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Louise ou la vraie vie 3

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Lue : 1728 fois - Commentaire(s) : 0 - Histoire de mielpops postée le 24/04/2013
Cams coquines
La phrase à peine terminée, Jean-François Lemoux se précipite sur le majordome et lui décoche un crochet du droit et l'envoie valdinguer sur les premières marches. Puis il se précipite et grimpe quatre à quatre les escaliers, renversant au passage un magnifique bouquet de roses rouges que Louise affectionne particulièrement. Titubant, il traverse le couloir avant d'ouvrir violemment la porte de la chambre de son ex épouse.
“ ah tiens, Ingrid, la gouinasse! T'es venue convertir ma chère et tendre, à moins que ça soit déjà fait ?-Jean-François, tu n'es plus le bienvenu ici. Si tu as besoin de me parler, tu viens au cabinet, point barre!
- Justement t'y étais pas au cabinet et t'as refusé de répondre à mon appel!
- Tu t'en vas Jean-François, ok? De toute façon, t'es même pas en état de dire quoique ce soit, t'es encore bourré!
- Je veux le cabinet Louise, tu m'entends? Ce cabinet, il est à moi, je l'ai monté !
- Avec le fric de papa, et t'y as jamais rien fichu de toute façon, à part le mettre au bord du gouffre avec tes actions douteuses. Ça t'a pas suffi d'aller faire un petit tour en prison? Dégage ou j'appelle la police! Tu vas y retourner et je te laisserai y croupir au lieu de t'en sortir!
- Des menaces?
- Non, la réalité. Tu n'es qu'un bon à rien, un avocat ripou, un raté et un alcolo. Maintenant, sors ou je téléphone.. Appele Xavier Ingrid, qu'il le foute dehors. J'irai porter une main courante contre lui dès que j'irai mieux.
- Xavier? S'il peut encore monter! Je l'ai étendu net au pied de l'escalier! Allongée comme une merde la pédale!
- Tu es allé trop loin cette fois-ci Jean-François! Je vais porter plainte contre toi et ça va pas plaider en ta faveur, crois-moi!
- Je vais voir s'il a besoin de moi Louise.. Et toi, espèce de gros salaud, tu descends avec moi !
- Ho, une gouinasse en colère! Et tu crois me faire peur? Je ne bougerai pas d'ici!
- Toi non plus te me fais pas peur.. Louise, appelle les flics, il devient dangereux. Je vais l'immobiliser en les attendant
- Et tu comptes faire quoi broute-minou?
- Ca !”

Il n'a pas fini sa question que Ingrid l'immobilise avec une clé de bras. En quelques secondes, l'abruti se retrouve paralysé, le bras retourné et bloqué dans son dos.
“ Lâche moi Ingrid
- Pas question, tu es allé beaucoup trop loin cette fois-ci.
- J'ai des relations moi!
- Pour l'instant, tu as surtout une réputation. Et vu comment elle est, je doute que tes amis viennent t'apporter le moindre concours. Même ton pote Thierry ne pourra rien faire pour toi quand il viendra te récupérer en cellule de dégrisement.
- Lâche moi je t'ai dit!
- Arrête de bouger ou tu vas finir par te casser le bras.
- Je vais porter plainte contre toi! Tu viens de m'agresser!
- Erreur, je n'ai fait que neutraliser un alcoolique psychopathe agressif qui a fendu le crane de Xavier dans une maison où il n'a plus le droit de pénétrer. La parole d'un avocat véreux contre celle d'un médecin, je ne donne pas cher de ta peau. Ton compte est bon. Tu auras un rapport de plus à ta charge. Tu sais que tu as perdu Jean-François. A quoi bon insister? Ah, tu n'as pas assez pour assouvir les besoins de ta duchesse? Elle t'en demande toujours plus, c'est ça? Et tu comptes plumer Louise pour cette pétasse? Tu rêves mon pauvre.. Tiens-toi tranquille bon sang!”


