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Louise ou la vraie vie 18

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Lue : 1278 fois - Commentaire(s) : 1 - Histoire de mielpops postée le 19/05/2013
« Alors, Max, quoi de neuf ?
J'ai mis tous mes contacts sur le coup Walter. Mais comme je t'ai dit, trouver cette garce est mission impossible.
Rien à foutre, tu te démerdes, je veux sa tête tu m'entends ?
Je sais bien. Comme tu sais tout aussi bien que moi que les chances de réussite sont vraiment faibles, pour ne pas dire inexistantes. Cette nana est une anguille. Combien de fois va-t-il falloir que je te le répète ? A quoi ça sert de s'acharner sur elle alors que tout est de la faute de ce gros con de Jeff ?
Tu me gonfles Max. Tu connais ma devise. Rien ne doit m'empêcher de faire mon business et si cette pute n'avait pas été là, je serais tranquille au soleil de Californie à l'heure qu'il est et pas en train de croupir dans ce trou à rats au milieu de ces minables.
Tu vas vite sortir d'ici. A toi de jouer maintenant. Es-tu sûr de ton coup ?
Je tiens plus ici. Faut que je sorte, tu m'entends ? Je dois reprendre le business et redorer mon blason avec les Colombiens avant de me faire descendre à mon tour, tu comprends ?
Je veux juste que tu sois sûr de ton coup.
Je te paie pour faire ce que je dis. Le reste ça me regarde, ok ? Alors, me fais pas chier Max, s'il te plait.
Ok, ok, je m'inquiète pour toi, c'est tout.
Tu t'inquiètes plutôt pour ton compte en banque Max, me raconte pas de salade.
Putain, Walter, tu me connais, on bosse depuis combien de temps ensemble ?
Assez pour savoir que si je te payais pas ce que je te paye, tu m'aurais déjà planté un poignard dans le dos. Sous tes airs de ne pas y toucher, tu es le pire des salauds, mais c'est pour ça que je t'ai choisi.
Je suis touché du compliment mais pour autant que je sache, t'as jamais été déçu de mes services.
Si c'était pas le cas, tu boufferais déjà les pissenlits par les racines. Et j'espère que t'as pas une idée derrière la tête pour te débarrasser de moi.
Arrête ta parano Walter. Tout est prêt comme tu me l'as dit. Le reste ne tient qu'à toi. Et j'espère que tu es sûr de ton coup. C'est très risqué ce que tu t'apprêtes à faire et c'est même pas sûr que ça réussisse.
Plutôt crever que de rester ici, tu m'entends ?
C'est toi qui vois. Mais si tu y restes, oui, je m'inquiète, je deviens quoi dans l'histoire ?
Je me fais pas de souci pour toi Max. Une ordure de ton espèce va vite se recaser. Le seul souci est, est-ce-que tu seras aussi bien payé que ce que je te paye moi.. Hein Max, c'est ça, le vrai problème car tu sais que tu trouveras du taff sans problème.
Je persiste en disant que ce que tu projettes de faire est pure folie.
Je rêve, Max, toi, tu as du cœur ? Tu éprouves de la compassion pour moi ?
Tu ne dois pas prendre ton cas pour une généralité Walter. Et ne pense pas que ce qui fait défaut chez toi, fait systématiquement défaut chez les autres. Alors oui, tu me payes bien, oui, je suis le pire des salauds, mais tu es devenu un ami et je ne veux pas qu'il t'arrive quoi que ce soit. Mais ça, c'est quelque chose que tu ne comprends pas, visiblement.
J'ai bien envie de te croire Max.
Va te faire foutre Walter. Tu penses ce que tu veux, j'en ai rien à foutre. Tu m'emmerdes. Sache que tout est prêt comme tu l’a exigé. La bagnole, l'avion, les semeurs et les nettoyeurs. Pour le reste, ça ne dépend que de toi. »

