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Louise ou la vraie vie 6

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Lue : 722 fois - Commentaire(s) : 0 - Histoire de mielpops postée le 24/04/2013
Cams coquines
“ Je parle si fort quand je dors Jeff?
Plutôt oui ! Impossible de ne pas passer à côté !
J'ai dit quoi d'autre mon chéri ? Dit Corinne, tout sourire
Je te vois venir avec tes gros sabots!
Tu m'as promis une voiture chéri, tu t'en souviens ? Et bien, j'en ai rêvé aussi! Pas plus tard que la semaine dernière !
T'en as pas assez avec la Cheyenne?
C'est pas rigolo de devoir prendre le taxi pour aller voir Nicolas tu sais! Ou pour aller faire du shopping! Et mes copines, elles vont finir par se lasser à devoir me trimbaler ! J'aime pas les chauffeurs de taxi, ni les taxis d'ailleurs ! Et j'aime pas demander à mes copines ! Tous les couples ont deux voitures chéri!” Dit-elle en boudant.
Parce-que tu crois qu'on est un couple?
Bein oui ! Je fais quoi avec toi depuis un an alors ? De la figuration ? Ah, j'ai trouvé ! Je suis ta poupée gonflable c'est ça?
Mais arrête bon sang ! Pourquoi faut-il que tu prennes toujours tout au premier degré? Tu ne connais donc pas la plaisanterie?
Non, pas ce genre de plaisanterie qui ne fait rire que toi!
T'es pas drôle tu sais ! Tu te braques dès que je pète de travers. C'est bien simple, tu ne comprends jamais rien! Dès que j’essaie de te faire comprendre quelque chose, tu dis que t'es pas conne !
Je suis pas plus conne qu'une autre tu sais! Et puis, je ne suis jamais au courant de ce que tu fais, de ce que tu trafiques ! Tu me laisses toujours sur la touche ! Il n'y a aucune complicité entre nous ! Pourquoi? Parce-que tu n'as pas confiance en moi ou tu me prends pour plus conne que je suis?
Mais non, j'ai pas dit ça.. Ohhhhhhhh, Corinne, tu sais très bien que je magouille, tu sais très bien que je suis pas toujours très clean.. Vois pour Louise .. Alors, il te faut quoi d'autre?
T'aider...Servir à quelque chose ! Que je n'ai pas toujours cette impression désagréable d'être un bibelot quoi!
Mais tu es un très beau bibelot ma chérie!
Oh arrête tu veux bien?
Putain, si je peux plus te faire de compliment ! C'est bon, je dis plus rien!
Ho, mais toi tu es pareil, on peut rien te dire sans que tu sortes de tes gongs bébé. On va pas aller loin comme ça, tu sais !
Ok, ok, ..ok ok …. dit Jeff en levant la main en signe de capitulation. Je te ferai voir chérie.. Mais par pitié, arrête de râler et de bouder, de me faire chier.. Voyons, on est à Venise.. en balade en amoureux.. Ne gâchons pas notre dernière journée à nous disputer.. d'accord bébé?
Entendu Jean-François.. Dis, si on allait faire un tour au pont des amoureux? Se balader dans Venise. Après tout, hier, tu es resté enfermé tout l'après-midi à regarder ton match de foot..
Ça marche mon coeur...Finissons notre repas et allons découvrir Venise by night.. Demain, on fera toute la lagune avant de décoller à 16h00.
On repart déjà?
Oui, Thierry m'a téléphoné pendant que tu faisais ton shopping. Je dois être à Paris demain pour préparer notre rendez-vous mercredi à Montparnasse.
La tour?
La gare.. Je vais tout te dire mon ange.. Tu découvriras une autre de mes facettes. J'aurai peut-être besoin de toi chérie. Voilà, tu es contente?
Tout ce que tu voudras amour...Je ferai tout ce que tu me diras de faire.. Je t'aime mon ange”



Louise et Virginie, enlacées, se regardent tendrement sans desserrer l'étreinte de leurs mains. Dans leurs yeux se lisent tous les mots, toutes les pensées, toutes les envies. Leurs ombres se projettent contre les murs, telles des ombres chinoises qui s'embrassent sur fond de feu rouge orangé. Les mains de Virginie viennent se poser sur les joues de Louise qui n'a de cesse de la regarder. La secrétaire vient à nouveau cueillir la bouche de Louise dont elle se délecte, se collant encore plus contre elle, avant que ses mains descendent le long de ses flancs et stoppent sur ses hanches rondes et fermes.

