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Louise ou la vraie vie 13

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Lue : 426 fois - Commentaire(s) : 0 - Histoire de mielpops postée le 29/04/2013
Cams coquines
« C'est bon chérie? Tu es prête? Chuchote Louise
je pense que oui.. et toi?
Oui, c'est bon..
Alors, on va ouvrir avant que ça sonne encore une fois ou que notre visiteur ne s'en aille.
Bizarre quand même, ce n'est pas un jour de rendez-vous.
Etrange oui. Mais le meilleur moyen d'éclaircir ce mystère est d'aller ouvrir!
Oui!
J'y vais”

Faisant un rapide contrôle de son apparence, Virginie se dirige à petits pas vers la porte d'entrée avant de l'ouvrir sur le mystérieux visiteur.

“ Maître Berthomieux ? Bonjour. Dit le nouvel arrivant d'un air grave.
Non non, je suis sa secrétaire.
Oh oui, suis-je bête.
Vous êtes déjà venu ici il me semble Monsieur. Votre visage ne m'est pas inconnu.
Exact. Il y a à peine un peu plus de quatre ans. Je suis Romuald de la Gouve. Mais j'avais fait appel aux services de Maître Lemoux à l'époque.
Ah, mais Monsieur Lemoux n'est pas là, enfin il n'officie plus ici.
Je sais et c'est pourquoi je suis ici. Maître Berthomieux est-elle présente?
Je suis ici Monsieur.. Bonjour. Que puis-je pour vous? Questionne Louise qui n'a pas perdu une miette de leur conversation.
Maître.. Je suis confus de me présenter ainsi à l'improviste et sans rendez-vous, mais j'ai téléphoné à plusieurs reprises depuis hier et ça sonnait continuellement occupé. J'ai perdu patience et j'ai décidé de venir quand même car ça ne pouvait pas attendre.”



Le sourire de Louise s'assombrit, celui de Virginie aussi. Le faciès grave de l'homme en face d'elles leur indique que l'affaire est grave, et le fait qu'il ait évoqué le nom de Lemoux n'annonce rien de bon.

“ Lemoux? Vous êtes un de ses amis? Si c'est lui que vous venez voir, vous faites fausse route, il est en prison !
Je sais, je l'ai appris par les médias, comme tout le monde.
Alors, que venez-vous faire ici?
Je comprends votre inquiétude que je lis dans votre regard, mais rassurez-vous, Maître, c'est pour vous rencontrer vous.
Je ne comprends pas.
Votre mari..
Plus pour très longtemps. Expliquez-vous Monsieur je vous prie !
Je suis confus d'arriver ainsi comme un cheveu sur la soupe. Je ne suis pas sans ignorer que vous croulez sous le travail, mais je pense que mon intrusion vous intéressera au plus haut point.”

Romuald de la Gouve est un septuagénaire dont le langage et la prestance trahissent une origine aristocratique certaine, le nom aussi. Pourtant, son apparence indique un homme usé, à bout de souffle, malmené par la vie.

“ Je vous en prie, installez-vous confortablement.
Merci Maître. Répond affablement l'homme, quand, soudain, son regard se porte quelque part sur le meuble témoin de leurs joutes amoureuses quelques instants plutôt
Quelque chose vous intrigue Monsieur ? Questionne Louise.
Votre cafetière semble souffrir d'un léger problème..
Que... ?”

Les deux femmes s'interrogent du regard, puis, leurs yeux se portent sur l'objet en question. Un désordre indescriptible attire leur attention. La Senseo se retrouve en équilibre précaire sur le bord du meuble, le sucrier est renversé et les touilleurs ont subi le même sort.

“ Oh, j'ai trébuché juste devant et les dossiers ont chuté au sol. Un, particulièrement épais a rebondi sur le meuble, d'où le désordre. Nous étions en train de remettre un peu d'ordre lorsque vous êtes arrivé. Je suis désolée, nous n'avons pas eu le temps de tout ranger.
Ah, je comprends mieux...”