Le lendemain matin, le téléphone sonne au cabinet. Virginie, la fidèle secrétaire, l'amie et la confidente de Louise reconnait le numéro et s'empresse de répondre.
“ Louise! Comment vous vous sentez-vous aujourd'hui?- A vrai dire, c'est pas la grande forme!
- Ca, je m'en doutais.
- Vous avez suivi mes directives Virginie?
- Tout roule Louise. Les dossiers ont été expédiés en bonne et due forme. Pour le reste, c'est la routine.
- Jean-François est passé hier et a foutu un barouf de tous les diables.
- Je suis au courant Louise. Il ne vous lâchera jamais.
- Il aime trop l'argent et notre divorce lui coupe l'herbe sous les pieds. Comment ai-je pu être aussi naïve et tomber amoureuse de tel individu?
- L'amour rend aveugle. La seule chose de bien qu'il aura faite, ce sont vos enfants. Le reste ne compte plus. A vous d'envisager un nouvel avenir dorénavant.
- Encore faut-il que je me débarrasse définitivement de lui et que je rencontre quelqu'un.. Mais je ne crois plus en rien Virginie. Seuls mes enfants et leur bien être comptent à mes yeux. Le reste, n'a plus d'importance.
- Je ne suis pas d'accord, mais alors, pas d'accord du tout.
- C'est quand même étrange la vie.. Regardez nous! Je ne veux plus croire en l'amour, et vous, vous le cherchez toujours!
- Nous n'avons que dix petites années d'écart Louise, faut pas pousser quand même. Ceci dit, oui, je crois en l'amour, le seul problème, c'est qu'il se fait attendre. Enfin, si, j'aime quelqu'un mais cette personne ne le sait même pas.
- Bein pourquoi ne le lui dites-vous pas Virginie?
- Parce que c'est peine perdue, elle ne me regarde pas comme j'aimerais qu'elle me voie. Et puis, elle est hétéro....Pourquoi riez-vous Louise?
- Désolée, je viens de penser à la sortie de Jean-François hier au soir.. Il déteste les homos et il n'a toujours été entouré que par ça.. Xavier, Ingrid, vous..
- Je suis au courant de ce qui s'est passé. La police a téléphoné ce matin pour avoir quelques informations à son sujet et j'ai raconté la conversation téléphonique que j’ai eue hier avec lui.
- Parfait. Il doit être encore en train de décuver. Ça nous fait un peu de répit. Je crains que la soirée d'hier ne l'ai blessé et n'ait fait que nourrir son envie de me voir à terre.
- Qu'il fasse une belle connerie, et qu'il croupisse en prison, c'est tout ce que je demande.. Et que sa duchesse vienne lui apporter des oranges vêtues d'un manteau de toile au lieu d'un vison.
- Je vous adore Virginie.. Heu, je vous appelais pourquoi déjà? Ah oui.. Ça vous dirait de venir diner avec moi ce soir, enfin, si vous n'avez rien de prévu bien entendu!
- Ni rien, ni personne ne me retient, je serai là.. Je suppose que je dois vous apporter les dossiers jaunes? 19H00?
- Exactement Virginie.. A tout à l'heure
- A tout à l'heure Louise.. Heu, avez-vous besoin d'autre chose?
- Non, je vous remercie Virginie.”

Ingrid rentre chez elle après une journée harassante. A croire que les gens se sont donné le mot, tomber malade en même temps. Si la journée avait duré 48 heures, elle l'aurait aussi bien remplie. Le pugilat avec Jean-François, son intrusion dans la demeure de Louise et l'agression contre Xavier la rendent quelque peu soucieuse. L'ex-mari de Louise dépasse un peu plus les bornes à chaque fois. Que se passera-t-il lors de leur prochaine entrevue?