Le contact de ces mains sur son corps ravive en Louise les frissons de l'envie qu'elle croyait endormis depuis longtemps. Le feu qui couvait sous la braise, ce feu qu'elle croyait éteint à jamais se ravive peu à peu. Ses bras et ses mains restent paralysés, hésitants, ne sachant soudain comment évoluer sur le corps de cette femme dont elle a refoulé l'amour trop longtemps durant. Alors qu'elle est submergée par les baisers tout doux de Virginie, Louise décide d'écouter son instinct et finit par dénouer les bras qui enserrent sa taille pour remonter délicatement par son ventre, frôler sa poitrine et se refermer autour de son cou avant de répondre passionnément à ses baisers. Lentement, ses lèvres s'entrouvrent et sa bouche se laisse volontiers envahir par la langue de Virginie avant qu'elle ne lui livre bataille. Le baiser devient plus profond, plus passionné, plus sulfureux. Les corps se rapprochent d'avantage encore, cherchant à fusionner pour n'en former plus qu'un seul. Louise se risque à remonter sa main gauche le long de la colonne vertébrale de Virginie. Devinant un soupir de satisfaction dans son souffle, elle continue alors l'exploration de tout son dos jusqu'au cou pour faire ensuite, le chemin en sens inverse et caresser son admirable chute de reins, passant timidement ses premières phalanges sous son pantalon en toile. Elle s'y attarde quelques secondes et plaque sa main sur le bas de son dos afin de mieux sentir son corps contre le sien. Les bras de Virginie descendent lentement le long du cou de Louise, passant sur ses épaules délicates, continuent leur course le long de ses bras jusqu'à ce que ses mains rejoignent les siennes dans son dos et que ses doigts se marient aux siens et les remontent jusqu'à ses lèvres. Embrassant tendrement un à un les doigts de Louise, Virginie plante son regard dans le sien tout en lui souriant avant de dénouer le catogan et libérer la lourde et splendide chevelure de Louise. Les cheveux tombent en cascade sur ses épaules et, le visage, soudain auréolé de cette masse sombre, fait ressortir d'avantage ses yeux gris clair aux petits éclats bleus, renforçant dans son regard l'expression de ses sentiments.

Virginie dégage ensuite son cou d'un geste langoureux avant de venir y déposer un baiser sulfureux, remonter jusqu'à son oreille et venir d'en titiller le lobe, arrachant à Louise un souffle de satisfaction.
Puis elle dégrafe un à un, avec une lenteur calculée, les boutons du chemisier de Louise avant de passer sa main chaude et douce sous le fin tissu et de caresser la peau frémissante du ventre de Louise...
“ Ca va Louise ? Demande Virginie
Je crois que oui ! Répond Louise dans un souffle
Dis-moi si je vais trop vite.
Non. C'est délicieux. Mais pardonne moi juste si je suis un peu maladroite mon coeur..Tu sais..je..je n'ai pas l'habitude.. je n'ai jamais.. C'est nouveau.. mais c'est si agréable..
Je sais chérie. Mais je ne veux pas brusquer les choses. Te sens-tu prête? C'est une énorme découverte pour toi chérie …
Je serai prête à une condition ..
Laquelle chérie ?
Que tu ne dormes pas dans la chambre verte cette nuit...”

La porte de l'entrée claque si bruyamment que le son parvient jusqu'aux oreilles des deux jeunes femmes, les faisant sursauter. Les yeux interrogateurs, elles se questionnent des yeux, se demandant ce qui peut provoquer un tel vacarme et surtout, à cette heure si avancée. Elles s'arrangent rapidement et, avec une crainte palpable, elles quittent le salon afin de se rendre compte de la situation.