Le docteur Kramer pénètre dans la chambre de son patient favori et le salut de son sourire imparable. Xavier, du fond de son lit, encore affaibli, lui rend son sourire.
« Bonjour Docteur, ça va ?
C'est à moi de vous poser cette question Xavier, et non l'inverse ! Répond Kramer un ton enjoué.
Ca fait cinq fois depuis ce matin que vous venez. Je ne compte pas la nuit, ni même les jours où vous êtes supposé être en congé.
Vous connaissez ma devise cher Xavier. Le travail et les patients, c'est ma vie.
Vous ne vous reposez donc jamais ?
Si si, je vous rassure.
Vous n'avez personne, enfin, je veux dire, vous n'avez pas de famille en Allemagne ?
Si, mes parents.
Vous ne les voyez jamais ?
Je les ai vus la dernière fois il y a plus de trente ans.
Pourquoi, comment ça ? Pourquoi depuis si longtemps ?
Mes parents m'ont renié quand ils ont eu vent de mon orientation sexuelle. Un pédé dans la famille, ça le fait pas.
Je comprends ce que vous voulez dire. J'ai eu le même souci, on ne m'a jamais accepté. Il n'y a que les parents de Louise qui ont su me comprendre et qui ne m'ont pas jugé.
Ça fait longtemps que vous travaillez pour eux ?
Quarante ans. J'ai vu Louise grandir, je l'ai vue se marier, vu ses enfants naître et je l'ai vue aussi souffrir à cause de ce.....
L'avocat pourri. Je me demande comment elle a fait pour aimer un tel salaud.
C'est la question que je me pose aussi. Mais elle est heureuse à présent avec Virginie.
Vous n'avez jamais eu quelqu'un qui a partagé votre vie ?
Si, mais il est décédé depuis longtemps. Louise m'a soutenu, elle m'a été d'un grand secours quand Serge est tombé malade. Nous l'avons accompagné jusqu'au bout de la maladie.
Oh, je suis désolé. Et vous n'avez jamais songé à refaire votre vie depuis ?
Non. En fait, je n'ai pas trouvé.. Je n'ai pas trop cherché non plus. Et puis, il y avait le travail au manoir, et Nathan et Noémie.
Ces enfants ont l'air de vous aimer .. comme si vous étiez leur propre père.
C'est vrai et j'en suis fier. Leur père n'a jamais été aimant avec eux, préférant s'occuper de ses sales affaires. Même Louise, elle en a souffert. Alors, j'ai essayé de combler le vide comme j'ai pu.
Vous semblez y avoir parfaitement réussi. Il est clair que ces gosses vous adorent.
Oui.. et je les aime comme mes propres enfants. Si Louise veut encore de moi après ce qui vient de se passer, je veux finir ma vie au manoir. Je ne suis plus bon à rien à présent.
Comment vous parlez de vous cher Xavier !? Vous avez failli mourir, mais vous vous êtes battu comme un chef, vous êtes costaud et voyez, vous êtes en pleine forme. Certes, il vous faudra vous modérer. Oh, pas seulement à cause de ce qu'il vous est arrivé, mais aussi parce qu’il est temps de penser un peu à vous, vous ne croyez pas ?
Je ne sais rien faire d'autre que m'occuper du manoir et de Louise, et des enfants !
Loin de moi l'idée de vous couper de tout ça Xavier ! Ce que je veux vous dire, c'est que vous devez sortir, voir du monde, voyager..
Je suis seul. Je ne vois pas l'intérêt.
Vous êtes costaud, mais vous êtes aussi une tête de mule ! Ce que je vous dis de faire, ce que je vais vous marquer sur une ordonnance spéciale, c'est de vivre, tout simplement.
Avec ce que j'ai vu de l'autre côté, je pense que j'ai fait le voyage le plus extraordinaire qu'il soit possible de faire dans une vie.
Je vous l'accorde. Mais j'aimerais en savoir plus sur ce voyage de l'autre côté du voile Xavier. Mais je ne veux pas vous importuner ici même alors que vous récupérez. J'ai envie de recueillir votre témoignage.
Ce qui veut dire ?
Que l'on pourrait se voir en dehors de ces murs. Parler de tout ça devant une bonne bière ou un bon repas. Vous en pensez quoi ? Et puis, ça vous changerait un peu les idées, plutôt que de rester toujours enfermé au manoir.
Mais j'aime mon manoir !
Je n'en doute pas une seconde Xavier. Vous êtes un indécrottable. Si vous ne voulez pas quitter le manoir, alors, accordez moi au moins l'autorisation de venir vous y rendre visite !
Je n'y vois aucun inconvénient, mais il faudra que j'en parle à Louise.
Ah, mais c'est déjà fait mon cher. Je me suis permis de le lui demander et elle a gentiment accepté. J'ai appris que vous aviez votre maison individuelle ?
Oui, un petit pavillon bien à moi.
Vous êtes comme un pacha dites-moi ! Plaisante Kramer.
Je n'ai pas à me plaindre.. Mais comment se fait-il que j'ai l'impression que l'on complote dans mon dos docteur ?
Hans, appelez-moi Hans. Et pour répondre à votre question, c'est peut-être parce que vous me plaisez, dans tous les sens du terme ou, que vous êtes un cas intéressant, scientifiquement parlant.. Mais peut-être refusez-vous tout simplement ma compagnie ou de partager votre expérience, ce que je peux fort bien comprendre et je ne m'en offenserai pas. Même si j'éprouverai un regret certain.
Non, non, je n'ai pas dit cela doc.. Hans. Je veux bien répondre à toutes les questions que vous me poserez. Mais en revanche, vous serez aussi ma bête curieuse. Votre compagnie est très agréable et j'ai envie d'en apprendre plus sur vous.
Je n'en attendais pas moins Xavier. Et je me réjouis déjà de nos futures rencontres. Ca égaiera nos vies, à tous les deux. Sur ce, je cesse de vous importuner. Je continue ma ronde. Je repasse vous voir un peu plus tard, enfin, si vous le permettez.
En tant que médecin, ou en tant qu'ami ? Questionne Xavier dont un large sourire éclaire le visage.
Je crois que vous connaissez déjà la réponse Xavier. Mais je vais vous le dire quand même. C'est en ami, dorénavant que je viendrai vous visiter. »