Les deux femmes se scrutent du coin de l'oeil, partagées entre le fou rire et l'embarras, mais se ressaisissent rapidement lorsque Romuald de la Gouve reprend son discours.

“ Il y a un peu plus de quatre années que je suis venu, ici même, pour solliciter l'aide de Maître Lemoux. Il me fallait récupérer des biens que s'étaient frauduleusement octroyés des membres de mon conseil d'administration. Les preuves étaient là, et une fortune considérable était en jeu : la mienne. Maître Lemoux a accepté sans hésitation de défendre mes intérêts. J'ai placé en lui toute ma confiance. Bien mal m'en a pris. J'ai perdu le procès, j'ai été ruiné et Lemoux a abusé de ma confiance en détournant, je ne sais par quel procédés, des sommes considérables pour ses propres intérêts.
Quoi?
Mais pourquoi avoir attendu aujourd'hui pour nous parler de cela Monsieur de la Gouve.
J'y viens. Enfermé dans ma bulle et affaibli par la maladie qui en a suivi, j'ai ruminé cet échec cuisant qui n'aurait jamais dû en être un. Le dossier était inattaquable, il m'était impossible de perdre. Cherchant à connaître la cause de cet échec, j'ai demandé à des proches de m'aider à y voir plus clair. Le résultat ne s'est pas fait attendre : Lemoux m'avait doublé sur toute la ligne. Et.. et j'ai décidé de me venger, en lui faisant peur, surtout, quand j'ai appris que je n'avais pas été sa seule victime. Avec du recul, je me rends bien compte que mes agissements étaient bien dérisoires, pour ne pas dire puérils.
De quels agissements parlez-vous ? Interroge Louise, intriguée.
Voilà le but réel de ma visite. Pour lui faire peur, je n'ai rien trouvé de mieux que de lui faire parvenir des lettres anonymes. Seulement, j'ignorais qu'il ne travaillait plus ici. Donc, je suppose que vous avez dû prendre pour vous ces menaces qui n'étaient destinées qu'à lui.
Quoi? C'est vous? C'est vous ces lettres anonymes?
Oui, et je n'en suis pas fier, croyez-moi. Je suis venu tout simplement m'excuser avant d'aller me livrer à la police.”

Ses révélations laissent Louise et Virginie sans voix et donnent un tout autre sens à l'affaire. L'avocate voit en cet homme une grande détresse mais également force et détermination. Il ne lui faut que quelques secondes pour rebondir, son humanité reprenant le dessus.