“Mais qu'est-ce-que?
M'man !
Nathan, Noémie, mais qu'est-ce-que vous faites ici ? Je pensais que vous passiez votre week-end chez Joe et Lisa pour bucher! Pourquoi vous ne m'avez pas prévenue de votre arrivée?
Il n'y a plus de réseau m'man ! Répond Noémie et ton fixe n'a pas l'air de fonctionner. Vu le poids de la neige sur les lignes téléphoniques, rien d'étonnant!
Vous m'avez fichu une de ces trouilles ! Crie Louise. Je pensais que votre père venait encore nous faire une sortie ! Mais pourquoi n'êtes-vous pas restés là-bas ? Il avait été convenu que vous repartiriez directement au bahut demain matin! Et comment êtes-vous rentrés?
Maman, on dirait que ça te contrarie de nous voir.
Non, pas du tout. C'est juste que je suis surprise de vous voir, c'est tout!
Et pour répondre à ta question, on est rentrés à pieds..
5 km sous la neige ! Vous êtes fous! Les taxis, ça existe!
Aucun de disponible.. On a pas eu envie d'attendre, alors, on est rentrés à pattes.. Et on allait pas demander à Joe ou Lisa, encore moins à leurs parents de se risquer avec toute cette neige.
Mouais.. et demain, comment vous allez faire?
Y'a pas de bus demain. On a regardé internet. Pas de bus et tous les bahuts sont fermés demain sur ordre du préfet. La météo va se détériorer encore et y'en a au moins jusqu'à demain soir.. C'est aussi pourquoi on a préféré rentrer. On allait pas taper l'incruste chez Joe et Lisa.
Ok ok ok..
Ah heu, pardon ! Bonsoir Virginie
Bonsoir Nathan, bonsoir Noémie.
Toi aussi t'as été bloquée par la neige?
Je suis venue travailler et ...oui, j'ai fini par rester coincée..
Tu dors ici alors ?
En effet ! Xavier a eu la gentillesse de préparer la chambre verte pour moi.. et vous devrez me supporter demain aussi toute la journée..
Te supporter ? S'exclament Nathan et Noémie en coeur. Mais tu es toujours la bienvenue ici ! Vu le temps que tu passes au manoir pour travailler avec maman, tu pourrais même t'y installer ! Allez, zou, je file prendre une douche et au dodo !
Vous avez mangé au moins?
Mais oui, t'inquiète pas maman.. On l'a fait juste avant de partir de chez Joe et Lisa.
Et on est claqués ! 5 km à pied et sous la neige, ça crève ! Renchérit Noémie. Allez, on vous laisse bosser tranquilles, bonne nuit M'man, bonne nuit Virginie..
Bonne nuit ! A demain !”

Noémie et Nathan disparaissent aussi vite qu'ils sont arrivés, laissant en plan les deux femmes au milieu du salon. Elles se scrutent discrètement du regard se mettent à rire..

“Désolée ma chérie, chuchote Louise..
Ça n'est pas grave, t'inquiète.. Il devait en être ainsi.. Je dormirai dans la chambre verte cette nuit en rêvant de toi et ce que nous aurions fait si tes enfants n'étaient pas arrivés. plaisante Virginie.
Pour une fois, je les maudis...J'étais si bien là, avec toi..
Tout autant pour moi.. Mais c'est ainsi.
Encore désolée chérie..
Je vais suivre leur exemple. Une bonne douche et au dodo. Et ne boude pas Louise..On se revoit demain matin”

Virginie s'approche de Louise et l'embrasse tendrement..
“Dors bien mon ange. A demain. Je t'aime.
Je t'aime aussi mon amour. Et dors bien toi aussi”

Louise voit à regret Virginie s'éloigner du salon. Elle détaille sa silhouette gracile et sa démarche légère, mais surtout, elle se surprend à fixer son déhanchement diabolique, ses fesses rebondies et parfaites. Elle n'a qu'une envie à présent.. Découvrir ce corps à nu et l'honorer de ses caresses et de ses baisers. Mais en haut, deux adorables parasites sommeillent. Un petit sourire tendre et amer à la fois se dessine sur son visage.. Et elle réalise soudain, que s'ils n'avaient pas regagné bruyamment leur domicile, ses enfants auraient pu la surprendre dans les bras de Virginie.


Louise regagne alors sa chambre avec un sentiment de frustration. Mais à y bien regarder, l'arrivée impromptue de Nathan et Noémie lui remet un peu d'ordre dans les idées. Il s'est passée un million de choses en si peu de temps, tout est allé si vite.. A-t-elle bien fait de s'abandonner aux caresses de Virginie? Cinq ans qu'elle la côtoie, cinq ans de complicité, et cinq ans à refouler ses sentiments, aussi cinq ans de mensonge et de torture.
Elle se débarrasse de ses effets et enfile sa nuisette de satin rouge au décolleté vertigineux avant de s'installer devant sa coiffeuse. Son reflet renvoie l'image d'une femme amoureuse, une femme submergée par les sentiments, une femme enfin épanouie à laquelle elle ne prêtait plus grande attention quand le néant occupait son coeur, quand il faisait froid dans sa vie. Elle se saisit de sa brosse en nacre et se met à peigner précautionneusement ses magnifiques cheveux auburn retombant sur ses épaules et empreints de l'odeur sucrée de Virginie... Elle revit alors, seconde après seconde chaque instant passé dans ses bras, ressent chacun de ses doux baisers, chacune de ses caresses.