Les douches sont étrangement désertes et cela n'est pas pour déplaire à Lemoux qui déteste se montrer aux autres codétenus. Il glisse le long des murs pavés de carrelage blanc, aussi blafard que les luminaires qui l'éclairent. Le silence de l'endroit, pesant est déchiré par les sarcasmes et les boutades bien grasses des autres prisonniers restés dans leurs cellules.

Lemoux arrive sous la première douche qui se présente à lui et prend soin de se dévêtir, tranquillement. Il range soigneusement sa tenue sur un des bancs placés à cet effet. Lentement, il se retourne et se positionne sous le pommeau de douche d'où sort un jet d'eau chaude apaisant et bienfaiteur. Sa nuit, plutôt agitée et plongée dans des rêves de luxure et de richesses qu'il ne connaîtra probablement plus jamais, lui ont laissé un goût amer au réveil, au retour brutal à la réalité des choses.

Le liquide brûlant se répand en milliers de cristaux que viennent titiller les rais de lumière de la pièce, donnant à son corps légèrement bedonnant, les éclats d'une armure scintillante.

Son réveil se fait tout en douceur, il savoure chaque seconde de ce moment unique, isolé de ce monde carcéral qu'il exècre, un monde qu'il a évité de nombreuses années durant à bon nombre de ses clients et dont il n'est pas sûr de pouvoir se sortir lui-même un jour. Ses rêves de toute puissance se sont effondrés le jour où le commissaire Gavoilhe et ses hommes lui ont passé les menottes aux poignets, pris en flagrant délit comme un jeune débutant, et, enfin, Corinne, la superbe fausse sotte qui l'a doublé en beauté qu'il rêve d'étrangler de ses propres mains. Le coup de pied envoyé à son animal de compagnie lui arrache un léger sourire mais apporte une légère consolation à son désir de vengeance. Il se tient la promesse de la retrouver coûte que coûte, peu importe le temps que cela prendra et ce que cela lui coûtera. Avec un peu de chance, il aura la possibilité de contacter son ami de toujours, Walter. Et à tout prendre, peut-être que son avocat, Max, pourrait l'aider à se sortir de ce mauvais pas. Il n'y en a pas deux comme lui dans le milieu pour sauver les cas désespérés comme le sien.

