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> Récit : Miroir aux reflets doubles
Lue : 0 fois - Commentaire(s) : 0 - Histoire postée le 31/07/2026
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Miroir aux reflets doubles
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La pénombre ambrée du studio enveloppe chaque particule de poussière qui danse dans les rais de lumière filtrés par le store en bambou. Les lignes parallèles strient le parquet de chêne comme des barreaux de prison dorés, mais ici, dans cet espace clos, c'est la liberté qui règne. L'air charrie des effluves de thé à la menthe refroidi et de cire d'abeille, un mélange qui imprègne les murs couverts de photos noir et blanc. Le matelas posé à même le sol porte encore l'empreinte des corps, le drap blanc froissé témoignant silencieusement des rendez-vous précédents.
Émilie se tient debout près de la petite table de chevet où repose le gode en silicone blanc nacré. La bougie à la cire d'abeille émet une lueur vacillante qui caresse sa peau claire, dessinant des ombres mouvantes sur ses seins fermes. Elle vient de laisser tomber son pull marine sur le parquet, ses baskets délacées gisent près de la porte. Son jean a glissé le long de ses cuisses et forme maintenant une flaque de denim à ses pieds. Sa queue de cheval blonde cascade le long de sa nuque, chaque mèche capturant la lumière comme des fils de miel.
Camille, déjà nue, est assise en tailleur sur le matelas. Ses cheveux blonds tirés en queue de cheval identique tombent dans son dos, et ses aréoles rose pâle se contractent imperceptiblement au contact de l'air tiède. Sa poitrine 85C se soulève au rythme d'une respiration qu'elle s'efforce de garder régulière. Ses poils pubiens blonds, soigneusement entretenus, forment un triangle délicat qui souligne la courbe de son ventre. Sa peau jeune et lisse capte la lumière de la bougie, révélant un duvet presque invisible sur ses bras et ses cuisses.
Le grand miroir appuyé contre le mur renvoie l'image de deux corps qui se font écho, deux silhouettes aux lignes douces, ni trop frêles ni trop charpentées, deux poitrines 85C aux seins plantés haut qui semblent se répondre comme des reflets jumeaux.
Émilie retire sa culotte d'un geste fluide, le coton glissant sur ses hanches avant de rejoindre le reste de ses vêtements. Elle reste un instant immobile, offrant son corps à la pénombre, à la chaleur de la bougie, au regard de Camille qui ne la quitte pas des yeux.
Camille : Viens.
Le son de sa propre voix lui paraît étranger, comme s'il appartenait à une version plus hardie d'elle-même, celle qui n'existe que dans ce studio, que dans cette bulle hors du temps où les mensonges aux parents et les regards furtifs dans les couloirs du lycée n'ont plus cours.
Émilie s'approche du matelas, ses pieds nus foulant le parquet avec une lenteur délibérée. Chaque pas fait onduler sa queue de cheval, chaque mouvement déplace l'air chargé de leurs odeurs mêlées. Elle s'agenouille sur le drap blanc, face à Camille, et leurs genoux se touchent presque.
Le contact est d'abord visuel. Leurs yeux parcourent les corps offerts, s'attardent sur les détails qu'elles connaissent par cœur mais qui, à chaque fois, semblent nouveaux. La courbe d'un sein, la pâleur d'une aréole, la ligne qui descend du nombril jusqu'à la toison blonde. Le miroir dédouble l'image, créant une symétrie troublante où les corps se multiplient et se confondent.
Émilie : On dirait qu'on est quatre.
Camille tourne la tête vers le miroir. Les reflets tournent la tête en même temps qu'elle, synchronisés comme des danseuses. Ses doigts se crispent sur ses cuisses nues.
Camille : Ça me fait toujours bizarre. Comme si on était observées par nous-mêmes.
Émilie : C'est le but, non ? Se regarder. Se voir comme on ne peut pas se voir d'habitude.
