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Les ballades d'Elias

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Lue : 0 fois - Commentaire(s) : 0 - Histoire postée le 07/08/2026

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C'était lors d'une journée de mariage.

Vincent, l'homme à qui l'on passait la bague au doigt et, accessoirement, un de mes bons amis, m'avait gentiment invité à être de la partie.  
Ce que j'avais accepté avec grand plaisir.  
La vie nous avait séparés ces dernières années. J'étais parti en province pour le boulot. Et même si je le connaissais lui et la mariée, leur groupe d'amis étendu m'était devenu relativement inconnu durant cette période.  
Je m'attendais donc à passer une partie de la soirée en solitaire.  
Une erreur d'appréciation notable…

J'arrivais tout juste à l'heure à la réception. Même un vendredi, les bouchons n'avaient pas facilité mon trajet.  
Le lieu, situé à une petite heure de route hors de la ville, était parfaitement charmant.  
Ils avaient particulièrement bien choisi.  
De taille humaine, la cérémonie prendrait place en extérieur.  
L'endroit où les vœux seraient échangés donnait sur une petite rivière en contrebas. Nos sièges, eux, étaient à l'ombre d'un grand chêne qui laissait passer juste ce qu'il fallait de soleil pour donner un éclat à la scène.  
Et donc, malgré la chaude après-midi d'été qui s'annonçait, nous allions profiter d'une relative fraîcheur offerte par la nature environnante.

Il était temps que la fête commence !  
Tout se déroulait à merveille, le couple, magnifique dans ses apparats du jour, respirait le bonheur entouré de leurs proches.  
Le mariage, présidé par un des amis de la bande, fut chargé d'émotion. Le clapotis de la rivière rajoutait un charme bucolique à la scène.  
Puis vint l'échange des alliances et un baiser qui aurait valu un texte à lui tout seul.  
La foule d'une cinquantaine de personnes acclama les mariés.

Le vin d'honneur était servi pendant que les mariés s'occupaient des formalités administratives.  
Je me mêlais à la foule à la recherche d'une tête qui pourrait me dire quelque chose. Et c'est à ce moment que mon regard s'accrocha par hasard à celui de cette magnifique petite trentenaire.

D'origine latine, sa peau cuivrée contrastait magnifiquement avec la robe courte vert émeraude.  
Sans être particulièrement callipyge, elle avait une chute de reins à faire tourner la tête d'un aveugle dans la rue, et sa tenue indiquait qu'elle en était complètement au courant.  
L'échancrure de cette dernière dévoilait ses épaules ainsi que son dos et laissait deviner un corps sculpté avec soin.  
Elle faisait attention à son physique, et pas qu'un peu ! Si ç'avait été une épreuve du bac, elle aurait mérité les félicitations du jury.  
Son mètre soixante se couronnait d'un magnifique sourire que ses yeux verts et ses cheveux mi-longs sombres surplombaient avec élégance.

Pour mon plus grand bonheur, elle était en pleine discussion avec Nathan, une de mes trop rares connaissances de la soirée.  
Il était venu en compagnie de sa femme, Élodie, et le petit groupe parlait gaiement, une coupe à la main.  
Alors que je m'avançais vers eux, il finit par me remarquer. Ça devait bien faire quatre ans qu'on ne s'était pas croisés. Nous faisions partie du même groupe de course à pied avant que je ne parte m'exiler. C'était un chic type et le veinard s'était trouvé, avec Élodie, une compagne tout aussi magnifique que notre inconnue du jour.

— Salut Nathan, démarrai-je d'un ton joyeux en le prenant dans mes bras, toujours aussi beau gosse… Si tu n'étais pas déjà en charmante compagnie, j'aurais tenté de t'offrir un verre.  
— Élias ! s'enthousiasma Élodie en me faisant la bise à son tour. Pas touche ! Vos soirées bizarres entre garçons, c'est de l'histoire ancienne. C'est un homme rangé maintenant. Et même bientôt un père…  
— Eh ben ! Je disparais pendant quelques années et tu renies tous tes principes de célibataire endurci !  
— Eh oui, reprit Nathan, finies les nuits sans sommeil à faire la tournée des bars. Mes prochaines nuits blanches, ce sera biberon et berceuse…

Ça faisait plaisir de voir que notre ancienne complicité n'avait pas disparu malgré l'éloignement. Alors que nous rigolions de bon cœur, mon regard glissa sur leur magnifique amie.

— Oh ! Laisse-moi te présenter Sofia ! reprit-il. Elle travaille dans notre équipe avec Vincent depuis deux ans maintenant. Et cerise sur le gâteau, elle te remplace avantageusement en tant que lapin durant nos entraînements hebdomadaires.  
— Et avec brio, j'en suis sûr ! relançai-je. Enchanté Sofia ! Comme tu l'auras compris, je ne suis qu'un vieux souvenir qu'on a invité par pitié.