Elle ouvre la lourde porte d'entrée et dépose sa vieille mallette dans le coin pourvu à cet effet. Elle se débarrasse de ses bottes en cuir retourné et enfile sa vieille paire de mules. Elle tend le nez, une délicieuse odeur vient titiller ses narines. Elle pose les clés de sa voiture dans le cendrier en cristal qui trône sur la commode lorsque des mains enserrent tendrement sa taille et que des lèvres chaudes embrassent délicatement son cou. Puis les bras la débarrassent de sa doudoune qui portent encore la trace des premiers flocons de neige de l'hiver.
“Bonsoir doc! Tu as passé une bonne journée mon coeur?

Bonsoir mon ange.. Oui, et non, journée bien remplie et surtout mouvementée.
Laisse-moi deviner. Louise encore?
Tout à fait. Cette fois-ci, Jean-François s'est pointé, ivre mort et a rétamé Xavier d'un coup de poing. Il est monté comme un fou dans la chambre. Je n'ose même pas imaginer ce qui se serait passé si je n'avais pas été là. Il m'a fait peur Stéphanie. Ce mec est dingue.
Et Xavier?

Déplacement de la mâchoire. On a appelé la police et ils ont embarqué Jean-François que j'avais immobilisé. Xavier et Louise ont décidé de porter plainte. Jean-François va passer la nuit au trou. Et sa duchesse va encore lui fondre dessus!
Sa duchesse? Son toutou tu veux dire.
T'inquiète, elle sait être lucide pour ce qui l'arrange. Parfois, je me demande lequel des deux manipule l'autre, lequel des deux est le plus tordu. Ils se sont bien trouvés ces deux-là.. Non, là n'est pas le problème. Qu'ils se bouffent entre eux, ça m'est égal. C'est pour Louise que je m'inquiète...
Allez, viens t'assoir mon ange.. je t'ai préparé ton plat favori.. Un petit verre de vin blanc, ça te dit?
Je l'ai senti en arrivant chérie. Et ça sent rudement bon! Tu es un amour.. et toujours pleine d'attentions!
Ho, mais je fais pas ça pour rien ma puce..
Toi, tu as une idée derrière la tête!
Peut-être bien..
Finalement, je vais le prendre ce verre. Ca me fera du bien. Le temps et ce que j'ai vécu ce soir m'ont frigorifiée. Un peu d'antigel me fera peut-être du bien.
Madame est servie!”

Stéphanie tend à sa compagne depuis dix ans, un verre de Pacherenc du Vic-Bilh blanc dont Ingrid rafolle.

Le médecin se laisse entrainer jusqu'au large fauteuil en cuir blanc sur lequel l'invite à s'assoir la brune Stéphanie.
“ Raconte-moi !
A vrai dire, chérie, je n'ai pas trop envie d'en parler. J'ai surtout besoin de chaleur et de réconfort.
C'est bien pour ça que je suis là amour. Pour t'aider à chasser tes idées noires et t'aider à passer une bonne soirée.” Joignant le geste à la parole, Stéphanie retire des mains le verre du délicieux nectar et caresse du dos de sa main le visage d'albâtre de la blonde Ingrid.
Et tu y excelles chérie ...”

Stéphanie s'approche des lèvres d'Ingrid et y dépose un baiser délicat. Suivi d'un autre plus sensuel et plus profond. Les bras de la blonde enserrent la taille de la jeune femme et leurs corps se rapprochent, se serrent pour n'en former plus qu'un. Oubliés les tracas, envolés les soucis, Ingrid s'abandonne à sa belle et se laisse glisser sur le chemin du désir. Les lèvres pulpeuses de Stéphanie se promènent sur son visage, parsemant ses joues, son front, son nez, ses yeux de baisers brulants alors que ses mains entrainent son corps dans un délicieux frisson.

Telle les pétales de la fleur, Ingrid s'ouvre et se laisse investir par les caresses sucrées de sa maîtresse. Stéphanie, dans une lenteur calculée laisse courir ses lèvres gourmandes sur la peau douce de sa compagne. Dans un souffle chaud, Ingrid l'encourage à continuer avant de lui prodiguer à son tour les mêmes gestes de volupté.