“ Non, inutile. Je comprends tout à fait Monsieur de la Gouve. Je vais retirer ma plainte concernant et l'affaire des lettres anonymes sera close.
Mais enfin, ce que j'ai fait n'est pas très reluisant!
Peut-être, mais peut-être pas, car en expédiant ces lettres, vous aurez peut-être permis d'éviter un évènement funeste.
Je suis perdu.
En bref, la police a suspecté Lemoux d'être l'auteur de ces missives et a décidé de me mettre sous protection.
Entendu, je saisis mieux.
J'appelle Gavoilhe pour lui faire par de mes intentions et l'informer de faits nouveaux. Une affaire de vol et détournement de plus dans un dossier déjà bien chargé ne peut pas lui déplaire et à moi non plus d'ailleurs. Monsieur, je ne reste pas insensible et, quelque part, je me sens responsable de ce qui vous est arrivé. Je vais procéder à un pourvoi en révision de votre dossier. Le juge devrait me donner de bons retours et le procureur ré ouvrir le dossier, étant donné les circonstances que vous venez de me décrire.
Je n'ai, hélas, plus les moyens de m'offrir vos services Maître.
Ceci est le cadet de mes soucis Monsieur. Je ferai toutes ces démarches à titre gracieux et savoir que vous avez récupéré vos bien et votre dignité sera ma plus belle récompense.
Je ne sais comment vous remercier Maître, bafoue le brave homme, les larmes aux yeux.
Accompagnez-moi de ce pas dans les locaux de la police. Je retire ma plainte et on déballe tout aux policiers.
J'avais emmené, avec moi, le dossier de l'affaire, c'était juste pour prouver ma bonne foi.
Emportez-le, il sera d'une grande utilité. Mais désirez-vous boire quelque chose de chaud en attendant que j'y jette un coup d'oeil?
Volontiers. Vous verrez, j'ai accumulé durant ces années, les résultats de mes recherches..
Qui vont nous être d'une aide plus que précieuse dans nos démarches... Café? Thé?
Heu.. café noir, sans sucre … merci.
Vous avez raison. Le sucre dénature tout l'arôme subtil du café.. Par contre, un petit chocolat, ça vous tente?
Je ne voudrais pas abuser.
C'est plutôt ce cabinet qui a abusé de vous Monsieur de la Gouve. Goûtez le, il est exquis..”
“ Hey, Lemoux, je te l'ai dit, t'as pas le cul sorti des ronces.. J'ai encore des petits trucs à rajouter à ton dossier.
Cette salope doit jubiler à me charger.
Si tu parles de ta charmante et adorable épouse, tu fais fausse route.. On vient à l'instant de m'informer d'une de tes prouesses. C'est pas du joli joli tout ça. Ton passé te rattrape!
Plus rien à battre de toute façon, vous pourrez pas me charger plus que je ne le suis déjà..
Pourquoi? Tu vois autre chose que le détournement de fond, vol, abus de confiance et le trafic de stupéfiants?

Ah, tu veux peut être que je t'aide un peu? Les lettres anonymes, on sait qui les a envoyées finalement.. mais ça n'est pas pour autant qu'on arrêtera la protection de ta femme.
Vous avez aucune preuve!
T'inquiète, on te collera au cul comme les mouches sur la merde et on surveille de près ta petite femme. Ironie du sort, c'est le coup des lettres anonymes qui t'enfonce un peu plus. T' as de grandes chances d'avoir un autre procès au cul mon grand.. Tu devrais être satisfait! A toi tout seul, tu monopolises la moitié du système judiciaire français et international.
Avouez que je vous ai bien baisé la gueule à tous !
Que tu crois! Tu nous as amenés droit au “Belge”. Ca fait des mois qu'on te suit à la trace avec la taupe. Il nous suffisait d'attendre votre rendez-vous amoureux pour vous mettre le grappin dessus.
Je ne donne pas cher de la peau de Corinne.
Mais, dis-moi, ce sont des menaces directes que tu me balances là! Je te rassure, tu croupiras encore en taule qu'elle continuera de coincer des fumiers de ton genre. Elle ne risque rien et ton pote ne pourra rien faire non plus. Et tu sais quoi? Si j'étais toi, je ferais moins le fier. Tu vas retrouver du beau monde en prison et je doute que ce soit des amis.
J'ai encore des amis.
Tu parles de Thierry? Il ne te sera plus d'aucune utilité désormais. Il s'est fait sauter le caisson ce matin quand on est allés le cueillir. Désolé, il va falloir trouver quelqu'un d'autre.”

A cette nouvelle, déjà quelque peu amochée, la superbe de Jean-François se met en berne. Au grand plaisir du “Cancer” qui lit la défaite sur son visage. Et peut-être un début de crainte quant aux évènements futurs dans l'enceinte de la prison.

“ Ah, au fait, tu seras bientôt transféré dans tes nouveaux quartiers. Ça sera légèrement plus petit que ton petit nid douillet, mais tu seras logé et nourri aux frais de la princesse. Un petit conseil cependant. Quand tu prendras ta douche le soir, ne fais pas tomber ta savonnette.... Allez, foutez moi ça au trou.”