Elle me fit la bise en souriant.

— Votre fameux lapin ! Depuis le temps que j'en entendais parler ! Enchantée Élias. Je n'ai pas de mérite à avoir pris la tête du peloton face à si peu d'adversité...

Je trinquais à cette affirmation avec la belle, un sourire en coin.  
L'ambiance n'avait pas changé et je me détendais grâce à ce sentiment d'être de retour à la maison.  
Elle savait mettre les gens à l'aise, d'autant plus que ce premier contact avait électrisé mes sens. Elle sentait divinement bon et sa peau de pêche était d'une douceur délicieuse.

La fête suivait son cours, mais je n'étais malheureusement pas à la table de mes amis.  
À mon grand dam, je me retrouvais assis à côté du tonton raciste de circonstance.  
Il avait fait main basse sur le rouge dès le service des entrées, et il était rendu en totale roue libre. Tous les poncifs y passaient, je finissais par avoir honte d'être à côté de lui.  
Heureusement, le dessert libérateur finit par être servi. Une construction composée de multiples gâteaux, et en particulier d'un Paris-Brest succulent.

Alors que la nuit commençait à tomber, les tables avaient fini par laisser leur place à la piste de danse.  
Tonton avait alors atteint son apogée.  
Fin bourré, il avait jeté son dévolu sur la pauvre Sofia, à qui il était moins en train de parler que d'essayer de la peloter.

« Le pinard serait-il la clef contre le racisme ? » me demandais-je.

De son côté, elle n'avait pas l'air d'avoir envie de disserter avec l'ivrogne, et saisit la première occasion possible pour s'agripper à une âme charitable, trop heureuse de pouvoir lui servir de bouclier alors qu'elle s'enfuyait vers la sortie.  
Dommage, ce n'était pas votre serviteur…

Je filais moi-même dehors prendre un peu l'air.  
Plusieurs personnes étaient sur la terrasse surplombant le jardin où avait eu lieu la cérémonie.  
Mais entre le brouhaha des discussions, un bruit sec se fit entendre.  
Le preux chevalier, une trace de main décalquée sur sa joue droite, filait fissa sans demander son reste.  
Il avait dû espérer recevoir un peu plus qu'un sourire pour sa bonne action.  
Pendant ce temps-là, Sofia prenait la direction des rives du cours d'eau, à l'abri des yeux des convives.

Un verre à la main, j'emboîtais son pas tranquillement.

Elle était seule, assise sur un banc qui donnait sur la rivière. La lune se reflétait dans l'étendue d'eau et offrait juste assez de lumière pour mettre en valeur son visage.  
Je lui fis signe de la main en lui souriant.

— Je ne te dérange pas ? commençai-je.  
— Non, c'est bon, j'ai pris un coup de chaud entre l'alcool et la fête. J'avais besoin d'un peu de fraîcheur, et surtout d'une excuse pour échapper au troupeau de gros lourds.  
— J'espère ne pas en faire partie dans ce cas-là.

Elle me sourit.

— Toi, tu touches avec les yeux. Ça, ça ne me dérange pas.  
— Ouch, je suis grillé à ce point ?  
— Pas besoin de t'en vouloir. Et ce n'est pas comme si je n'aimais pas sentir le regard des autres sur mon corps. Pour les caresses par contre, c'est moi qui décide quand.  
— Amen ! déclarai-je en lui levant mon verre.

Elle retira ses sandales argentées et avança tranquillement pour se tremper les pieds dans la rivière.  
Silencieux, je pris sa place sur le banc, décidé à admirer le spectacle.

Elle trempa ses mains dans l'eau et les passa sur son cou.  
De ma position, je ne pouvais qu'imaginer où les perles transparentes allaient se perdre sous sa robe.  
Elle se retourna vers moi.  
La lumière de la lune dessinait ses contours avec grâce.  
L'air espiègle, elle pinça les deux côtés de sa robe et la remonta lentement. Si j'avais déjà pu remarquer le peu de maquillage qu'elle portait, je me retrouvais à constater qu'elle était venue avec encore moins de sous-vêtements.  
Je restais coi alors qu'elle me dévoilait ses charmes.

— Plutôt agréable à l'œil, non ?

Hypnotisé par la vue, je n'avais qu'un sourire à lui répondre.