Le brossage terminé, elle se dirige lentement vers son immense lit et se glisse sous la couette avec un sentiment de regret et d'amertume. Elle ferme les yeux, espérant que le sommeil la rattrapera vite dans l'unique but de retrouver sa bien-aimée dans ses rêves, à défaut de l'avoir dans son lit.

Virginie, étendue sur le lit de la chambre verte, fixe le plafond, des étoiles plein les yeux, le coeur débordant de bonheur. Sa tête enfoncée dans l'oreiller qu'elle entoure de ses bras, elle revit les mêmes images que Louise. Ivre de joie, elle se félicite d'avoir réussi à se dévoiler à Louise qui lui a ouvert son coeur, contre toute attente. Le goût de ses lèvres, la chaleur de son corps et l'odeur de sa peau l'ont emplie d'une ivresse jusque-là jamais égalée, tant et si bien qu'elle regrette l'arrivée inopinée des enfants de Louise.

Mais elle se dit qu'il est peut-être plus sage que les choses se soient terminées ainsi, craignant d'avoir précipité les évènements et poussé Louise dans ses bras, peut-être un peu trop vite. Cinq longues années à espérer, cinq ans à attendre et à désespérer aussi. Mais Dieu que ces moments étaient merveilleux ! Virginie s'endort rapidement, le sourire aux lèvres et au fond de son coeur.


Au Danieli, Corinne et Jean-François terminent de boire leur café tranquillement. Jeff, levant les yeux de sa tasse, jauge du regard une Corinne épanouie et profondément heureuse. “Il t'en faut peu ma chérie!” Pense-t-il... “Vous êtes bien toutes les mêmes! Des bijoux, du fric, une belle bagnole et hop, c'est emballé...à part l'exception qui confirme la règle : Louise”

“ Pourquoi tu me regardes comme ça Jean-François? Y'a quelque chose qui cloche?
Je te trouve divinement belle Corinne et je m'étale devant tant de beauté..
Qu'y avait-il dans ton café pour que tu me sortes de telles gentillesses tout d'un coup ?
Je suis un imbécile ma chérie.. Et plus le temps passe, plus je me rends compte combien j'ai été stupide de ne pas me rendre compte d'une évidence. J'ai en face de moi la plus belle, la plus divine des femmes, et c'est la mienne.
…..
Ca ne te ressemble pas de ne pas répondre!
Et si je te disais que tes paroles me touchent en plein coeur Jeff, tu réponds quoi?
Que c'était le but recherché car je suis sincère et que j'ai réussi à t'attendrir.
Tu sais, tu peux être un abominable enfoiré quand tu t'y mets, mais tu peux te montrer adorable et attentionné quand tu le veux. Et ce soir, j'apprécie plus que jamais que tu te montres sous cette facette.
Je peux te retourner le compliment ma chérie.. Je suis ravie d'avoir retrouvé la Corinne que j'ai déjà connue et dont j'ai envie plus que jamais. Mais j'ai encore un quelque chose pour toi..
Quoi? Encore un cadeau? C'est quoi cette fois ci? Tu me combles mon amour !
Tiens, c'est à toi..
Qu'est-ce-que c'est?” Corinne tend sa main sur un signe de Jean-François qui y dépose un petit sachet de velours noir refermé par deux minuscules cordons dont chaque extrémité est ornée d'une pierre d'Agathe.
Bien ouvre.. Tu verras....”

Jeff est certain de donner à sa compagne le coup de grâce. Il y a mis le paquet côté fric, mais l'investissement n'est rien comparé aux fruits qu'il rapportera.
Corinne s'attarde un petit instant sur ce petit écrin noir et fronce les sourcils quand elle sent au creux de sa main le contact lourd et froid de ce mystérieux écrin.. Que cela peut-il être semble-t-elle questionner Jeff du regard avant d'en découvrir le contenu.