Sa main droite se lève et vient effleurer la joue de Camille. Le geste est lent, presque rituel. Les phalanges suivent la ligne de la mâchoire, descendent le long du cou, s'arrêtent dans le creux de la clavicule où bat une artère minuscule. Camille ferme les yeux. Sa respiration s'approfondit, son ventre se creuse.
Émilie : Regarde-nous.
Camille rouvre les yeux et les dirige vers le miroir. Elle voit les doigts d'Émilie qui descendent maintenant sur son sternum, qui contournent son sein gauche avec une lenteur calculée, qui tracent un cercle autour de son aréole sans jamais la toucher. Elle voit sa propre poitrine se soulever plus vite, ses propres mains qui s'agrippent au drap froissé.
Émilie : Tu vois comme ta peau réagit ?
La voix d'Émilie est un murmure contre son oreille. Dans le miroir, Camille voit les lèvres d'Émilie s'approcher de son cou, les voit s'entrouvrir, voit la pointe de la langue apparaître et toucher sa peau juste sous l'oreille. Le contact est humide et chaud. Un frisson parcourt son dos, visible dans le reflet comme une onde qui se propage.
Camille : Hmm.
La langue d'Émilie descend le long de son cou, laisse une traînée brillante qui capte la lumière de la bougie. Ses mains remontent le long des flancs de Camille, ses pouces s'arrêtant sur les côtes inférieures, sentant la cage thoracique s'élargir à chaque inspiration.
Émilie : J'aime quand tu frissonnes. J'aime savoir que c'est moi qui te fais cet effet.
Ses doigts remontent encore, et cette fois ils atteignent les seins de Camille. Elle les prend en coupe, les soupèse, ses pouces passant sur les aréoles avec une pression à peine perceptible. Les tétons se dressent immédiatement, se durcissent contre la pulpe de ses doigts.
Camille : Ahhhh.
Le son est faible, presque avalé par le silence cotonneux du studio. Mais dans cet espace clos, le moindre bruit prend une ampleur démesurée. Le froissement du drap, le crépitement de la bougie, le glissement de la salive dans la gorge d'Émilie quand elle déglutit.
Émilie : Allonge-toi.
Camille obéit sans hésiter. Son dos touche le drap blanc, ses cheveux blonds s'étalent autour de sa tête comme un éventail. Dans le miroir, elle voit son propre corps offert, ses seins qui pointent vers le plafond, ses jambes qui s'écartent légèrement dans un mouvement involontaire. Émilie reste à genoux près d'elle, et leurs reflets composent un tableau que Camille voudrait graver derrière ses paupières.
Émilie se penche sur elle. Sa queue de cheval tombe par-dessus son épaule et vient balayer le ventre de Camille, qui frissonne de nouveau. Les lèvres d'Émilie se posent sur sa clavicule, puis descendent entre ses seins. Sa langue trace un sillon humide jusqu'au sternum, et Camille sent la chaleur se concentrer au creux de son ventre, une pression familière qui commence à pulser entre ses jambes.
Camille : Émilie…
Le prénom sort de sa bouche comme une prière. Ses mains quittent le drap et viennent se poser sur les épaules d'Émilie, sentant les muscles qui roulent sous la peau à chaque mouvement.
Émilie : Dis-moi ce que tu veux.
Sa bouche englobe le téton, et la succion est lente, appliquée, rythmée par les battements de cœur de Camille qui s'accélèrent. La langue tourne autour de l'aréole, dessine des motifs invisibles, puis aspire de nouveau, créant une dépression qui tire un gémissement de la gorge de Camille.
Camille : Continue. Continue, s'il te plaît.
Le « s'il te plaît » est un ajout presque automatique, une politesse ancrée dans son éducation qui surgit même ici, même maintenant, même quand elle est nue et offerte et qu'elle supplie pour plus de plaisir. Émilie sourit contre sa peau, et Camille sent le mouvement des lèvres qui s'étirent.
Émilie : Toujours si polie. Même quand tu me supplies de te faire jouir.
