa bouche, il y a ses dimensions exceptionnelles encore grandies exagérément dans sa mémoire où s’impose une image idéalisée, avec effet de loupe, et il y a le désir de connaître avec le sexe sublime les mêmes orgasmes que ceux qu’il me donnait lorsqu’elle nous a observés par surprise. Ta femme raye de sa mémoire ta verge rikiki et inutile, René y a pris ta place. Rêve qu’elle te reviendra, si cela peut te consoler. Il faudrait que tu accomplisses des exploits extraordinaires pour passer de l’être insignifiant, fatalement cocu, à l’homme admirable apte à la reconquérir. Faute de quoi, tu auras beau t’agiter,la doigter ou la sucer et la saillir, elle rêve de lui appartenir, elle lui appartiendra.

- J’attendais du réconfort de notre rencontre, or tu me mets au trente -sixième dessous. J’étais malheureux, je ne suis plus rien, une merde. Je voudrais mourir.

- Voilà bien les hommes qui passent pour un oui ou un non de l’euphorie extrême au désespoir le plus profond. Reprends-toi, tu partages ta mésaventure avec une foule innombrable d’hommes et de femmes sur notre terre. Le mariage est le plus grand pourvoyeur de cocus mâles ou femelles. Ces gens se jettent-ils tous à l’eau ou sous un train ? Non bien sûr. Ils ou elles survivent, s’en remettent et bien souvent s’exposent aux mêmes déboires de cocuage en retombant amoureux et en reformant un couple.

- Pas moi !

- Parfois, mais c’est rare, les cocus se reconstruisent une vie plus heureuse. Ils bénissent le ou la partenaire qui les a délivrés d’une vie conjugale monotone pour vivre un amour merveilleux ensuite.

- C’est une maigre consolation si le nombre de cas est limité. Aurai-je une chance pareille, puis-je l’espérer ?

- Qui sait. Avant tout Émilie doit vaincre le sentiment de frustration qui bloque ses sens. Pour cela elle doit connaître René, charnellement. Au mieux il la décevra, ne sera pas à la hauteur de son rêve et elle te reviendra. Permets-moi de ne pas y croire, René est un amant presque parfait. Il faut du temps pour s’en lasser.

- Et au pire ? Tu parles en experte, à quoi dois-je m’attendre « au pire« , chère experte ?

- Au pire : Émilie connaît un coup de foudre, tombe folle dingue de mon type, ne peut plus se passer de l’instrument de son plaisir et s’attache à lui définitivement.

- Au lieu de les rapprocher il vaudrait mieux les éloigner l’une de l’autre.

- C’est physiquement réalisable, mais mentalement beaucoup plus difficile à réussir. Vous souffrez de ne plus vous aimer, de l‘impossibilité d‘avoir du sexe ensemble. Quelque chose vous pétrifie au moment des rapports sexuels, m’as-tu confié. Ce quelque chose c’est précisément le désir insurmontable de ta femme pour mon amant. Dans la mesure où je n’avais aucune raison d’étouffer mes cris de jouissance quand elle nous a vus sur mon canapé, elle a constaté non seulement que René a un sexe particulièrement développé, mais que de plus il possède l’art de l’utiliser. Elle le veut et n’en démordra pas aussi longtemps qu’elle ne l’aura pas essayé. Les éloigner aurait pour résultat de prolonger ton abstinence actuelle et d’exacerber leur attirance.

- Parce que René est aussi mordu de ma femme ?

- Lui ? Il n’en parle pas. Il est toujours actif et efficace avec moi, me fait jouir à chaque rencontre.

- On ne peut pas en sortir. Il te fait l’amour, tu tiens à lui. Émilie s’est entichée de ton mec. Moi j’aime toujours Émilie. Il n’existe pas de solution. Ton expertise ne m’est pas d’un grand secours.