Le bruit assourdissant de l'eau qui tombe abondamment sur lui, il n'entend pas les petits bruits et les pas qui se rapprochent de lui. Soudain, il sent une main puissante s'agripper à son bras et qui le tire brutalement hors du rideau d'eau.
« Que....
Alors joli petit avocat, t'as pas peur de prendre une douche tout seul ?
Quoi, qu'est-ce-que vous me voulez ?
Tout seul, et tout nu, personne aux alentours, tu aimes vraiment le risque mon mignon.
Fous moi la paix avorton.
Hoho, maman, j'ai peur..
Tu peux, crois-moi, tu sais pas à qui tu as en face de toi !
Ho mais si mais si ! L'avocat pourri qui se fait pincer les poches pleines de dope et dont la femme se paye une bonne tranche en se faisant brouter le minou.
Espèce de salaud.. je..
Quoi, quoi, tu crois faire quoi ici, espèce de minable ? Tu ne fais plus la loi ici mon grand. T'es rien, tu m'entends, t'es plus rien ici !
Quand je vais sortir d'ici, tu verras de quel bois je me chauffe connard !
Oh le bouffon, il croit qu'il va sortir.. Mais tu rêves ma poule ! T'es fini, grillé, calciné. T'es mort ! Hey, les gars, vous avez vu ça ? Le petit, il sort les crocs !
Yep, on a entendu man, répondent à l'unisson, deux autres codétenus surgis des vapeurs de la douche.
Alors, ça te fait quoi d'être cocu par une gouine mec ?
Rien à foutre, c'est plus ma femme..
Oh, le macho fait queue basse ! Ne me dis pas que ça te fout pas les boules, je te crois pas. Ta réputation t'a précédé. Mais je vais te faire changer d'avis sur les hommes mec. Ton petit cul va en prendre pour son grade. Tu m'en redemanderas même, tu pourras plus te passer de ma bite.
Dégage espèce de pédé, ou je te tue..
Je crois que t'es pas en position de lutter mon gars ! Répond le grand black en défaisant sa braguette sous laquelle apparaît une bosse significative.. Puis, s'adressant à ses acolytes. Hey les mecs, tenez le bien, je vais lui défoncer le cul jusqu'aux amygdales.
Défoule-toi Doctoré, on te le tient ton petit poulet. Il pourra pas s'échapper.
Putain, lâchez moi enfoirés, lâchez moi ou je vous bute l'un après l'autre.
Allez, sois gentil, prête-moi ton cul.. répond celui qu'on a surnommé Doctoré à cause de sa ressemblance avec l'acteur Peter Marsha dans Spartacus. Tu le regretteras pas.. dit-il dans un sourire sarcastique.
Me touchez pas ! Lance dans un cri de désespoir l'avocat, dont les efforts pour se défaire des griffes de ses agresseurs est à présent réduit à néant.
Laisse toi faire mon mignon. Ça sert à rien de te débattre, tu vas passer à la casserole de toute façon.
Noooooooon »

Dans un dernier effort dérisoire, Lemoux tente de se libérer de l'emprise des deux hommes de main de Doctoré et ne réussit qu'à grimacer de douleur tant il est fortement maintenu.

« Collez le contre le mur les gars et maintenez le fermement.. »

Dégageant entièrement son impressionnant pieu noir de son pantalon, Doctoré se rapproche de sa victime, un sourire aux lèvres, écumant de plaisir et de sadisme.
Un cri de douleur et d'effroi s'élève alors dans la salle des douches alors que Doctoré savoure son plaisir sans vergogne dans des va et vient de plus en plus rapides et brutaux.

Quelques brefs instants plus tard, qui paraissent une éternité à Jeff, le grand Noir se sépare de sa victime dans un mouvement de satisfaction extrême avant de remballer l'objet du délit et de prendre le chemin de la sortie. Il s'adresse à Lemoux dans un souffle à peine audible, mais avec un regard aussi noir que sa peau.
« Tu vas vite t'en remettre l'avocat. Je suis sûr que tu as aimé. A bientôt et merci. T'es un super coup, je reviendrai »

A ces mots, un puissant sourire sort de sa gorge, un sourire qui fait frissonner Lemoux qui s'est laissé glisser le long de la paroi et gît à même le sol, blessé dans le corps et dans l'âme. Ses bourreaux disparaissent aussi soudainement qu'ils sont apparus, totalement indifférents au sort de leur victime.