Sa main libre descend le long du ventre de Camille, ses doigts rencontrant la toison blonde soigneusement entretenue. Elle s'attarde là, traçant des cercles paresseux qui évitent délibérément l'endroit où Camille veut qu'elle aille. Les hanches de Camille bougent, se soulèvent, cherchent le contact.
Émilie : Regarde dans le miroir.
Camille tourne la tête. Le reflet lui montre Émilie penchée sur elle, sa bouche sur son sein, sa main entre ses cuisses. Elle voit ses propres jambes qui s'écartent davantage, ses propres lèvres qui s'entrouvrent sur une respiration haletante. Elle voit la main d'Émilie qui descend enfin, les doigts qui écartent les plis humides.
Émilie : Regarde comme tu es mouillée.
Ses doigts glissent dans la fente de Camille, recueillent l'humidité qui s'y est accumulée. Dans le miroir, Camille voit la main d'Émilie qui remonte, les doigts qui brillent à la lueur de la bougie, enduits de son propre désir. Émilie porte ses doigts à sa bouche et les lèche, lentement, un par un.
Camille : Tu as goûté ?
Émilie : Chaque fois. Tu veux goûter aussi ?
Elle ne répond pas avec des mots. Au lieu de cela, elle se redresse sur ses coudes et attire le visage d'Émilie vers le sien. Leurs bouches se rencontrent, et la langue d'Émilie s'introduit entre ses lèvres, lui offrant son propre goût — salé, légèrement amer, étrangement excitant. Camille gémit dans le baiser, ses doigts s'enfonçant dans les cheveux blonds d'Émilie, défaisant à moitié la queue de cheval.
Leurs corps basculent sur le matelas. Les jambes s'entremêlent, les seins s'écrasent les uns contre les autres, les bouches ne se quittent plus. Camille sent la chaleur du pubis d'Émilie contre sa cuisse, sent l'humidité qui s'y accumule et qui correspond à la sienne.
Camille : Je veux qu'on jouisse ensemble. Comme la dernière fois.
Émilie se redresse au-dessus d'elle, ses cheveux à moitié défaits encadrant son visage. Ses yeux parcourent le corps de Camille, puis se dirigent vers la table de chevet où le gode blanc nacré repose près de la bougie.
Émilie: Tu veux qu'on utilise… ?
Camille suit son regard. Le gode en silicone luit doucement dans la pénombre, sa surface nacrée reflétant la flamme vacillante. Elle se souvient du jour où elles l'ont commandé ensemble, cachées dans la chambre d'Émilie, l'écran d'ordinateur baissé au minimum, leurs rires étouffés dans l'oreiller de peur que les parents n'entendent.
Camille : Pas tout de suite. D'abord, je veux sentir tes doigts.
Émilie acquiesce. Elle se repositionne, s'allongeant sur le côté face à Camille, leurs corps se faisant face comme deux parenthèses qui se referment. Sa main droite reprend sa place entre les cuisses de Camille, tandis que sa main gauche saisit le poignet de Camille et le guide vers son propre sexe.
Émilie : Ensemble.
Leurs doigts se mettent en mouvement simultanément. Camille sent la chaleur humide du sexe d'Émilie sous ses phalanges, sent les plis qui s'écartent, le clitoris qui se gonfle sous la caresse. Elle entend le soupir d'Émilie au moment où elle-même pousse un gémissement, les doigts d'Émilie ayant trouvé son propre clitoris.
Camille : Putain.
Le mot est vulgaire, tranchant avec sa timidité habituelle, mais il lui échappe comme une évidence. Les doigts d'Émilie tracent des cercles lents sur son clitoris, une pression calculée qui alterne avec des effleurements plus légers, créant un rythme qui fait onduler ses hanches.
Émilie : Comme ça ?
Camille : Plus fort.