“ Des clés?
Oui..
Des clés de quoi?
Tu le sauras quand nous arriverons à Paris demain mon ange..
J'ai trouvé! J'ai trouvé! Je sais ce que c'est ! Ho Jeff, c'est quoi? Quelle couleur ?? Dis le moi s'il te plait!
Je t'ai dit, quand on sera à Paris!
Mais pourquoi ne veux-tu pas me le dire chéri?
Pour pouvoir mieux abuser de toi cette nuit mon coeur..je sais que tu ne me laisseras aucun répit jusqu'à ce que je cède mais j'aurai de bons moyens de calmer ta curiosité en la détournant par des jeux très, très spéciaux..
Je vois, je vois.... Je vois surtout que tu n'as pas passé toute ton après-midi devant ton match ! Comment as-tu réussi à dénicher ce petit bijou si vite?
J'ai un très bon ami qui ne résiste pas à un chèque avec plein de zéro. Ta voiture t'attend déjà chérie.. mmm ce regard.. J’ai envie de te croquer...
Mmmmm croque moi toute entière mon chéri.. Montons! J'ai des milliers de questions à te poser..”

Le sourire de Jeff et le bonheur de Corinne éclaboussent la salle du luxueux restaurant tout entière. Le couple quitte lentement sa table sous le regard des autres convives qui, comme Corinne, n'ont rien décelé sous le rictus de l'avocat pourri. Ils rejoignent l'ascenseur dans lequel le liftier les attend et les saluts avant de les accompagner à l'étage approprié. Jeff et Corinne se dévorent du regard sous l'oeil complice du jeune employé dont les joues s'empourprent légèrement alors que le couple s'embrasse sans retenue.

Ils n'entendent pas la légère sonnerie de l'ascenseur quand ils arrivent à l'étage et le jeune liftier est contraint de toussoter afin de les sortir de leur chaude étreinte.
Corinne et Jean-François s'interrompent enfin et, s'excusant comme de jeunes amoureux pris en flagrant délit, sortent en riant de l'ascenseur avant de rejoindre leur suite. “Une nuit chaude en perspective” pense le jeune garçon dans son costume vert.

“ Quoi! Sérieux ? S'exclame Thierry.
Gare Montparnasse, mercredi à 15h00.
Et pourquoi je suis pas au courant de cette transaction ? Interroge, furieux l'acolyte de Jean-François.
Bizarre. Tu es toujours au courant de tout d'habitude.
Et là, rien, absolument rien. Ça s'est passé quand le deal?
Ce week-end, à Venise. Il y est parti avec sa greluche.
Ca non plus, je savais pas.. Combien ?
30 kg
Putain d'enfoiré!! .Il va pas être au bout de ses surprises.
Maintenant que t’as les infos, j'ai fait mon job.
Et tu es grassement payé pour le faire. Mais merci de m'avoir prévenu. Je vais faire le nécessaire. Ils rentrent quand ?
Demain, dans l'après-midi, en principe. Il a prétexté un rendez-vous avec toi auprès de Corinne pour préparer le deal et être là mercredi.
Cette andouille a dû être ravie, elle qui en crevait depuis longtemps d'aller à Venise! Si elle savait pourquoi! Mais il vaut mieux qu'elle ne sache rien. Il la buterait !
Bien roulée, mais rien dans la tronche, c'est comme ça qu'il les aime.
Pas si bête que ça! Elle obtient de lui tout ce qu'elle veut !
Tant qu'elle pose pas trop de questions et qu'elle ouvre les cuisses..
Je serais pas contre qu'elle les ouvre pour moi...hahahah.. Allez, je te laisse. Mes amitiés au Belge.. Merci encore.
S'il apprend mon double jeu, je suis mort..”


Louise se tourne pour la énième fois dans son lit. Chaque fois qu'elle se sent investie par le sommeil, le doux sourire de Virginie envahit ses pensées. Pour la énième fois, elle retire subitement les couvertures laissant la fraîcheur de la pièce apaiser son corps en feu, en espérant encore une fois que cela l'aidera à s'endormir, jusqu'à ce qu'elle grelotte à nouveau et qu'elle s'enfouisse dans la chaleur de ses draps.

Lassée de ce cercle vicieux, elle se lève d'un bond et descend jusque dans la cuisine, ouvre le frigidaire, attrape la bouteille de lait et s'en serve un grand verre qu'elle avale d'un trait.. Elle pioche une pomme dans la corbeille à fruits et la croque sans vergogne jusqu'au trognon dont elle se débarrasse deux minutes plus tard.