Lemoux reprend ses esprits quelques instants plus tard. Rassemblant ces forces, il parvient à se redresser et à se mettre sur ses jambes encore tremblantes de stupeur et de rancoeur. Il se promet de faire payer à ces trois-là, le calvaire qu'ils viennent de lui faire subir, et de le leur faire payer très cher.


« Ton mari fait encore parler de lui !
Ah, ils disent quoi cette fois-ci ?
Rien de plus qu'on ne sait déjà mon cœur, mais ce qui m'amuse, c'est le petit encart qu'ils ont mis juste en dessous de l'article.
Ah bon ? Et c'est quoi ?
Je me marre toute seule. Il a fait passer par son avocat un article concernant les conditions de détention..
Bah, le sujet habituel quoi !
Non, mais lui, c'est pas la bouffe ou la surpopulation dont il souffre, mais la fréquentation qu'on peut faire en prison.. Attends... Ah oui, Monsieur se plaint que sa cellule est trop petite pour quelqu'un comme lui, qu'il n'y a aucune intimité etc etc..
J'hallucine.. Il pensait qu'il allait se retrouver au Ritz ou quoi ? Répond Louise dans un bel éclat de rire. Il a eu le palace qu'il méritait et je déplore une chose : Que cela ne se soit pas produit bien avant. J'aurais jamais du aider ce fumier. Ce que j'ai pu être naïve.
Non ma chérie, tu étais juste amoureuse..
Peut-être, mais en tout cas, pas de la même personne. Ce que je peux regretter..
Tu n'as rien à regretter ma puce, tu as agi suivant ton cœur.. et puis, tu as eu deux enfants adorables.
C'est la seule chose de bien qu'il aura faite. Et encore, c'est moi qui ai pris la décision pour nous deux car il n'était pas chaud. Je comprends maintenant pourquoi. Ces gosses n'ont jamais eu de père, il ne s'est jamais préoccupé d'eux ! La seule chose dont il a été capable, c'est de signer les chèques.. Tu parles d'un exploit.
Arrête de te morfondre chérie. Nathan et Noémie sont des enfants adorables. Ils ont vite pigé le truc et se sont rabattus sur la personne la plus importante à leurs yeux, celle qui a su les écouter, les chérir, répondre présente quand ça n'allait pas, qui a su prendre soin d'eux, les épauler, les aider... toi mon ange..
Et Xavier, tu oublies Xavier..
Oh non, je ne l'ai pas oublié ce cher homme. Ce type est une vraie perle, c'est lui que tu aurais du épouser !
A un détail près.. Intervient Louise
Oui, je sais bien et pas des moindres. Je pense que c'est le seul mec que j'apprécie dans ce bas monde en fait.
Comme moi. Quand je pense qu'on a failli le perdre..
Mais ça n'est pas le cas mon amour. Il est costaud et se remet doucement, mais sûrement.
Grâce aux bons soins du docteur Kramer. Lui aussi c'est un mec bien. D'ailleurs, comme j'ai vu que Xavier lui plaisait, je lui ai dit qu'il pouvait passer à l'occasion pour le visiter..
Petite maligne.. tu joues les marieuses en plus !
Bah, il est clair que ces deux-là se plaisent ! J'ai juste voulu donner un petit coup de pouce au destin.
Et je vais t'aider.
Encore une fois, j'ai pas un peu l'impression qu'on manipule tu vois.. sourit Louise.
Ah tu trouves ? Moi je trouve pas ! S'esclaffe Virginie qui se prête volontiers au jeu.
Ohhhhh, si, un petit peu quand même..
Alors juste un peu..
Donc, ça revient à dire absolument rien..
Exactement ! Continue Virginie qui a du mal à se retenir un fou rire grandissant.
Bon, tu es prête mon cœur ?
Je te signale que ça fait un moment que je le suis ! Je n'attendais plus que toi chérie.
Ah non, je l'étais avant toi !
Tu en es sûre !
Sûre de chez sûre !
Et dis-moi chérie, tu as l'intention de partir comme ça au bureau ?
Bein quoi, qu'est-ce-qu'il y a ?
Je doute que tes mules rose pétard soient très assorties à ton tailleur mon ange ! A moins que tu aies envie de lancer une nouvelle mode !
Oh mon dieu !
Remarque, je te trouve très sexy comme ça ! Dit Virginie qui s'approche d'elle avant de lui donner un baiser.
Mmm, ma foi, je pourrais essayer, mais ça ne sera pas pour aujourd'hui chérie. Il fait toujours aussi froid et ya toujours autant de neige dehors. Et j'ai pas envie d'abîmer ces petits bijoux. Ah, où j'ai laissé mon manteau ? Ça se voit que Xavier n'est pas là, ce manoir va finir par ressembler à un vrai foutoir.
Tu exagères chérie. Je trouve qu'on s'en sort super bien, au contraire. Et puis ton manteau, il est juste là où tu l'as mis il y a deux secondes pour passer tes escarpins.
J'aurais dû embaucher quelqu'un..
Mais qu'est-ce-que tu racontes, tu as déjà passé une annonce !
Je veux dire, que j'aurais dû le faire plus tôt. On en serait pas là.
Et Xavier, je sais pas s'il l'aurait bien pris.
Et bien si justement et le pauvre n'aurait pas eu le choix. Il est sur un lit d'hôpital et nous n'avons guère le choix que de mettre la main à la pâte.
Ca ne dure que depuis quelques jours chérie et Nathan et Noémie assurent un max sur ce coup-là.
Certes, mais ils ont leurs devoirs à finir.
Bon, j'espère juste que quelqu'un se présentera très vite.
Je l'espère aussi.. Bon ça y est, on est parées, on y go ? J'ai hâte de retrouver Jeanne et Françoise !
Je pense que l'inverse est valable aussi.
Les pauvres doivent être submergées de travail.
Sans aucun doute mon ange... Allez, en route !
Oui chef ! Bien chef ! A vos ordres chef ! »