Les gardiens de la paix s'approchent de Jean-François, avachi sur sa chaise. L'homme ne bouge pas et ne réagit pas alors que les deux agents arrivent à son niveau, la tête enfouie dans ses mains aussi larges que des battoirs. Un des deux hommes approche alors sa main de son épaule dans l'espoir d'une réaction. Il n'a pas terminé son geste que, Lemoux dans un élan de désespoir, se lève d'un bond et bouscule l'agent avant de se diriger vers la porte de la sortie. Il n'a pas fait trois mètres que les deux hommes fondent sur lui, tels des aigles sur leur proie, sous l'oeil amusé du “Cancer”.
“ Et où tu crois aller comme ça? Lui demande-t-il
Je veux sortir d'ici!
Trop tard mon gars, fallait pas faire le con. L'addition a fini par arriver, et crois-moi, elle est salée. Tu n'as eu aucun scrupule à escroquer de pauvres, à toi d'assumer les conséquences de tes actes maintenant.
Va te faire foutre sale flic.
Tu risquerais d'y prendre vite goût.
Je déteste les pédés, les gouines, je leur chie dessus.
Va falloir t'y faire en taule. Tu pourrais changer d'avis, qui sait? Allez, sortez-moi cette merde d'ici, ça commence à fouetter ici. Allez hop, au gnouf.”

Sébastien Gavoilhe voit l'homme sortir, encadré des gardiens, satisfait d'avoir réussi à étouffer son égo démesuré. Demain, il dormira en prison avec son copain le Belge. La justice est en marche et rien, ni personne ne viendra sauver ces deux-là.

Samedi :

Le téléphone sur la table de chevet se met à vibrer.

“ Mais qu'est-ce que?”

Louise attrape l'appareil et découvre un texto envoyé par Nathan

“” Ho, les namoureuses, il serait temps de vous réveiller !”

C'est quoi? Qu'est-ce-qui se passe ? Demande Virginie qui émerge difficilement.
Nathan qui nous engueule parce qu'on est pas encore debout.
Quelle heure il est?
08h00.
Mais putain, c'est samedi!”

Le téléphone sonne cette fois-ci, il s'agit encore de Nathan.

“ Mais enfin mon chéri? Qu'as-tu à me harceler comme ça? Tu pourrais nous laisser dormir un peu!
Désolée Maman, mais il faut que tu viennes. Je viens de lire quelque chose dans le journal qui devrait t'intéresser.
Quoi, ton père est mort?
Non, viens. Xavier vous a préparé le petit-déjeuner.
Mon chéri, c'est gentil tout plein de penser à tout ça, mais j'aurais aimé prendre moi-même ma décision de quand je dois me lever et de quand, je veux prendre mon petit déjeuner.
Navré Maman.”

Au ton grave de son rejeton, Louise comprend son embarras et devine que quelque chose de sérieux s'est encore produit. “ On arrive mon chéri”

“ Qu'est-ce-qui se passe? Questionne Virginie.
Aucune idée, mais ça a l'air grave. Nathan ne m'en a pas dit plus au téléphone.
Bein on a plus qu'à y aller. Dommage, on était si bien au chaud !
Attend, j'ai quelque chose à faire avant” A ces mots, Louise repose son Samsung avant de se rapprocher de sa compagne et d'embrasser tendrement sur les lèvres.

“ Voilà la meilleure potion pour bien démarrer la journée..
Et donner du courage pour l'affronter... Je me demande ce qui nous attend en bas mon ange.
Le meilleur moyen est de descendre et de nous rendre compte par nous-même.
En effet, même si je rechigne à le faire. Je commence déjà à regretter ma grasse mat.
Allez viens, on y va.
Je te suis chérie.”

Les deux femmes se lèvent péniblement de leur lit, témoin de leurs ébats torrides la nuit précédente et se couvrent avant de descendre à la cuisine où Xavier leur a préparé, comme à son habitude, un copieux petit déjeuner. Elles descendent d'un pas agile l'immense escalier, main dans la main.