Les doigts appuient davantage. Le cercle se resserre, se concentre sur le point le plus sensible. Camille sent la tension monter, cette pression délicieuse qui s'accumule au creux de son ventre, qui irradie dans ses cuisses, qui remonte le long de sa colonne vertébrale.
Elle essaie de maintenir le même rythme sur le sexe d'Émilie, mais sa concentration vacille. Ses doigts deviennent maladroits, perdent la cadence, puis la retrouvent quand Émilie gémit et pousse son bassin contre sa main.
Émilie : Regarde-nous.
Camille tourne la tête vers le miroir. Le reflet leur renvoie l'image de deux jeunes femmes enlacées, leurs mains travaillant entre leurs cuisses, leurs bouches entrouvertes sur des respirations saccadées. Leurs queues de cheval blondes se sont presque entièrement défaites, les mèches se mêlant sur le drap blanc. Leurs seins se touchent à chaque mouvement, les tétons dressés se frôlant comme des aimants.
Camille : On est belles.
Émilie : On est tellement belles.
Ses doigts accélèrent sur le clitoris de Camille, qui sent la pression monter d'un cran. Sa respiration devient hachée, ses hanches se soulèvent du matelas pour aller à la rencontre de la main d'Émilie. Elle enfonce ses propres doigts plus profondément dans le sexe d'Émilie, sent les parois chaudes qui se contractent autour de ses phalanges.
Camille : Je vais…
Émilie : Pas encore. Pas sans moi.
Elle retire sa main, et Camille pousse un gémissement de frustration. La sensation s'interrompt brutalement, la laissant sur le bord du précipice, chaque nerf à vif. Ses doigts se retirent aussi du sexe d'Émilie, obéissant à une règle tacite de leur jeu : elles jouissent ensemble ou pas du tout.
Émilie : Le gode.
Elle attrape le jouet sur la table de chevet. Le silicone blanc nacré est frais dans sa main, et elle le réchauffe entre ses paumes avant de le tendre à Camille.
Émilie : Tu veux le mettre ?
Camille prend le gode. Il est lisse et familier, sa forme incurvée épousant parfaitement sa paume. Elle le connaît par cœur, ce jouet qui a été le témoin de leur première fois, ce jouet qui les a initiées à des sensations qu'aucun homme ne leur a jamais données.
Camille : Mets-le. Je veux te regarder.
Émilie sourit. Elle s'agenouille sur le matelas, écarte les jambes, et Camille voit son sexe exposé dans la lumière de la bougie — les lèvres gonflées, le clitoris érigé, la fente qui luit d'humidité. Émilie approche l'extrémité du gode de son entrée, et Camille retient son souffle.
Le silicone glisse à l'intérieur avec une lenteur délibérée. Émilie pousse un long gémissement, sa tête basculant en arrière, sa gorge exposée. Le gode s'enfonce centimètre par centimètre, et dans le miroir, Camille voit le jouet disparaître dans le corps d'Émilie, voit les lèvres qui s'écartent pour l'accueillir, voit la main qui commence un mouvement de va-et-vient.
Émilie : C'est bon. Tellement bon.
Elle s'allonge sur le dos, ses jambes écartées, et continue de manipuler le gode d'une main tandis que l'autre se tend vers Camille.
Émilie : Viens ici. Mets-toi sur moi.
Camille obéit. Elle enjambe le corps d'Émilie, positionnant son sexe au-dessus du visage de son amante. Ses genoux s'enfoncent dans le matelas de chaque côté de la tête d'Émilie, et elle sent le souffle chaud sur sa chair intime.
Émilie : Descends.
Camille descend. La bouche d'Émilie se plaque contre son sexe, et la langue s'introduit entre ses lèvres avec une avidité qui lui arrache un cri. Elle sent la pointe de la langue qui fouille, qui lèche, qui s'enroule autour de son clitoris. Elle voit, dans le miroir, la tête d'Émilie entre ses cuisses, les cheveux blonds éparpillés sur le drap, et plus bas, la main qui continue de faire aller et venir le gode dans son propre vagin.
