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Louise ou la vraie vie 12

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Lue : 424 fois - Commentaire(s) : 0 - Histoire de mielpops postée le 29/04/2013
Cams coquines
Après avoir échangé d'autres banalités, Louise quitte le bureau du cancer et rejoint Virginie qui l'attend dans le couloir, au milieu de nouveaux arrivants. Lorsqu'elle voit sa compagne, un sourire illumine son visage. Louise lui adresse un petit clin d'oeil confiant et la prend par la main en direction de la sortie, se moquant éperdument de ce que ce petit geste entraîne dans l'entourage.

Se faufilant laborieusement parmi les inconnus du commissariat, elles ne prêtent pas attention au groupuscule d'hommes qui remontent du sous-sol et se dirige dans leur direction. Le temps suspend son vol. Il n' y a plus aucun bruit, il n'y a plus personne. Il n'y a plus qu'eux deux. Louise se trouve face à face avec Lemoux. Lemoux qui la dévisage, les yeux mis clos jusqu'à ce qu'un sourire mauvais se dessine sur ses fines lèvres, un rictus horrible qui fait froid dans le dos. Louise l'observe, ne scille pas des yeux cet homme qu'elle regrette d'avoir aimé. Un regard lourd, chargé de haine et de cruauté que Louise défit sans faillir. D'interminables secondes durant lesquelles, en se croisant, aucun des deux ne baisse les yeux. Une fois Jeff dépassé, Louise discerne, parmi le brouhaha environnant, le rire glacial de son mari. Elle continue son chemin, Virginie dans ses pas, jusqu'à la sortie qui semble soudain très lointaine.

“ Chérie, tu as vu ses yeux? Demande Louise
Je n'ai vu qu'eux mais j'ai entendu son rire aussi.
Je ne le reconnais plus mon coeur. Je t'avoue, il m'a fait peur et son regard m'a donné froid dans le dos.
Tu as enfin ouvert les yeux chérie?
Je crois que oui.. J'ai vu de la folie pure dans ses yeux. Il me fait peur.
Tu comprends nos craintes à présent Louise?
Oui, je suis désolée d'avoir été aussi stupide. Pardonne moi mon coeur.
Tu as vécu avec lui si longtemps que tu es restée dans les clichés que tu connaissais de lui, mais avec des yeux extérieurs, on s'en rend compte plus facilement.. Tête de mule.
Me pardonneras-tu?
Je sais pas, j'y réfléchis, répond Virginie d'un regard malicieux.
Je t'aime.
Je t'aime aussi mon ange.”


Dans son bureau, au même instant, Gavoilhe a fait entrer son agent infiltré, qui attend son tour au milieu des autres prévenus et anonymes.
“ Je tenais encore à vous féliciter pour ce travail superbe.
Merci commissaire. Mais je n'ai fait qu'accomplir ma mission.
Pas n'importe quelle mission..
J'en connaissais les risques..
Certes, et vous avez reussi haut la main. Je regrette une chose, devoir me séparer d'un élément tel que vous.
Avons-nous le choix commissaire? J'ai choisi ma vie, je sais ce qui m'attendait une fois ma mission menée à bout. Et je sais ce qui m’attend. J'aime bien la région Rhône-Alpes.
C'est bien pour ça qu'on vous y envoie. Voici votre déposition, lisez-la tranquillement et ..
Et je vous dis si je suis d'accord. Ne vous inquiétez pas commissaire, je lis avec la plus grande attention. Ce serait con si cette crapule s'en sortait à cause d'une coquille n'est-ce-pas?
Plutôt oui.. même si d'autres éléments s'accumulent mais sa défense pourrait foncer dans la brèche et il serait dommage que votre propre travail soit réduit à néant.
Je suis entièrement d'accord.”

L'agent s'empare des documents que lui tend le “Cancer” et se met à parcourir les lignes avec la plus grande attention. Les pages se succèdent les unes aux autres jusqu'à la dernière sans la moindre anicroche, sous l'oeil attentif de Gavoilhe.

“ C'est nickel, tout y est.
Impec. Vous avez tout préparé?
Oui, ça y est. Je vais regretter mon appart.
On vous en a trouvé un tout aussi confortable, si ce n'est mieux à Lyon.
Aucun doute là-dessus commissaire.” Le flic tend chaleureusement la main à son fidèle agent avant de lui serrer tout aussi chaleureusement.
“ Au revoir. Bonne route là-bas.
Ce sera du gâteau comparé à ce que je viens de vivre. Au revoir Commissaire.”