Peu à peu, les vêtements tombent, un à un, laissant à nu des corps en transe, glissant l'un sur l'autre, l'un sous l'autre, roulant, s'étreignant, entraînant dans leur ballet de sensualité des mains et des lèvres affamées. Les gémissements deviennent râles lorsque les doigts se jouent savamment des endroits secrets qui se dévoilent sous la caresse du plaisir. Les baisers sulfureux viennent en renfort et les langues fureteuses affolent les sens qui ne demandent qu'à exploser.


Virginie Cantier arrive à 19h pile chez Louise. Elle n'a plus besoin de se faire annoncer, elle possède elle-même une télécommande pour ouvrir le lourd portail qui donne accès à l'immense propriété.

Xavier l'attend déjà sur le palier de la porte d'entrée, en haut des marches, raide comme un passe-lacet. Le malheureux tente d'adresser un sourire de bienvenue à la visiteuse mais un rictus douloureux barre son visage.

“Xavier, bonsoir! Mon dieu, cet abruti ne vous a pas raté!
Non Madame et je m'en veux de ne pas avoir eu l'occasion de lui rendre son coup. J'ai regretté mon rang ici sinon, je ne l'aurais pas raté non plus.
Je pense que vous auriez dû. Jean-François ne fait plus partie de la maison. Et puis je suis persuadée que ça aurait fait très plaisir à Louise!
Le souci, c'est qu'il m'a à moitié assommé...
Vous avez déjà déposé une plainte j'espère!
Oui, j'ai fait ce qu'il fallait et j'en ferais encore même d'avantage pour Louise. Même sous l'emprise de l'alcool, il n'a jamais agi ainsi avant. Il faut mettre rapidement cet ignoble individu hors d'état de nuire. Je crains le pire.
Je suis d'accord Xavier. Je mettrai tout en oeuvre pour en arriver à bout. Nous formons une équipe du tonnerre, vous, Louise, Ingrid et moi. Il va nous falloir resserrer les rangs et être vigilants. Franchement, je ne vois pas ce qu'il peut faire de plus! Légalement parlant je veux dire! Il n'aura jamais les parts de Louise et la seule chose qu'il peut faire, c'est de lui revendre les siennes puisqu'il n'en a qu'après le fric.
Alors pourquoi ne les cède-t-il pas? Ce serait si simple!
Revendre des parts ne rapporte pas assez. Il veut tout, c'est pas plus compliqué que ça Xavier!
Vous avez certainement raison, c'est ce que je pense aussi. Rentrez vite, il commence à neiger. Venez vous mettre au chaud. Louise vous attend...”

Virginie pénètre dans le vaste salon. Louise est allongée sur le boudoir, face à l'âtre dont elle regarde les flammes danser au rythme des crépitements. L'image paraît figée et Virginie ne peut s'empêcher d'admirer ce tableau sorti tout d'un coup du XVIII ième siècle. En ces lieux, le temps semble s'être arrêté, laissant à chaque visiteur le délice de retrouver la tranquillité et la quiétude d'antan.

Elle s'approche en silence de sa patronne, la laissant le soin de la surprendre, rien que pour apercevoir sur son visage ce sourire qu'elle apprécie tant. Les lueurs orangées du feu se reflètent dans sa lourde chevelure auburn, donnant de subtils mélanges chatoyants dans lesquels se noie son regard. Elle s'approche d'avantage et dépose sur le bureau en chêne le porte dossier que Louise lui a demandé d'apporter. Louise est immobile. Louise s'est endormie.

Elle est si bien et si belle que Virginie ne songe pas le moins du monde à la réveiller. Elle s'installe tout naturellement dans le fauteuil placé juste en face du sien et décide de patienter. Après tout, ni rien ni personne ne l'attend et qui plus est, Louise l'a invitée à lui tenir compagnie ce soir au dîner. Même la neige qu'elle voit tomber à gros flocon depuis quelques minutes ne l'empêchera d'apprécier tout le temps qu'elle le pourra le spectacle qui s'offre à ses yeux.