Camille : Oh, putain, Émilie.
Sa main droite descend et vient recouvrir celle d'Émilie sur le gode. Ensemble, elles impriment un rythme au jouet, un va-et-vient qui s'accélère à mesure que la langue d'Émilie travaille le clitoris de Camille avec plus d'insistance. Les sons se mêlent dans le studio : le bruit mouillé de la bouche d'Émilie, le claquement discret du silicone contre la chair, les gémissements étouffés d'Émilie contre le sexe de Camille, les halètements de Camille qui grandissent en intensité.
Camille : Je vais jouir.
Sa main libre agrippe les cheveux d'Émilie, ses doigts se crispent sur le crâne. La langue d'Émilie redouble d'ardeur, et le gode s'enfonce plus profondément en elle, poussé par leurs deux mains conjointes. Camille sent la pression monter, gonfler, remplir chaque recoin de son corps. Ses cuisses tremblent, ses seins se balancent au-dessus du visage d'Émilie.
Camille : Maintenant. Maintenant, maintenant, mainte…
Le mot se brise en un cri. L'orgasme explose à l'intérieur d'elle, une vague de chaleur qui part de son clitoris et irradie dans tout son corps. Ses hanches tressaillent contre la bouche d'Émilie, ses doigts tirent sur les cheveux blonds, et elle entend à peine le gémissement d'Émilie qui jouit en même temps, sa main crispée sur le gode qui s'enfonce une dernière fois, son corps qui se cambre sous celui de Camille.
Le temps se suspend. Les seuls bruits sont leurs respirations hachées, le crépitement de la bougie, et le son lointain d'une voiture qui passe dans la rue.
Camille s'effondre sur le côté, quittant le visage d'Émilie. Le gode glisse hors du corps d'Émilie avec un bruit humide et roule sur le drap. Les deux jeunes femmes restent allongées côte à côte, leurs poitrines se soulevant à un rythme qui ralentit progressivement.
Émilie : Putain.
Camille : Putain.
Leurs rires s'élèvent dans la pénombre, légers, presque enfantins, contrastant avec la vulgarité du moment qu'elles viennent de partager. Camille tourne la tête et regarde le visage d'Émilie, luisant de son propre désir, les lèvres gonflées, les yeux mi-clos.
Camille : Je t'aime.
Les mots lui échappent comme une évidence. Elle les retenait depuis des semaines, les gardait en réserve pour un moment parfait, et voilà qu'ils sortent maintenant, après l'orgasme, dans la moiteur du studio, entre les draps froissés et le gode abandonné.
Émilie tourne la tête vers elle. Ses yeux s'ouvrent complètement, et dans la lueur de la bougie, Camille y voit une lueur qui ressemble à des larmes contenues.
Émilie : Je t'aime aussi. Depuis le premier jour où tu es entrée dans ce studio.
Leurs mains se cherchent et se trouvent sur le drap. Leurs doigts s'entrelacent, et elles restent ainsi, nues côte à côte, leurs queues de cheval blondes défaites mêlées sur l'oreiller, leurs corps encore parcourus de petits tremblements post-orgasmiques.
Le miroir leur renvoie cette image, et Camille la regarde longuement, comme pour la graver dans sa mémoire. Elle sait que tout à l'heure, il faudra se rhabiller, effacer les traces de leur intimité, inventer des histoires pour les parents qui demanderont où elles étaient. Mais pour l'instant, dans ce studio baigné de pénombre ambrée, avec l'odeur du thé à la menthe et de la cire d'abeille, avec le corps chaud d'Émilie contre le sien, elle est exactement là où elle doit être.
Émilie : On recommence ?
Camille suit son regard. Le silicone blanc nacré luit doucement, maculé du désir d'Émilie, attendant patiemment son prochain usage.
Camille
On recommence.
Émilie se lève d'un mouvement fluide, ses cheveux blonds glissant sur sa nuque.
Émilie : Attends une minute, je reviens.