Dans le couloir règne toujours la même pagaille. Lemoux attend patiemment entre deux gardiens de la paix. Des regards noirs se posent sur lui, des regards d'amis incrédules et bafoués, des bafoués, des repentis, les prostituées mais il n'arrive pas à apercevoir son copain Thierry. Jouant des coudes pour mieux y voir, il bouscule un de ses deux gardiens, qui le regarde d'un oeil noir.
“ Quoi, qu'est-ce-que j'ai fait encore?
Pourquoi vous vous agitez ainsi? Vous pourriez au moins vous excuser!
M'excuser pour quoi? Pour avoir bousculé un bougnoul?
Outrage et propos insultant, vous en avez pas assez?
Jamais quand je vois des mecs de ta trempe. Comment ça se fait qu’ils t’ont accepté dans la police? Ils manquaient de volontaires ou quoi?
Arrêtez ça tout de suite..
Ou quoi? Tu me fais peur peut-être tiens! T'inquiète pas mon gars, quand je serai sorti d'ici, je m'occuperai de ton cas et je ferai en sorte que tu ne trouves plus de boulot. Tu peux compter sur moi...”

Lemoux continue d'abreuver le gardien de la paix de mots suaves et affables. Il ne remarque pas immédiatement la personne qui arrive dans sa direction et ne perd pas une miette du spectacle. Puis, se sentant observé, il lève son regard et aperçoit Corinne avant de s'adresser à elle.

“ Tiens, ils convoquent les idiots aussi les flics? A croire qu'ils ont pas assez de preuves contre moi pour faire appel à des pequenots!.. oh, je te parle salope!
Mon pauvre Jeff, regarde toi, tu es pitoyable.
Qu'est-ce-que tu leur as raconté de si intéressant que ça?”

Corinne ne répond pas et tout en continuant de se diriger vers la sortie, elle lève son bras envers l'avocat pourri avant de lui offrir le plus beau profil de son majeur droit accompagné d'un sourire narquois et d'un clin d'oeil qui en dit long. Le regard destructeur de Jeff baisse quelques secondes sa garde, le temps de réagir et de comprendre.

“ Toi?”


Corinne Leduc, ou plutôt, son nom d'emprunt se retourne et continue sa marche en direction de la sortie. Jean-François, décontenancé éprouve du mal à garder son sang-froid. Il tente de se lever dans le but dérisoire de suivre Corinne et les deux gardiens de la paix le retiennent non sans mal, tant la force causée par sa colère est décuplée. Il cède et se rassoit tranquillement, laissant son cerveau bouillonner à la place de son corps. Comment cette femme a pu le berner à ce point, lui et le “Belge”? Sa fierté de tout puissant en a pris pour son grade et il rage surtout du fait qu'il n'a aucun moyen d'en informer son ami Eekhoud. Mais pour l'instant, il pense à Louise qu'il a croisée quelques minutes plus tôt. Le regard et le sourire en biais qu'il lui a décochés sont pour lui un semblant de réconfort, un apéritif en regard de ce qui attend sa femme. Quand et où, il l'ignore, mais il n'espère que le moment où elle ne sera plus de ce monde, c'est à dire bientôt.