Elle s'enfonce d'avantage dans le grand fauteuil sombre, celui-là même où Jean s'asseyait pour savourer son cognac le soir après le repas. Elle croise ses jambes interminables sous son ravissant tailleur vert pomme, replace ses petites lunettes rondes sur son joli petit nez en trompette et range soigneusement la petite mèche blonde perdue sur son grand front. Elle a tout de l'image d’Épinal, le portrait type de la secrétaire infaillible, fidèle et loyale.

Elle observe Louise dans son sommeil. Seul le feu qui crépite perturbe le silence de la pièce jusqu'à ce que Xavier entre et vienne proposer ses services. D'un geste affable et reconnaissant, Virginie lui signifie qu'il peut prendre congé pour l'instant et retourner à ses occupations.

Qu'il est bon de savourer ces instants de quiétude en dehors des heures survoltées du cabinet qui ne laisse jamais un seul instant de répit. Entre les dossiers et les clients, les coups de fil et les rendez-vous, les annulations et les dossiers à classer ou à traiter, la police, le procureur, le juge..les journées passent à une vitesse vertigineuse. Mais elle en retire toujours la fierté et la satisfaction du travail bien accompli. Simple secrétaire à son arrivée il y a seulement cinq ans, la voilà devenue la secrétaire personnelle de Louise.



“ Allo, Thierry? C'est moi, je suis dans la merde!
Qu'est-ce que t'as fait encore? Tu es retourné là-bas!
Oui..
Putain, JF, tu sais ce que tu risques bordel! Qu'est-ce qui s'est passé?
Je suis allée chez Louise, complètement bourré et j'ai envoyé ce pédé de Xavier dans le décor. J'ai tout cassé et j'ai agressé Louise verbalement. Ingrid était là aussi et j'ai rien pu faire à Louise, enfin, je n'en ai pas eu le temps. Cette pute d'Ingrid était là et elle m'a stoppé net. J'ai cru qu'elle allait me péter le bras cette conne.
Encore heureux que tu n'aies pas touché Louise! Punaise, t'es inconscient ou quoi?
Ingrid m'a immobilisé, les flics sont arrivés et m'ont embarqué..
Ok, donc, dépôt de plainte et t'es en garde à vue..
Oui..
Nom de Dieu Jean-François, tu vas tout perdre ! Imagine un peu, Louise n'est pas restée sans rien faire et j'aurais fait pareil à sa place. Elle veut te voir sur la paille et va s'y employer.. Purée, pense donc! La main courante le proc, l'ordre des avocats sans compter la sanction!
Fais pas chier, je sais tout ça!
Tu sais, tu sais, mais c'est à croire que t'en as rien à foutre ! Imagine que tu sois radié du barreau! Ça te pend au nez! C'est pas la première fois que tu fais le con!
C'est pour ça qu'il va falloir que j'agisse..
Tu sors demain?
Oui..
Et que veux-tu que je fasse là? Tu décuves et t'es en garde à vue. On marche sur des charbons ardents je te rappelle.. Combien de fois va-t-il falloir que je te le répète bon sang?
Porte les docs que j'ai mis de côté pour le Belge. C'est tout ce que je te demande de faire. Apporte les lui et prend la mallette en échange. Je devais le faire mais de là où je suis, je ne peux rien faire.
A qui la faute? Tu aurais dû y penser avant! Va falloir que tu te calmes et te fasses oublier, même si je pense qu'il est trop tard.
Tu me laisses tomber, c'est ça?
Non, je dis juste qu'il faut que tu te calmes. Avec nos agissements et tes débordements, notre champ de manoeuvre est plutôt restreint. Alors, pédale douce s'il te plaît.
Putain, faut que j'appelle Corinne, quelle merde !
Je l'appelle en route. J'arrive. Surtout, tu ne dis rien avant que je sois là!”
Je sais ce que j'ai à faire bordel !”