Au même instant, dans une autre ville non loin de la capitale, deux hommes discutent tranquillement dans un restaurant huppé devant un repas frugal. L'ambiance est tamisée, des tables rondes placées en quinconce donne à chacune l'impression d'être isolée des autres, préservant ainsi une intimité certaine. Le maître d'hôtel supervise sa brigade du coin de l'oeil et, bon professionnel, ne manque pas de répondre à chaque désir des convives avant même qu'ils en aient formulé le souhait. Dans la salle, les serveurs, nombreux évoluent dans un ballet réglé à la perfection, mêlant discrétion et professionnalisme.
« Bon, tu es sûr de toi ?
On a tout fait Max. J'ai alerté tous mes contacts. Sans exception. Indics, flics, agents, même les juges.. Les fureteurs n'ont absolument pas trouvé la moindre trace de ta Corinne.
Ils ont bien préparé leur coup mais je me doutais du résultat. Je n'ai de cesse de dire à Walter que retrouver cette gonzesse est peine perdue, mais il ne veut rien entendre et veut qu'on lui apporte sa tête.
De là où il est, ton Walter, il peut pas tout gérer.
Détrompe toi, il est absolument au courant de tout. Je ne suis pas le seul contact qu'il a à l'extérieur. Il a des antennes partout, il sait absolument tout. Je suis mort si on fait pas ce qu'il a demandé. On est tous morts.
On peut sauver notre tête Max.
J'ai bien peur que non. On a plus le temps d'agir, il est trop tard pour la retrouver avant qu'il soit dehors Fred.
J'en conviens. Mais puisqu'il est au courant de tout, on peut faire courir le bruit qu'on l'a eue, c'est pas plus compliqué que ça !
Et si Walter veut voir le cadavre ?
Les hôpitaux sont remplis de gens qui ont donné leur corps à la science et je connais plein de monde dans les hôpitaux. Voler une tête n'est pas bien difficile. Ton Walter, il sait à quoi elle ressemble ?
Non, il ne l'a jamais vu.
Alors, ça roule ma poule. Annonce lui que tu as buté ta pute, je m'occupe du reste.
Et combien ça va me coûter ?
On est dans le même bateau Max. Alors, je te fais un prix d'amis. Tu me files 50 000 pour moi et 5 000 pour mon pote de l'hôpital qui sera heureux d'arrondir ses fins de mois.
Il est sûr ton mec ?
Absolument. Il m'a déjà arrangé des petits boulots du genre et j'ai toujours été content de ses services. Il se contente d'obéir aux ordres et ne pose aucune question.
Ok, de toute façon, je n'ai pas d'autre choix que de te faire confiance. Mais comment ce mec va-t-il s'y prendre pour sortir un macchabée ? Ils vont s'en rendre compte, forcément !
Il n'est pas un simple sous fifre.
Ok...ok, ok. Max avale d'un trait son Pétrus, sans en savourer le bouquet. Et pour mardi alors ?
No souci, je t'ai déjà dit que tout était en place. Reste qu'à ton bonhomme d'être sûr de son coup.
Tes gars ont touché l'avance ?
Oui, t'inquiète, sinon, je t'en aurais déjà parlé.
La voiture, les hommes ?
Mais oui je te dis ! Détends toi bon sang ?
Je voulais juste que tu me confirmes.
Alors, je confirme Max. Allez, un autre petit verre ! Merde, on a déjà sifflé la bouteille ! Sommelier, s'il vous plaît ! Allez, putain, ce que tu peux être tendu du string.. relax Max, tout va bien se passer !
J'espère bien. C'est la première fois que je lui mens !
Hé bein, faut un début à tout mon pote !»