Dans le bureau jouxtant à celui de Gavoilhe, le Belge fait face à un enquêteur tout aussi tenace qu'il toise d'entrée de jeu.
“ Ah, j'ai affaire à un sous fifre? Vous voyez, je suis pas un cas intéressant !
La ferme et assied toi. Tu n'as aucun droit ici à part celui de la fermer et de répondre aux questions que je te pose.
Ho ho, le petit chef a parlé! Maman, j'ai peur!!
Fais le mariole si ça te chante, tu ne m'impressionnes pas Eekhoud. J'en ai maté de plus costauds que toi. Tu ne me fais pas peur non plus. Des types comme toi, vous êtes des guignols, des parasites qu'on écrase du pied ou dans le creux des mains. Tu as fait du bruit mais ici, t'es que tu vent. Tu la fermes et tu t'assoies.
Je préfère rester debout.
A ta guise! On en a pour un bon moment. Virez-moi cette chaise de là, dit Grendier au gardien de la paix. J'ai tout mon temps moi ! Renchérit-il, un mug de café fumant plein à ras-bord.
J'ai déjà parlé à votre collègue hier..
Tu as l'air d'oublier que tu es en garde à vue Eekhoud. Je fais de toi ce que je veux pendant les 90 heures à venir. Ah, et je tenais à te dire que mes potes Belges enquêtent chez toi aussi. Ils fouillent tes appartements et interrogent tous tes amis et tes ennemis aussi. Tu es grillé et tu le sais.
Du vent tout ça! Vous ne trouverez rien parce qu'il n'y a rien à trouver.
Tu prends tes compatriotes pour des billes? C'est pas bien ça.. mais je te rassure, ils sont aidés par mes potes Français à moi.. Tout ce monde rien que pour toi, tu devrais être flatté!
Va te faire foutre..
Pour le moment, c'est toi qui l'as bien profond, et bien profond. Tu ne t'en sortiras pas cette fois-ci. Ton petit manège n'a pas fonctionné. Non mais tu croyais quoi?
Je n'ai plus rien à vous dire. Je veux un avocat.
Haha.. je t'appelle Lemoux?”


Le Belge jette alors un regard des plus sombres à son interlocuteur. L'intimidation ne mènera nulle part et il n'ignore pas que les investigations de polices Belges et Françaises, sur les indications de la taupe, sonnent le glas de sa carrière. La lueur qui habite les yeux du policier ne fait que confirmer que l'aventure est terminée.
“ Mais bon sang, comment vous avez su ? Qui m'a dénoncé bordel ?
Même si je le savais je ne te le dirais pas. Admet que tu as perdu “Le Belge”. Les bonnes choses ont une fin. Enfin, ça dépend de quel côté on se place hein ! En ce qui me concerne, je suis ravi qu'une pourriture de ton espèce finisse là où elle doit finir. En taule..
Un autre prendra ma place.
Tu parles de tes copains colombiens? T'inquiète, on s'en occupe aussi.
La tête est tombée, elle va repousser.
Oui, et on la coupera autant de fois qu'il le faudra. Mais je sais qu'en te coinçant, on a foutu un joli petit bordel dans ton organisation.
Et tu te crois toujours plus fort que moi?
C'est pas moi qui suis sur la sellette en ce moment. Tu ne m'impressionnes pas le moins du monde Eekhoud. Ah, mais oui, c'est vrai ! Tu te demandes toujours pourquoi ton plan n'a pas fonctionné cette fois-ci!
Je sais pourquoi il n'a pas fonctionné, mais je finirai par savoir qui est le salaud qui..
Aucune chance.”


Thierry sort de son lit, grisé par un jour et deux nuits alcoolisés et très agités. La tête prise dans un effroyable étau et la bouche pâteuse, il se dirige d'un pas incertain vers la porte d'entrée que l'on tambourine sans cesse depuis quelques minutes.

“ Oui, c'est bon ! J'arrive, y'a pas le feu!
Police, ouvrez!”

A ces mots, le cerveau endormi de Thierry se réveille et de grosses gouttes de sueur se mettent à perler sur son visage. Les flics sont là pour lui mettre le grappin dessus. Ça ne fait plus aucun doute, il est découvert. Il doit fuir.. Les secondes s'égrènent, on frappe toujours à la porte, le sang martèle ses tympans, son crâne est au bord de l'implosion.

“Ouvrez ! Ou on défonce la porte!”

Du fric, des fringues, la fuite. Oui, mais où ? Presque nu, pris par surprise, il n'a pas le temps de s'enfuir et d'autres flics l'attendent à l'extérieur. Au milieu du salon, les épaules et la tête baissée, à la lumière bleue des gyrophares qui filtre à travers les persiennes, Thierry, jette l'éponge. Jeff, le “Belge” sont, il en est sûr, derrière les verrous, où une place d'honneur l'attend : trafic de drogue, présomption d'assassinat, proxénétisme..