La bouche pleine de la chair du fruit, du suc s'échappant de ses lèvres charnues, Louise regagne sa chambre. Elle grimpe lentement les escaliers, se laissant imprégner par le silence de la nuit dérangé par le léger craquement du bois sous ses pieds. Parvenue à destination, elle se recouche , espérant que Morphée daigne enfin la prendre dans ses bras.
Plus d'une heure s'est écoulée depuis son incursion dans la cuisine et elle tourne encore dans son lit défait, les yeux grands ouverts, un feu ardent la consumant de l'intérieur. Morphée ne voudra pas d'elle cette nuit, la préférant, elle en est persuadée, dans des bras autres que les siens.

Elle se lève, une fois de plus, arrange son négligé, ouvre discrètement la porte et la referme tout aussi discrètement derrière elle. Elle file à pas feutrés à l'autre bout du couloir, passant devant les chambres de Nathan et Noémie et s'arrête devant la porte de la chambre verte, avance une main hésitante sur la poignée, puis se rétracte. Les battements de son coeur se font plus denses, un nœud se forme dans sa gorge devenue sèche. Elle déglutit, repose sa main sur la poignée avant de regarder derrière elle, cherchant un encouragement invisible dans le silence de la nuit.
Elle pénètre doucement et attend que ses yeux s'habituent à la pénombre de la pièce. Quelques instants plus tard, elle devine sous les draps en satin, la silhouette endormie de Virginie dont elle perçoit le souffle régulier.

Soudain, les draps se mettent à bouger, suivant dans son mouvement, le corps de Virginie qui se tourne vers l'autre côté du lit. Le coeur de Louise est à nouveau au bord de l'implosion. Elle laisse en suspend son premier pas et retient son souffle, déglutit et puis s'avance doucement.
Elle arrive au bord du lit, s'arrête à nouveau, savourant le spectacle de ce magnifique corps endormi. Ses cheveux blonds auréolant son visage angélique, Virginie sommeille profondément. Sa merveilleuse poitrine se soulève au rythme de sa respiration, ivresse du regard, ivresse des sens qui se réveillent, l'irrésistible envie de sentir ce corps contre le sien.

Sentant une présence, Virginie ouvre discrètement les yeux et aperçoit la silhouette de Louise en train de la dévorer du regard, puis, les ouvre entièrement.
“ Louise? Sourit Virginie. La belle avocate tressaute légèrement, un sourire timide aux lèvres.. ses joues s'enflamment.
Désolée, je ne voulais pas troubler ton sommeil.
Je rêvais de toi justement. Mais c'est encore plus merveilleux, maintenant que tu es là.
Je.. J'arrivais pas à trouver le sommeil et..et..je me sentais seule dans ce grand lit froid.. tu me manquais en fait, j'avais besoin de ta présence.
Qu'attends-tu pour me rejoindre bien au chaud au lieu de rester ainsi dans le froid et le noir?”
Joignant le geste à la parole, Virginie ouvre les draps de son lit, invitant ainsi Louise à s'allonger à ses côtés.

Dans un léger chuintement de tissu, elle rejoint Virginie qui l'accueille avec un petit baiser.
“Allez viens contre moi ma chérie” lui dit-elle avant que Louise ne réponde à son baiser. “ Ça va mieux maintenant?
Le baiser que lui offre Louise est sa réponse et Virginie, de ses bras, enlace tendrement le corps de Louise qui lui rend la pareille.
“ Tu sais, j'ai eu du mal à venir.. La peur de ce qui peut se passer, mais aussi une envie irrésistible d'être avec toi.
Tu as été plus courageuse que moi, car même si je me suis endormie très vite, mon sommeil a été coupé plus d'une fois par la même envie de te retrouver.. et tu vois, c'est toi qui a franchi le pas avant moi finalement.
Etre tout simplement avec toi, là, tout contre toi, fait de moi une femme heureuse. Oh, Virginie, je ne pensais jamais connaître à nouveau ce merveilleux sentiment qu'est l'amour, ni retrouver les joies d'être aux côtés de la personne aimée.. Mais je n'avais jamais imaginé que ce serait auprès d'une femme...
Je comprends très bien ce que tu ressens ma douce. J'ai vécu aussi cette situation tu sais.. Et oui, dans une autre vie, j'étais hétéro.. enfin, c'est ce que je croyais jusqu'à ce que j'accepte et que je lâche prise.. Ne t'en fais pas pour ça ma chérie.. Tu as tout ton temps. Jamais, je ne ferai ou dirai quelque chose qui pourrait te contrarier.”