“ Bonjour tout le monde!
Bonjour Madame, lui répond Xavier, son éternel sourire aux lèvres.
Bonjour M'man.
Noemie est encore au lit?
Oui, elle était pas bien hier au soir. Elle est venue ici quelques instants mais elle est remontée aussi sec, elle tenait pas debout.
Aïe, j'espère que je lui ai pas refilé la grippe.. C'est pour ça que tu m'as appelée chéri? Tu aurais pu appeler Ingrid tout seul..
C'est fait maman.
Alors quoi?
Tiens, regarde.”

Nathan attrape les journaux empilés sur la table autour de laquelle viennent le rejoindre les deux femmes, et les tend à sa mère.


Louise parcours rapidement la une de chaque quotidien sans surprise aucune.

“ Lemoux et le Belge dormiront en prison ce soir”, “Le gros bonnet de la drogue et l'avocat pourri sous les verrous” “ L'affaire Lemoux fait encore des vagues” “ Du nouveau dans l'affaire Lemoux”

“Oui, et bien, y'a rien d'étonnant à cela chéri. L'affaire n'a pas fini de faire du bruit et y'a de grandes chances pour que ça reste en première page pendant un bon moment.
Prend le dernier journal par exemple et lis un peu...
Quoi, y'a du nouveau?
Oui, et pas qu'un peu!
Tu m'intrigues, c'est quoi cette mine réjouie?
Mais lis maman..
Ok, ok.. Xavier, vous pouvez me dire où sont mes lunettes?”


Avant que Louise n'ait terminé de poser sa question, Xavier tend à sa patronne l'étui Chanel posé à ses côtés. Elle ouvre le boîtier noir au célèbre logo sur fond noir et or avant de chausser les lunettes sur son charmant petit nez. Virginie la détaille dans ses moindres gestes, la trouvant sublime dans chacun de ses mouvements. Louise déplie le journal et se met à parcourir l'article recommandé par son fils.

“ Du nouveau dans l'affaire Lemoux : Rebondissement spectaculaire avec le suicide de Thierry Javerzic.

“ Quoi?”

“”Alors que les équipes d'intervention spéciale se rendaient au domicile de Thierry Javerzic afin de procéder à son arrestation, l'ami et confident de l'avocat véreux a préféré se donner la mort plus tôt que d'affronter la justice.... bla bla.. entendu une détonation … blabla.. ont retrouvé l'homme étendu au sol, sans vie... bla bla..
Depuis quelques jours, le pays est tenu en haleine par l'affaire du célèbre avocat pris en flagrant délit de trafic de stupéfiants en compagnie de Walter Eekhoud, dit “ Le Belge”. Bla bla bla...Les deux hommes étaient sous l'étroite surveillance de la Brigade des Stupéfiants depuis des mois. Arrêtés et placés en garde à vue dans les services du “Cancer” où ils ont suivis un interrogatoire serré, les deux hommes seront transférés à la prison de la Santé dans la journée.””

“ Ca a dû en foutre un coup à Jean-François!
Tant mieux attend, c'est pas fini”

… les lettres anonymes qui, on le pensait, étaient le fruit de menaces de mort à l'encontre de sa future ex-épouse Maître Louise Berthomieux, avocat de renom au barreau de Paris et dont les talents et le charisme ne sont plus à prouver. Ces missives étaient en fait un acte désespéré dirigé à l'encontre de Lemoux suite à une affaire dans laquelle l'ex avocat n'a pas hésité à flouer son client pour servir des propres intérêts peu reluisants. … bla bla... Mme Berthomieux a sollicité le juge et le procureur pour passer ce dossier en révision... bla bla.. Javerzic avait-il peur d'être dénoncé ou d'avoir été dénoncé par ses comparses? Cultivait-il des secrets à l'intérieur de secrets? Les hommes du Commissaire Gavoilhe sont à pied d'oeuvre afin d'élucider au plus vite cette affaire, dont les investigations apporteront, à coup sûr, de nouveaux éléments à charge à l'encontre de Lemoux.””