A la porte, la brigade d'intervention se manifeste de plus en plus bruyamment, prête à fracasser la porte dans les prochaines secondes, juste le temps pour lui d'accomplir un dernier geste. Il se précipite dans sa chambre du rez-de-chaussée de son duplex luxueux et referme rapidement la porte derrière lui dans l'espoir que ce geste dérisoire ralentira la progression de la police et lui laissera le temps d'accomplir sa tâche. Il ouvre le tiroir supérieur de sa commode en noyer et fait rapidement sauter le double fond d'où il déniche son Walther 22 LR chargé. A cet instant précis, il entend le porte d'entrée céder dans un sinistre craquement. Les forces de polices viennent de pénétrer dans son appartement et se mettent en quête de le chercher pour procéder à son arrestation. Méthodiquement, en quelques secondes, qui lui paraissent une éternité, Thierry défait le cran de sécurité et arme son pistolet. Déjà, les flics arrivent à la porte de sa chambre, qu'ils tentent d'ouvrir. Un dernier instant, il regarde la poignée de la porte tourner, juste l'instant qu'il faut pour lui pour porter dans sa bouche le canon de son arme. Le film de sa vie peu reluisante défile dans sa tête avant qu'il appuie sur la détente. Au moment de la détonation, la porte s'ouvre laissant entrer les policiers qui voient alors, le haut de sa boite crânienne exploser.




Virginie et Louise arrivent au bureau où elles rejoignent Jeanne et Françoise submergées par les appels.
“ Ces fichus journalistes ont des antennes! On est harcelées en permanence!
Je prends la relève, c'est bon. Rétorque Virginie. Il est temps que je reprenne mes fonctions!
Ce sont de vrais charognards et il va falloir s'habituer à être harcelées encore un bon bout de temps. Ce n'est pas une affaire anodine qui nous tombe sur le dos.
D'autant plus qu'ils vont immanquablement parler du passé.
On s'en fout Jeanne! Tout le monde sait de quoi il en retourne, mais Jeff n'a pas que des amis et pour une fois, je suis ravie que les journalistes remuent la merde. Ils ne l'enfonceront que d'avantage. Et puis.. ça fera de la pub pour le cabinet.
Louise! Non, mais j'y crois pas!
Rooooo, c'était matière à détendre l'atmosphère. Cool ma chérie. De la pub, on en a assez, du boulot on en a à revendre.
Voulue ou pas, on va parler de nous dans tout le pays. Et la clientèle va affluer.
C'est pour ça qu'il va falloir vite te mettre dans le bain mon ange! On va manquer de bras.
Mais je suis toute à toi ma chérie!
Bon, alors, que s'est-il passé chez les flics ? Questionne Françoise?
Comme prévu, on a été remettre le dossier à Gavoilhe et devine sur qui on est tombées.
Oh, vu ta tête, je parie que c'est Jean-François.
Oui, et il avait une sale mine le bonhomme..
Le retour de manivelle. Ça lui fait pas de mal.
Si tu avais vu sa tête Jeanne, je ne l'ai pas reconnu et je t'avoue qu'il m'a fichu la trouille. S'il avait eu des bazooka à la place des yeux, je serais morte sur place.
C'est le cas. C'est pourquoi il va falloir rester sur nos gardes. Je ne veux pas qu'il t'arrive quoi que ce soit chérie.
Je suis sous la protection de la police, donc, tout va bien, ne t'en fais pas mon coeur.
J'ai le droit d'être inquiète, non?
Oui chérie. Je suis conscience à présent de ce qui pend au-dessus de ma tête et je te promets que je serai très prudente. J'ai envie de passer le restant de ma vie à te rendre heureuse.” Puis réalisant que Jeanne et Françoise assistent à la conversation : “ Vous allez pouvoir y aller les filles, ça va être l'heure de votre entrée en scène chez les flics!
Exact, tu as raison Louise. Et il est hors de question qu'on rate ça.
Ca me ferait mal ! Dites ce que vous avez sur le coeur, je vous donne quartier libre.
Inutile de préciser, tu peux compter sur nous! Répond Françoise en lui lançant un clin d'oeil.
On prend le relais.. Allez-y !”

A ces mots, Françoise et Jeanne s'arment de leurs effets personnels, lourds manteaux et sac à main avant de saluer Louise et Virginie de la main et de prendre la direction de la sortie.