Virginie se serre d'avantage contre Louise et l'embrasse tendrement. “ Mmm, tes lèvres ont un délicieux goût de pomme. J'en reprendrais bien un petit peu.
- je t'en prie, sers toi.” répond Louise tendant à Virginie l'objet de son désir.

Enlacées l'une contre l'autre, corps emmêlés, Louise et Virginie se laissent glisser doucement dans le sommeil.


“Quelle heure est-il mon coeur?
08h30 chérie... Tu as bien dormi?
Oui, terriblement bien dormi. Il y a bien longtemps que ça ne m'était pas arrivé.. Et c'est grâce à toi ! Je n'aurais pas fermé l'oeil de la nuit si tu n'avais pas été à mes côtés!
Ce qui veut dire que je suis un bon somnifère! Répond moqueusement Virginie..
haha.. Vu sous cet angle, oui. Mais tu as aussi un côté très excitant que j'ai envie de tester.
Quand tu te sentiras prête ma chérie.. dit Virginie en déposant de doux baisers sur les lèvres de Louise.
Oh mon Dieu !
Quoi donc? Purée, préviens, tu m'as fait faire un de ces bonds!
Nathan et Noémie! S'ils venaient dans ma chambre et qu'ils me voient pas!?
Tu crois pas plutôt qu'ils sont encore en train de roupiller? Il est encore tôt!
Aucune idée. De toute façon, on va être vite fixées. Je dis à Xavier de nous préparer un bon petit déjeuner. Encore quelques petits bisous pour la route, et on y va mon coeur?
Ça marche.”

Les deux femmes quittent à regret leur lit, puis la chambre et descendent à la cuisine où Xavier est en train de leur préparer un copieux petit déjeuner. Elles arrivent toutes deux, sourire aux lèvres. Louise fait montre d'une gaieté inhabituelle qui n'échappe pas au regard perspicace du majordome. Tout en continuant de l'observer, il dépose sur la table deux tasses de café noir à l'arôme subtil qui envahit la pièce, ainsi qu'une corbeille garnie de viennoiseries confectionnées par ses soins. Viennent ensuite la marmelade, le beurre, le miel, le pain grillé et le jus d'oranges fraîchement pressées. Les regards qu'elles se lancent ne laissent planer aucun doute quant à l'évolution de leur relation.
“ Nathan et Noémie sont levés? Questionne Louise
Depuis longtemps Madame! Répond Xavier.
Oh! Où sont-ils?
Dans le parc Madame. Ils ont décidé de construire un énorme bonhomme de neige.
Heu.. M'ont-ils cherchée à leur réveil?
Oui. Et ils ont été surpris de ne pas vous voir debout contrairement à votre habitude.
Je n'ai pas totalement récupéré de ma grippe!
C'est ce que je leur ai répondu et j'ai rebondi sur le fait que vous aviez besoin de vous reposer. Sans parler du travail que vous abattez malgré la maladie....
Nous travaillerons toute la journée dans le salon Xavier, vous serez gentil de nous y servir notre déjeuner.
Cela va de soi.
Quoi de neuf sinon?
Il a neigé toute la nuit.
Je sais qu'il a neigé toute la nuit, je n'ai pas fermé l'oeil répond instinctivement Louise. Je vous parlais du journal. Une réponse de Jean-François?
Non Madame, absolument rien.
Etonnant. Je me demande bien qu’elle a dû être sa réaction et, surtout, quelle sera sa parade.
Si je puis me permettre, Madame, il vous faudra être prudente. Vous lui avez planté un poignard dans le dos en faisant paraître cet article. Vous savez, tout comme moi, ce dont il est capable et, quelque chose me dit que je suis en dessous de la vérité.
Nous l'attendrons de pied ferme.
Justement, il n'a pas riposté à votre attaque. C'est celà qui est inquiétant.
On verra bien.
Tu .. Vous savez, Louise! Je crois que Xavier a raison d'être inquiet et je le suis tout autant que lui. Ce silence n'a rien de bon.
Je sais.... je sais!!!” s'exclame Louise.

La bévue de Virginie ne passe pas inaperçue aux oreilles de Xavier et un petit sourire complice éclaire son visage. Discret, il reprend sa place au fond de la cuisine, prétextant la préparation du déjeuner.
Virginie et Louise, déjeunent, se dévorant du regard, laissant leurs pieds se saluer discrètement sous la table de la cuisine. Oubliés Nathan et Noémie, Xavier et l'avocat pourri, elles baignent dans leur bulle de bonheur, les yeux remplis d'étoiles.