Max, rassuré mais mal à l'aise de devoir monter un tel bobard à son boss, retourne dans son appartement du XVI arrondissement qu'il a acheté à prix d'or et qu'il n'occupe que quelques jours dans l'année, préférant la douceur des côtes espagnoles. Walter, il le connaît depuis douze longues années. Très apprécié dans le milieu, les malfrats se sont disputés ses services jusqu'à ce qu'il rentre dans les rangs du clan du Belge, empochant des honoraires exorbitants contre ses talents exceptionnels.

Douze longues années à couvrir les activités crapuleuses de son patron, à réparer ses erreurs par des manipulations dignes d'un magicien, surnom, d'ailleurs dont on l'a affublé dans le milieu. Il est, pour Walter, un élément irremplaçable, le pilier de la réussite de ses sombres agissements, en allant du simple délit jusqu'au meurtre.

Il est pourtant rompu à tout genre de manœuvre douteuse mais le vol d'un macchabée, il le sait, n'est pas chose aisée car la France est un des pays, si ce n'est le pays le plus contrôlé en matière de manipulation de cadavres et l'entreprise que lui a proposée son collègue Fred est loin d'être sans risque. Se faire pincer pour vol de macchabée ou se faire tuer par Walter ? Il n'a pas le choix, il le sait et n'a aucune autre alternative que de s'en remettre à Fred.

Fred ne l'a jamais déçu, mais il ne peut s'empêcher d'être inquiet. Alors, il se saisit de la bouteille de sa boisson favorite, la vodka et s'en sert une triple dose, qu'il avale cul sec avant de se resservir. Dans peu de temps, son sort sera joué. De grosses gouttes de sueur perlent sur son front dégarni, ses joues s'empourprent, la vodka agit déjà sur son système nerveux qui garde néanmoins toute sa lucidité. Il desserre sa cravate de cachemire que l'ouvrier qui l'a fabriquée mettrait des mois à s'offrir, dégrafe le bouton du col de sa chemise en soie pure et se laisse tomber sur l'imposant fauteuil de cuir de son immense salon. De sa place, son regard se pose sur la fenêtre et, observe les lueurs des quelques véhicules qui roulent dans les rues vides de la capitale à cette de la nuit déjà bien avancée.
A l'heure qu'il est, les hommes de Fred sont déjà à pied d'oeuvre afin de mettre leur plan glauque à exécution. Dans les prochaines trente-six heures, Walter sera conduit devant le juge, ses hommes prêts à suivre les consignes du Belge à la lettre malgré le mystère qui plane sur ses chances de réussite. Mais chacun se garde d'émettre la moindre réflexion car, finalement, le Belge ne connaît pas la signification du mot « échec » et sait donc ce qu'il fait. Et Max espère sincèrement que Fred sait aussi ce qu'il fait.