Jean-François raccroche, satisfait de l'initiative de Thierry au sujet de Corinne. Il n'a nullement envie d'affronter son flot de questions et de reproches et préfère brûler son énergie ailleurs que contre des moulins à vent. Comme à son habitude, Thierry trouvera les mots justes. Jean-François pénètre dans sa chambre de dégrisement et s'allonge à même le sol. Au contact du ciment froid, son corps se met à frissonner. Peut-être cela lui permettra-t-il de remettre ses idées en place plus rapidement. Il fixe le plafond et ferme à moitié ses yeux gris acier. Il n'ignore pas que les événements de ce soir vont peser lourd pour le divorce et faire gagner des points à Louise.

Dans sa tête, les idées se bousculent, son cerveau bouillonne. Il lui faut trouver une solution, se sortir de ce mauvais pas, gagner son divorce, écraser Louise, empocher le fric, tout oublier et se faire oublier.



“Putain, qu'est-ce-que tu foutais Corinne?
Je me préparais pour le concert! Si je ne l'avais pas fait, je n'aurais jamais eu le temps de rentrer pour me changer et repartir ensuite. J'aurais raté le début du spectacle!
Non, mais je rêve! Y'en a que pour ton fichu concert ma parole! Mais t'as quoi dans la tronche? Je me demande parfois comment tu fonctionnes!
Mon chéri, je ne pouvais pas faire autrement et .. Thierry m'a dit que tu m'y emmènerais!
Et qui va me faire à bouffer en rentrant? La bonne n'est pas là aujourd'hui! Et en plus, tu me laisses tout seul !?
Tu te poses la question quand je reste des heures à t'attendre alors que tu es je ne sais où?
C'est pas pareil!
Le résultat reste le même! Tu te permets ce que tu n'acceptes pas chez les autres. Tu es insupportable Jean-François. J'aurais mieux fait te laisser croupir en cellule de dégrisement. Tu sais, j'en ai assez d'aller te récupérer dans un état plus lamentable à chaque fois. Et là, tu as vraiment été trop loin! Ça risque de te couter très cher tu sais?!
Tu ne m'aimes plus, c'est ça?
Je t'ai dit que j'en ai marre de tes agissements! J'en ai marre de recoller les morceaux et de faire bonne figure! Quand est-ce que tout cela se terminera?
Quand j'aurai récupéré mon cabinet et quand j'aurai écrasé Louise!
Ne peux-tu pas te contenter de ce que tu as à la fin?
Eh ho! Tu ne craches pas sur les visons que je sache! Tout ça a un coût ! Tu veux rouler en Clio et t'habiller en Tati? Tu veux retourner dans ta vie minable, te foutre à poil tous les soirs pour un salaire de merde et faire bander des minus qui te prennent pour une pute et qui veulent te sauter à la fin de ton numéro?
Non, tu le sais bien !
Et ton gamin? Tu y penses à ton gamin? Ton taré de gosse me coute la peau du cul! Les soins, l'hôpital, les assistants de vie, et j'en passe!
Tu n'as pas le droit de parler de lui ainsi, tu es un monstre!
Arrête de me gonfler tu veux?! Tu sais que j'ai raison! Tu serais encore dans la merde si je t'avais pas sortie de là! Et Dieu seul sait ce qu'il serait advenu de ton fils! Ca suffit maintenant! Monte! Je t'emmène à ce putain de concert !”


Le couple monte à bord de la Porsche Cheyenne. Jean-François prend le volant, s'installe, met le contact et démarre en trombe, faisant crisser les pneus non sans s'être adonné à son passe-temps favori : faire brûler la gomme sur le bitume. Corinne se tait, Jean-François sait qu'elle déteste ça, mais encore une fois, il passe ses envies sans se soucier de ses craintes à elle. De guerre lasse, elle se laisse conduire sans dire un mot. Elle regarde défiler sans les voir les bâtiments gris et se met à pleurer en silence.