“Eh bien, en voilà une nouvelle! Je me demandais pourquoi on avait pas encore vu Thierry dans les locaux de la police!
En tout cas, lui, il est hors-jeu, les autres devront se démerder sans lui.
Pourris comme ils sont, ils ne vont pas hésiter à le charger afin de diminuer leur culpabilité. S'écrie Nathan.
Ca servira à rien de toute façon. Rétorque Louise.
Mais on pourrait bien apprendre d'autres trucs bien croustillants.
Ça ne fait pas le moindre doute. Si Thierry n'avait rien à se reprocher, il se serait pas fait griller la cervelle.
C'est clair!... Bon, parlons peu, parlons bien. Reprend Louise. On est samedi, le week-end commence à peine. Est-ce que vous avez prévu quelque chose aujourd'hui?
Heu, je vais à l'entrainement de karaté comme d'hab et Noémie va chez Christelle. Si j'ai bien compris, elles ont décidé de faire leur DM de physique en équipe.
Encore? Je trouve qu'il y a beaucoup de DM en ce moment ! Sourit Louise.
C'est ce qu'elle m'a dit en tout cas M'man
Mouais. Son DM de physique est fait. J'ai rangé la copie qui était tombée de son sac hier. Ça sent le boy friend à plein nez .. Il va falloir qu'on parle, elle et moi.
Chérie.. Intervient Virginie. Elle a 17 ans..
Je sais mon ange. Mais elle devrait en parler un peu non? Une maman n'est-elle pas censée être la confidente de sa fille?
Laisse la y aller et puis tu peux l'emmener à parler du sujet ce soir..
Mais oui, certainement.. Je lui fais entièrement confiance. Je sais qu'elle fera pas de bétise. Mais bon sang.. Ça fait prendre un coup de vieux tout d'un coup. Le temps passe trop vite.. et nous avec.
Mais chérie, tu fais une petite vieille ravissante.. plaisante Virginie.
Oh, toi! S'insurge faussement Louise en envoyant valdinguer le quotidien que Virginie accueille en plein visage.
Tu l'as cherché Virginie ! Dit Nathan.

A ses mots, Louise rejoint en un bond sa ravissante compagne avant de la saisir par les hanches et lui livrer des tonnes de chatouilles à laquelle la jeune secrétaire est extrêmement sensible. Se tortillant dans tous les sens sous les assauts répétés de l'avocate, elle ne tarde pas à hisser pavillon blanc.

“ Bon, puisque les troupes désertent, et qu'on se retrouve seule comme deux pauvres malheureuses, je propose qu'on aille faire chauffer la carte bleue.
Excellente idée chérie.. Ca nous changera les idées. On en a tous besoin je crois.
Si Madame me permet... interrompt timidement Xavier.
Le diable! Bon sang, j'ai encore oublié! S'écrie Louise, désolée. Mais je peux pas rapporter ce truc toute seule, c'est énorme! Et tout le reste du matériel aussi.. bon dieu.. Je suis navrée Xavier!
Et la fourgonnette est au garage.
Je ne suis pas certaine que ça rentrerait dans la 308 Xavier..
Et si.. et si.. enfin, si vous n'y voyez pas d'inconvénient..
Pas de souci, on vous emmène..
Et sur place, je loue la fourgonnette..
Ça marche. Tu y vois un inconvénient ma chérie? Questionne Louise.
Mais, absolument aucun!
C'est que le pauvre, me le réclame depuis longtemps, je devais déjà y aller hier..
Bein on y va cet après-midi, et l'affaire est résolue!
Ça marche!
Merci Madame.
Et puis, il me semble que vous devez vous rendre au commissariat aussi..
Oui. Mais pas avant 16h.
Ok, bon, alors, on va au dépôt, vous prenez le matériel, vous le ramenez au manoir, on vous suit. Puis on repart au commissariat, je vous laisse. Virginie et moi on va faire un tour et on vient vous reprendre dès que vous nous prévenez que c'est ok. C'est bon?
Cela me convient Madame.
Et toi chérie?
Je vous suis sans problème!”