Nathan et Noémie finissent par apparaître dans la maison quelques instants plus tard, transis, mais heureux comme des gamins. Ils découvrent, attablées tranquillement dans la cuisine, Virginie et Louise papotant comme deux vieilles amies, un éclat particulier dans le regard.
“Bonjour les enfants!
Bonjour M'man, bonjour Virginie
Salut ! Vous vous êtes bien amusés?
Yep, on a fait un bonhomme de neige géant après avoir fait de la luge sur le monticule du parc.
De la luge? Mais vous avez pas de luge! Objecte Louise
Pas grave ça! Un bon sac poubelle que tu enfiles comme une couche culotte, et c'est parti mon kiki!
Oui, et c'est pour ça que vous êtes trempés comme des soupes! Allez donc vite prendre une douche avant d'attraper froid! S'exclame Louise, amusée.
Pas avant d'avoir pris un bon café ! Intervient Noémie.
Non, on va d'abord se doucher, on reviendra pour le café après. Maman et Virginie sont en train de parler, laissons les tranquilles.
Ok! Après le café, j'avancerai mon DM de maths. C'est que pour jeudi, mais au moins, ça sera fait. Ca tombe bien que tu sois là Virginie, j'aurais besoin de tes lumières pour me corriger.. ce DM est noté et je dois remonter ma moyenne en math..
Pas de souci Noémie. Au contraire, avec grand plaisir!
Merci Virginie. Allez, à plus, on vous laisse entre vous” lancent en choeur Noémie et Nathan, un large sourire sur leur adorable frimousse.

A l'étude, Françoise et Jeanne volent de dossier en dossier, accomplissant avec maestria les tâches qui leur ont été assignées par téléphone. Les cas les plus urgents ont été réglés dès les premières heures de son absence, suivis par les dossiers secondaires, les rendez-vous, les audiences, les visites et leurs propres affaires. La semaine, bien chargée s'est néanmoins terminée par de belles réussites et Louise n'en est pas peu fière.

Aujourd'hui, Lundi, Jeanne Charbonnier et Françoise Cordier, les associées et assistantes de Louise sont seules à l'étude pour la journée. Vivant à quelques pâtés de maisons de là, elles ont pu se rendre à pieds à leur lieu de travail. Elles se sont procuré, sur le chemin du bureau, les quotidiens habituels, guettant, tout comme Louise, les réactions de Lemoux.
Elles épluchent à présent, chacune des éditions susceptibles de contenir les déclarations de l'avocat vereux.
“ Rien, y'a pas une ligne!
Bizarre! C'est pas normal ça...
Et s'il n'avait pas vu?
Je n'y crois pas une seconde vois-tu..
Dans ce cas, que peut signifier ce silence?
Rien de bon en tout cas. Louise y est allée un peu fort cette fois ci..
Oh, il l'a bien cherché cette ordure!
N'empêche qu'elle a soulevé des doutes chez pas mal de personnes... et les retombées lui vont être catastrophiques.
Il fallait bien que tous sachent que l'avocat véreux ne s'est jamais vraiment rangé tu crois pas? Et tous ces pauvres naïfs qu'il a bernés? Qu'on sache qui il est vraiment !
En tout cas, Jean-François ne la laissera pas ruiner sa carrière et sa crédibilité comme ça.. Il va riposter, c'est sûr..”


Déçues, soulagées et inquiètes à la fois, elles jettent les quotidiens à la corbeille et se saisissent du courrier empilé sur le bureau. Factures, courriers, publicité, les enveloppes défilent entre leurs doigts jusqu'à ce qu'une, en kraft, plus grande que les autres attirent leur attention et particulièrement les lettres découpées dans du papier journal qui y sont collées.
“ Mon Dieu... Qu'est-ce-que.... ?
Ouvre vite!
Attend, je vais faire gaffe, il y a peut-être des empreintes sur le papier.
Ça m'étonnerait, mais fais quand même
Elle est pas timbrée, ce qui implique que quelqu'un l'a déposée direct dans la boîte aux lettres..”

Françoise attrape précautionneusement l'enveloppe par le coin et la pose bien à plat sur le bureau, faisant en sorte de laisser une des extrémités libre, puis, du bout des doigts enveloppés d'un mouchoir en papier, elle la maintient à plat alors qu'elle l'ouvre à l'aide d'un coupe papier. Elle retire ensuite la missive par le coin supérieur. La feuille se déplie et délivre son message.
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