“ Cette conne est au concert et je me retrouve tout seul comme un con à la maison!
Bein, c'est pas la première fois! Faisons comme on fait d'habitude !
Thierry, mon pote, tu as raison ! Elle sera pas là avant trois ou quatre heures du matin, peut-être plus. Elle va sortir après avec ses copines. On se fait une petite soirée?
Pas de souci, j'arrive..
Appelle les filles. Je m'occupe du reste..
Au fait, il t'en reste?
J'ai tout ce qu'il faut de ce côté-là. J'aime ne pas décevoir mes amis!
C'est clair, avec toi, on est jamais déçu.
Dépêche, je t'attends...il n'est que 20h00 et j'ai envie de profiter au maximum avant que Corinne ne rentre.
Ce serait plus simple de sortir non? Tu pourrais t'amuser toute la nuit! Et ça serait pas la première fois que tu files sans rendre de compte!
Je sais bien, mais j'aime bien cette conne malgré tout. J'ai besoin d'un animal de compagnie et elle répond parfaitement à tous les critères.. Même si elle me casse les couilles de temps en temps. Il faut que je me montre plus conciliant avec elle. J'ai mon plan Thierry. J'ai beaucoup réfléchi pendant ma garde à vue...
Je sais pas ce que tu trames Jean-François.. Mais tu me connais, j'en suis..
Mouais, tu aimes le fric et je sais que c'est pour ça que je peux compter sur toi. Appelle les filles et ramène ta fraise! J'ai envie de m'amuser ! ”



Dans l'immense appartement de 250 m², Jean-François accueille avec un large sourire les six filles que Thierry a ramenées. Aussi jeune et aussi belle l'une que l'autre, elles pénètrent dans la pièce principale avec un déhanchement étudié. Les yeux pétillants de Jean-François et le regard qu'il leur adresse ne laisse planer aucun doute quant à ses intentions. Après les avoir embrassées l'une après l'autre, il se dirige d'un pas joyeux vers la cuisine avant de se saisir de trois bouteilles de champagne qu'il avait mises au frais et en revient tout aussi vite. Les flûtes tintent entre ses doigts fébriles. Il les dépose sur la table basse alors que les filles se mettent à l'aise. Fausse fourrure, cuir et trench tombent à même le sol. Un bruit de détonation se fait entendre et les éclats de rire fusent. Le bouchon de champagne retombe mollement sur le tapis et Jean-François remplit copieusement chacune des flûtes avant de boire au goulot les dernières gouttes du précieux liquide.

Alex, Sylvie, Nathalie, Laurence, Chloé et Vanessa s'installent confortablement sur l'immense sofa où Jean-François et Thierry viennent les rejoindre. Se plaçant judicieusement au milieu des filles, un grand sourire aux lèvres, les deux hommes paradent comme des barbots. Les flûtes tintent, les verres sont levés et vidés d'un coup en l'honneur du plaisir et de la luxure.

Une seconde bouteille est ouverte, puis une troisième et encore une autre. Le champagne coule à flots, se déverse sur des lèvres, puis sur les décolletés vertigineux. La température monte crescendo. Jean-François se lève en titubant et abandonne un instant ses trois hôtesses avant d'aller chercher une poche de plastique puis de la déposer sur la table basse.

Prenant une profonde inspiration, le doigt en l'air comme s'il allait prendre la parole, il se concentre et retire lentement de l'étui des petits sachets contenant une poudre blanche. Son ami Thierry et les filles poussent des cris approbateurs et joyeux. Le voyage avec le champagne n'était qu'un hors d'oeuvre, il est temps de passer aux choses sérieuses.

Il vide avec précaution, sur la vitre opaque de la table, le contenu de chacun des sachets, et à l'aide d'une carte de crédit sortie de sa poche, travaille avec minutie la poudre blanche jusqu'à former plusieurs traits. “ C'est de la bonne, régalez-vous!”
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