“ Pfiouuu, la journée est à peine commencée et je suis déjà sur les rotules!
Il faut dire qu'il y a de quoi! Et ça ne fait que commencer. Crois-moi, on est pas encore sorties de l'auberge.
Le problème Jean-François est réglé. Ton divorce sera prononcé en ta faveur. Tu récupères ton cabinet et en plus, il te fera plus chier.
Il me tarde que tout ça soit terminé. Ce qui me gêne c'est que je serai quand même mêlée à cette ordure pendant que durera toute cette histoire.
Certes, mais tu seras tirée vers le haut.. ce qui est loin d'être le cas pour lui.
Je sais.
Comme tu sais que tu n'es plus seule. Et que je serai désormais à tes côtés pour te soutenir et t'épauler.
Je ne sais pas comment j'aurais vécu tout ça en fait, si tu n'étais pas là.. Je veux dire, comme on se connait maintenant..
Je t'aurais quand même apporté tout mon soutien, tu le sais ça.
Mais notre amour me donne des ailes. Je me sens plus forte avec toi. Et qui plus est, tu m'as ouvert les yeux sur une évidence que je ne voulais pas voir. Dieu seul sait ce qui serait advenu de moi.
N'y pense plus chérie. Seul l'avenir compte à présent, ok?... Je crève de froid, pas toi? Je me damnerais pour un café, tu en veux un?
Volontiers chérie.
Ah au fait, il y a quelque chose que je ne t'ai pas dit depuis longtemps.” Louise, se retourne, le regard interrogateur.
Quoi?
Je t'aime.
Je t'aime aussi mon coeur. Répond-elle avec un doux sourire et le regard pétillant. Attention, la tasse va déborder..
Oups..”

A cet instant, après quelques trop courtes minutes de silence, la sonnerie du téléphone retentit, faisant sursauter les deux femmes.

“ Et c'est reparti pour un tour.. je n'ai même pas eu le temps de t'embrasser !
Alors, dépêche-toi de répondre ! Répond Louise dans un sourire malicieux. Je me disais qu'il manquait quelque chose avec mon café..”

Virginie se dit qu'après tout, le téléphone peut sonner une fois de plus. Elle ne résiste pas au besoin vital de goûter aux lèvres de sa compagne et vient couvrir la bouche de Louise de la sienne.. Le baiser s'éternise, les lèvres refusent de se séparer..
“ Tes lèvres ont si bon goût mon amour..
je suis dingue des tiennes..
Alors, ça tombe bien.. j'en reprendrais bien un peu.
Je t'en prie, c'est servi tout chaud et la source est intarissable..
C'est bon à savoir, j'ai un appétit féroce..”

Le téléphone s'est tu, elles ne l'ont plus jamais entendu sonner. Leurs lèvres sont soudées et rien ne viendra les séparer. Oubliés les flics, oubliés les malfrats, elles sont seules et laissent leurs corps et leurs sentiments s'exprimer.
Louise plaque Virginie contre le petit meuble en tek sur lequel trône la Senseo et pose son corps contre le sien comme la rosée délicate d'un matin d'été. Elle veut sentir contre elle chaque forme de sa compagne, en ressentir chaque frémissement.
“ Je t'aime mon amour. Oh mon dieu, ce que je peux t'aimer.”