- Moque-toi de mon expertise ! Tu te crois plus malin que moi, alors que fais-tu là, pourquoi es-tu venu chialer chez moi ? Je n’ai jamais senti chez toi de l’empathie pour moi. Émilie souffrait de ta froideur à mon égard et s’en excusait. Vous formiez un couple modèle, il m’arrivait de vous admirer, de vous envier, de regretter de ne pas avoir vécu une histoire d’amour aussi longue et belle que la vôtre. Je t’ai écouté à cause de l’ admiration que m’inspirait votre union. Mais tu commences à m’échauffer la bile…


- Ne te fâche pas. Quelle que soit ta vie, tu ne peux pas prétendre vivre mon expérience et la comprendre. Je suis le mari trahi, à l’image de Victor, le tien. Tu es plus semblable à Émilie la traîtresse qu’à moi. Cette différence ne te permets pas de comprendre ma souffrance.

- Sans doute as-tu besoin de mieux me connaître avant de me juger prétentieuse quand je parle d’expertise. Écoute ça :

Quand j’étais une jeune fille romantique je suis tombée fort amoureuse d’un garçon. Lui ne me voyait pas. Je m’appliquais à attirer son attention, en vain. Je faisais des bêtises pour mettre fin à son indifférence. Par exemple j’ouvrais ma blouse sur ma poitrine démunie volontairement de soutien-gorge : il ne s’en apercevait pas. Je m’asseyait sur une chaise en face de lui, j’écartais mes genoux, il ne regardait pas ma chatte et ses poils ou entamait un discours sur l’économie. Le jour où je l’ai vu embrasser une fille, j’ai failli mourir de rage, le jour où il l’a épousée j’ai décidé de renoncer à l’amour romantique, de me trouver un type pour en faire mon mari, avec ou sans amour.

- Ce n’est qu’une réaction primaire de dépit amoureux.

- Victor est passé par là. On le disait génial, promis à un brillant avenir dans le monde des affaires. C’était la proie idéale pour m’assurer une vie confortable. Cette fois j’ai osé, j’ai été la première à lui mettre le grappin dessus. Nous avons flirté, je l’ai déniaisé, nous nous sommes mariés. Moins doué au lit que derrière un bureau, il a été un époux moyen mais néanmoins acceptable. Avec le temps il est devenu un pigeon voyageur pour affaires.

- C’est normal. Tu l’attendais dans le confort.

- Je m’endormais seule trop souvent. Je me suis mise à chasser les bons coups. Contrairement aux idées reçues ils ne courent pas les rues. J’essayais le monsieur, je le gardais ou le jetais selon ses talents sexuels. J’appris à repérer l’oiseau rare. Mais je rêvais encore de mon premier béguin. Ah ! Si cet indifférent m’ aimait, je l’adorerais,le vénérerais et je cesserais de papillonner d’un blond athlétique à un brun vantard. Ainsi j’ai mené une vie de désordre assez prudemment toutefois pour que Victor n’en apprenne rien: un exploit dont je me glorifie. Mais je suis toujours insatisfaite, dans l’attente du miracle improbable. René n’est qu’un ersatz, un produit de remplacement

- Ce n’est pas la raison des illusions de ma femme. Pour elle c’est le héros à éblouir et à exploiter physiquement. Elle le voudrait, mais elle n’ose pas et redoute un refus. Elle m’a avoué penser qu’une relation ,même unique, avec cet homme, pourrait tout arranger entre elle et moi.

- Ce en quoi elle rejoint en partie mon opinion. Suivons donc cette intuition. Mettons les en présence, arrangeons leur un tête à tête et ensuite nous verrons qui elle voudra garder.

- C’est-à-dire ? Ce ne sera qu’un rapport sexuel, une fois dans la vie d’Émilie, un petit accroc dans ses engagements, je n’en mourrai pas. Et si cela la rend heureuse, ce sera du bonheur pour moi. Comme tu me l’as fait remarquer, cocu un peu ou cocu un peu plus ce n’est jamais que cocu. Qu’elle me trompe une bonne fois et qu’on n’en parle plus. J’aimerais pourtant que cela se passe chez moi. La voir jouir, entendre sa voix pendant un orgasme me comblerait de joie.


- Bravo, c’est parfait. Je me montre généreuse, je vais prêter René à mon amie. Pour moi, advienne que pourra. Si elle ne me le rend pas, tant mieux, le bonhomme commence à me lasser. J’ai quelque un en vue.

-Encore !

Demain je cours chez Émilie et je la décide à passer à l’action. Il n’y a rien de plus pénible que l’incertitude. Elle y verra l’intérêt de tout le monde, le sien, le tien et le mien.

à suivre.
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