L'après-midi arrive enfin. Les trois comparses bien emmitouflés dans leurs effets quittent le manoir. Le ciel bleu et pur de l'hiver est aussi perçant que le froid environnant. Bien au chaud dans la voiture, les conversations vont bon train, la pression laissant place à la bonne humeur et à la plaisanterie. Louise conduit, Virginie à ses côtés. Xavier, malgré son imposante stature a refusé de prendre place à l'avant où il aurait été assis plus confortablement. Serré comme une sardine, il n'en perd pas moins son sens de l'humour et se régale de la compagnie des deux femmes.
“ Haaaa, je sens que ça va faire du bien cette petite escapade ! Lance Louise, d'un air jovial.
Oui, on en a tous besoin. Rien de tel qu'une balade en famille pour se remonter le moral.
Dommage que les enfants n'aient pas suivi!
Et tu les aurais mis où? Sur le toit ou dans le coffre?
Nathan sur le toit, Noemie dans le coffre.. Je les vois d'ici se marrer tous les deux. Sont pas les derniers à faire des coups tordus ces deux-là!
Tu as des gosses adorables mon ange.
Oui. C'est vrai. Ils le sont. C'est grâce à eux que j'ai tenu. Je leur dois une fière chandelle. Dit Louise.
Moi aussi ! Ils ont une mère formidable!
Merci chérie.
Heu... s'interpose Xavier. Madame n'oublie pas le programme que nous nous étions fixés?
Pas le moins du monde Xavier. Après consultation avec Virginie, nous avons décidé de vous emmener avec nous.
Mais le...
J'ai tout prévu. On nous livre dans la soirée. Vous, vous venez avec nous. Vous avez besoin de vous distraire.. Toujours enfermé au manoir à vous occuper de notre petite personne. Aujourd'hui, c'est nous qui allons nous occuper de vous!
Je ne ..
Et on ne discute pas!
Si je puis me permettre Madame.. Quelle mouche vous a piquées?
La mouche de l'amitié Xavier. La mouche de l'amour et du bonheur. Vous y avez droit vous aussi.
Bien, alors où allons-nous? Je ne me retrouve plus du tout là.
Vous allez adorer, on en est persuadées Virginie et moi.
Attention de ne pas rouler trop vite chérie.. On va semer nos anges gardiens à ce rythme-là..
ah, oups, oui, tu as raison.
Et puis ce serait con de se faire coincer pour un excès de vitesse et de gâcher notre après-midi, tu ne crois pas?
Tu as entièrement raison mon ange.. alors, pédale douce. Dit-elle en riant et en pensant aux deux policiers chargés de leur protection..
Sage décision.. et j'ai surtout envie d'arriver en un seul morceau à destination..
Mmmm et quel morceau..”

A ces mots, et dans un élan de pudeur, Xavier tourne la tête, cherchant désespérément de ses yeux une attraction quelconque à l'extérieur de l'habitacle. Ne voyant rien de particulièrement intéressant que les bâtiments gris qui longent le bitume, il se rabat sur des poussières imaginaires qu'il sort une à une de ses genoux. Au même instant, dans un regard complice, Louise et Virginie se dévisagent avant d'éclater de rire.

“ Désolée Xavier, c'est parti tout seul.
Il n'y a rien de mal à voir quelqu'un qui respire le bonheur ! Répond Xavier. Et je suis heureux d'en être le témoin!”
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