Louise enserre tendrement Virginie avant de poser ses mains sur ses joues rosies par l'émotion et de lui délivrer un baiser somptueux. Baiser auquel la blonde secrétaire répond sans appel, franchissant la barrière de ses dents et laissant sa langue livrer bataille à la sienne. Déjà, leur respiration se fait plus forte, les coeurs battent plus vite, dans le même désir de s'aimer. Leurs bouches se dévorent, leurs mains s'éclipsent sur leurs corps enfiévrés. L'envie devient plus forte que la passion et la passion n'a pas dit son dernier mot. De bouche en joue et d'yeux en oreille, les lèvres de Louise n'ont de cesse que d'embrasser l'être qu'elle aime chaque seconde d'avantage, dans un puissant désir de rattraper le temps perdu. Ses mains investissent le corps en ébullition de Virginie qui s'abandonne à ses caresses. Louise, un à un, défait les minuscules boutons du chemisier en soie de la jeune secrétaire, tout en se frayant un passage entre ses jambes après avoir relevé délicatement se jupe. Virginie resserre le cercle de ses bras autour du cou de Louise et se laisse porter par l'étreinte langoureuse de l'avocate, qui place ses mains sous ses fesses et l'invite à s'asseoir sur le meuble. Louise redouble de vigueur dans son entreprise et, tout en dévorant les lèvres de la jolie blonde, elle retire son veston et son chemisier avant de freiner ses mains et de les poser délicatement sur la poitrine tendue de Virginie. Elle enveloppe les deux globes et les masse, doucement d'abord, puis un peu plus fermement ensuite. Au travers du tissu noir en dentelles, elle sent se tendre et durcir les pointes qu'elle titille du bout des pouces entraînant en Virginie un frisson de plaisir. La tête de Louise descend le long de son cou à grand renfort de baisers tout aussi brûlants que ses mains qui affolent ses sens. Le ventre en feu, la blonde Virginie ondule, impatiente de caresses plus torrides.
La secrétaire ceinture de ses jambes l'avocate, l'invitant à se coller encore plus à elle, alors que la bouche de la brune savoure ses tétons au travers du tissu. La laissant se placer entre ses cuisses pour agrandir son champ d'action, Virginie libère son imposante chevelure de son catogan avant de s'en saisir et d'inviter Louise à un baiser sulfureux. Leurs bouches s'unissent, leurs langues se cherchent et se trouvent, se perdent dans des bruits mouillés pour mieux se retrouver encore et encore. Virginie s'ouvre d'avantage à Louise dont les mains parcourent fébrilement le corps, traînant sur sa peau satinée, la rendant plus impatiente encore de sensations nouvelles, avant d'arriver sur ses cuisses qu'elle caresse à leur tour.
Louise remonte au plus haut la jupe de sa secrétaire, décidée enfin à répondre à ses attentes après avoir honoré de sa bouche son ventre et son bas-ventre. De ses baisers chauds, elle couvre l'intérieur des cuisses de Virginie, se reprochant insensiblement du tissu noir entièrement détrempé qu'elle finit par embrasser à son tour et masser de ses lèvres, se délectant son musc délicieusement parfumé à l'amour.

Louise s'agenouille, se donnant ainsi meilleur accès à l'antre du plaisir de sa jeune maîtresse dont elle savoure à pleine bouche le fruit. Elle interrompt un instant ses mouvements, observant sa jeune compagne dont les yeux clos et la bouche pincée traduisent le plaisir, avant de remonter jusqu'à son visage merveilleux et de lui donner un nouveau baiser.
“ Je t'aime chérie.
Je t'aime aussi mon amour. Répond Virginie dans un souffle rauque. Tu, tu es.. divine.. Je t'en prie, ne t'arrête pas chérie.
Petite gourmande va..
Je crois que l'élève va vite dépasser le maître..
Soulève toi deux secondes mon ange, que ton élève se délecte de son maître.

Joignant le geste à la parole, Louise s'empare du petit tissu noir qui cache la perle convoitée. Les bras de Virginie l'enserrent un peu plus fort en quête de faire durer leur baiser et de se régaler du goût sucré de ses lèvres.
L'avocate laisse sa main lui désobéir et se disperser une fois encore sur le corps de la belle blonde avant de venir cueillir le fruit mûr de Virginie et d'en inonder ses doigts de son suc. Jouant à l'aveugle quelques instants avec les chairs molles, la main de Louise devient peu à peu plus précise et plus gourmande. De ses doigts, elle fait savamment rouler son bouton de rose encore enveloppé de ses pétales avant de débusquer un coquin fier et arrogant dont seules ses caresses pourront apaiser le feu.

Louise et Virginie se laissent envahir de sérénité et savourent leurs derniers instants de plaisir lorsqu'elles entendent la sonnerie de la porte du cabinet retentir. Les cheveux en bataille et les effets démis, elles se regardent une fraction de seconde, scrutant dans les yeux de l'autre la même réponse : Qui cela peut-il être?

Se rajustant à la hâte, les deux femmes ne peuvent s'empêcher de pouffer de rire. La sonnette de l'entrée retentit une nouvelle fois en insistant plus longuement.
“ Oui! Un instant s'il vous plaît! J'arrive”
Louise arrange tant bien que mal ses merveilleux cheveux avant de ranger une mèche rebelle dans la chevelure claire de celle de sa compagne. Elle ajuste son bustier, Virginie son chemisier et sa jupe, avant d'aller ouvrir, les joues empourprées comme une gamine que l'on vient de prendre en flagrant délit de bêtise.
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