— Si tu as perdu ta langue, j'espère que tu vas vite la retrouver…

Elle s'avança vers moi.  
La goutte de transpiration qui glissait de mon front n'avait plus rien à voir avec la chaleur de la saison.  
Arrivée à quelques centimètres de mon visage, ses intentions me semblaient plus que claires et je ne trouvais rien à opposer à son regard alors que nos lèvres se frôlaient.

Elle commençait à peine à jouer avec moi.  
Si j'avais osé croire être le chasseur à un moment, c'était l'erreur du siècle, mais le genre d'erreur que je referais avec plaisir.  
Le baiser tant attendu ne vint jamais. À la place, elle monta sur le banc, plaça sa jambe gauche sur mon épaule puis plaqua ma bouche contre son sexe.

— Tu sais quoi faire, Élias, murmura-t-elle.

On ne devait pas être loin du paradis sur terre, coincé entre la douceur de ses cuisses et son odeur délicieuse.  
Si je ne savais plus où donner de la tête, il ne me fallut qu'un instant pour savoir où donner de la langue.  
J'appliquais mon énergie à son bonheur, concentrée sur son clitoris qui roulait sous mes baisers, alors que mes doigts entreprenaient une cartographie détaillée de son intimité.

Elle tressaillait sous les coups de langue tout en ébouriffant mes cheveux courts de ses mains.  
Mon application portait ses fruits si j'en croyais ses légers soupirs.  
Puis au bout de quelques minutes, je sentis son corps se tendre et la pression sur ma tête se fit plus insistante.  
Elle étouffa un cri, et s'immobilisa, la tête tournée vers la cime des arbres tout en souriant aux étoiles.

— Tu n'es pas forcément le meilleur en discussion, mais quand il faut passer à l'action, tu te débrouilles.  
— Cela aurait été malpoli de refuser une invitation pareille, finis-je enfin par articuler.

Revenue les pieds au sol, elle s'attela à l'ouverture de mon pantalon... Elle n'en avait pas fini avec moi.  
Sans trop d'effort malgré mon érection, elle libéra mon sexe et vint s'asseoir sur moi.  
La chaleur de son corps enveloppa mon membre.  
Et alors que je venais juste de glisser dans son intimité, elle attrapa ma nuque de ses deux mains et fit passer ses jambes dans mon dos.  
La bouche collée à mon oreille, elle me susurra :

— Baise-moi.

Il ne m'en fallut pas plus. Je passai mes mains dans son dos pour la soutenir, et je me relevai en finissant de la pénétrer pleinement.
Elle m'embrasa alors à pleine bouche, comme pour parachever notre connexion.  
Je disjonctais complètement, elle me dévorait par les deux bouts.  
J'allais y perdre mon âme... Mais serait-elle aspirée à travers sa bouche et les caresses de sa langue, ou par son sexe qui m'engloutissait ?  
Je m'en moquais éperdument.  
Je ne pensais plus à rien, si ce n'est au plaisir que nous étions en train de prendre.

Nos souffles s'entremêlaient alors que chaque mouvement de hanche nous rapprochait de la conclusion de cet instant irréel que j'aurais aimé voir durer des heures.  
Mais mon excitation et l'alcool en avaient décidé autrement, et une poignée de minutes de ce traitement suffit à déclencher ma jouissance.  
La belle me rejoignit rapidement, alors que je tentais tant bien que mal de me rasseoir sur le banc.  
Tempe contre tempe, à bout de souffle, cet instant suspendu ne dura qu'une minute.

Elle se releva, me sourit, puis remit mon col en place.  
Ses chaussures jetées par-dessus son épaule, sans un mot, elle reprit la direction des festivités, se dandinant au rythme de la musique qu'on entendait au loin, les pieds glissant sur l'herbe fraîche.

Quelle énergie, me dis-je en rafistolant ma tenue. Tu m'étonnes qu'elle était en tête durant la course.  
De mon côté, j'avais besoin de cinq minutes pour reprendre mon souffle.  
Note à moi-même : reprendre l'entraînement.

J'en profitais pour contempler cette rivière qui m'avait offert une de ses nymphes, alors qu'Élodie venait à ma rencontre avec Nathan sous le bras, qui avait l'air gentiment éméché.

— On vient de croiser Sofia, toi, tu t'es pris un râteau, dit-il goguenard.  
— Ne te prends pas trop la tête, me consola Élodie, la moitié des gars du bureau ont tenté leur chance avant toi. Au moins tu ne te seras pas pris sa main dans la gueule...

Je haussais les épaules.

— C'est la vie, je me console comme je peux avec mes deux vieux amis à mes côtés.

Je finissais mon verre.

— Il est vide, vieux frère. Viens, on va régler ce souci.

Je laissais derrière moi le lieu du crime, souriant intérieurement.

Elle avait été pas mal, cette soirée.
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