« Qu'y a-t-il mon ange ? Questionne Virginie.
Oh, pardon bébé, je t'ai réveillée..
En fait, je ne me suis jamais endormie. Je te sens nerveuse. T'arrêtes pas de remuer depuis tout à l'heure. Je te sens inquiète chérie. Tu veux en parler ? Qu'est-ce-qui te tiraille ?
Xavier.
Xavier ? Quoi Xavier ?
Son truc. Je regrette de ne pas avoir été là quand vous en avez parlé tous les deux.
C'est ça qui te travaille ?
La mort, tout ça quoi.
Je croyais que tu ne voulais pas en entendre parler. Une cartésienne comme toi.
Je ne le suis pas tant que ça, tu sais.
Et bien alors.
En fait.. voilà.. en fait, je crois que j'ai peur de l'inconnu. Je n'aime pas m'aventurer sur quelque chose que je connais pas.
Pourtant, ce type d'expérience est bien plus courant qu'il n'y paraît chérie. Kramer te l'a lui-même confirmé.
Alors, pourquoi n'en parle-t-on pas ?
On ne parle que de ça mon ange ! Partout ! La télé, les livres, les témoignages. D'ailleurs, à ce sujet, j'en ai pas mal, je pourrai les visionner avec toi si tu veux.
En fait, ce qui m'intrigue, c'est de savoir si le phénomène décrit reste le même pour les personnes qui décèdent pour de bon.. La décorporation et tout ça quoi.. Est-ce-qu'une personne peut se manifester à ceux qui lui survivent ?
Tu parles de revenants là chérie.
Oui.
Et c'est ça qui te fait peur ?
Peur oui, car je n'ai pas de réponse à la question que je me pose depuis des années.
Et cette question, tu ne l'as jamais posée de peur qu'on te prenne pour une illuminée, je présume.
C'est exactement ça. Et puis, je sais que tu en connais un rayon, alors, je me suis dit que.. Ça me travaille depuis des années en fait. Je dois en avoir le cœur net.
Dis-moi mon ange, parle. Peut-être que je pourrai t'éclairer.
Ne te moque pas de moi hein.
Promis chérie. Et y'a pas de raison que je me moque de toi. Qui est ton fantôme bébé ?
Papa.
Oui, et... questionne doucement Virginie qui accueille la tête de sa douce au creux de son épaule.
As-tu déjà remarqué un truc de spécial dans le manoir ?
Tu veux parler de la décoration, la différence entre partout et le bureau de ton père, je présume.
Exactement.
Tu n'as jamais voulu qu'il change..
Oui, c'est vrai. Mais j'ai voulu procéder à la restauration de certaines vieilles toiles sans valeur auxquelles il tenait énormément. Tu as vu dans quel état de décrépitudes elles sont...
C'est vrai qu'elles ne respirent pas particulièrement la pleine forme.
Eh bien, aucune tentative de restauration, même la plus petit, je te dis bien aucune n'a pris.
C'est à dire ?
Que le lendemain de chaque restauration, les retouches avaient disparu..
Tu veux dire que...
Que je retrouvai les toiles dans leur état originel.. A croire que quelqu'un passait la nuit et défaisait le travail accompli.
Et je parie que tu penses que c'est ton père le responsable.
Oui, c'est dingue hein.. Je n'ai jamais voulu en parler pour pas passer pour une folle.
Tu n'es pas folle ma chérie.. Il y a eu d'autres manifestations ?
Oui..
Comme quoi par exemple ?
Je... heu.. et bien, quand je suis dans le bureau.. parfois, je sens l'odeur du tabac de sa pipe.. Au début, je flippais, mais je m'y suis faite. J'ai l'impression qu'il est là..
Il l'est. Je parie que tu aimais cette odeur, je me trompe ?
C'est exact. Depuis gamine j'adorais cette odeur et restais dans le bureau avec papa, rien que pour en profiter. Ça veut dire quoi tout ça ?
Qu'il est toujours là chérie et qu'il continue, par-delà la mort de te chérir.. Mais par contre, il n'a pas l'air de céder, quant à la restauration des tableaux... »
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Commentaires du récit : Louise ou la vraie vie 18

Le 2015-05-11 19:56:25 par douce3302
cette histoire entre vie de famille boulot mari total givres et cette histoire d amour et l amitie fascinant
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