Camille la voit s'éloigner vers la petite salle de bain, la silhouette décroissant dans la pénombre ambrée, et le froid de l'absence caresse sa peau nue. Elle ne supporte pas le vide de ses doigts, alors elle porte la main à son clito, ce petit bout de chair encore gonflé et sensible, et elle se caresse lentement, juste pour faire durer ce temps d'extase, juste pour garder le fil du plaisir qui circule encore dans ses veines comme un écho. Ses doigts dessinent des cercles mous, paresseux, et elle ferme les yeux.
Elle entend Émilie fouiller dans la petite armoire — un bruit de tiroir, un froissement, un claquement doux — puis le son de ses pas nus sur le parquet qui revient vers elle. Camille rouvre les yeux. Émilie est là, debout devant le matelas, les mains cachées dans le dos, un sourire en coin qui plisse le coin de ses lèvres.
Émilie : J'ai une surprise.
Camille retire sa main de entre ses cuisses et se redresse, le cœur battant.
Camille : C'est quoi ?
Émilie s'agenouille devant elle et présente ce qu'elle tenait : un double gode, deux tiges de silicone rose chair de dix-huit centimètres pointant vers le haut, reliées à la base, conçu pour une double pénétration. La matière est souple, légèrement nacrée, et l'objet a un poids certain dans le creux des mains d'Émilie.
Camille : Tu l'as trouvé où ?
Émilie
Dans la table de nuit de ma grande sœur. Je savais bien que c'est une grosse salope. Elle pourrait nous apprendre des trucs.
Camille ne répond pas tout de suite. Elle fixe les deux tiges, imagine la sensation, le remplissage, et quelque chose tressaille bas dans son ventre. Elle regarde Émilie, ses yeux, ce sourire complice.
Camille : On l'essaye.
Le gode nacré repose entre les mains de Camille, sa surface lisse encore tiède de leurs étreintes précédentes. Elle le tourne entre ses doigts, le contemple un instant, puis relève les yeux vers Émilie — ce regard là, celui qui dit tout sans un mot, celui qui fait fondre quelque chose au creux du ventre.
Camille : Allonge-toi.
Émilie obéit, s'étire sur le drap froissé, ses cheveux blonds éventails sur le tissu blanc. Le miroir attrape son corps, le redonne en double — la courbe des hanches, la ligne tendue du ventre, la peau nacre et ombre. Camille se penche, pose le gode sur le matelas entre elles, et ses lèvres trouvent l'intérieur de la cuisse d'Émilie. Un frisson parcourt la colonne vertébrale de celle-ci, ses doigts s'agrippent au drap.
Mais Camille a autre chose en tête. Elle se redresse, saisit le gode, et le présente à Émilie d'un geste lent.
Émilie ; Regarde-moi.
Camille la regarde. Elle la regarde comme on regarde un feu — avec cette fascination un peu affolée de celui qui sait qu'il va s'y brûler.
Émilie prend le gode, le réchauffe entre ses paumes — ce geste ritualisé qu'elles ont appris ensemble, cette tendresse absurde pour un objet de silicone qui les fait sourire toutes les deux. Puis elle le pose à plat sur le matelas, entre leurs corps, et Camille comprend.
Elles se font face, agenouillées l'une devant l'autre sur le drap, leurs genoux presque joints. Le gode repose entre elles comme une offrande, comme un pont. Leurs chattes réagissent de suite en se liquéfiant sur place — laissent une tache sur le drap, deux taches, qui se rejoignent presque, la chaleur de l'une appelant celle de l'autre. Camille sent sa propre cyprine couler lentement, glisser sur ses lèvres intérieures, et elle voit dans le miroir la trace brillante qu'elle laisse sur le tissu.
Émilie attrape le gode, le positionne, et c'est d'abord elle qui s'empale dessus — un mouvement lent, contrôlé, qui fait cambrer son dos et rouler ses yeux. Le silicone disparaît en elle centimètre après centimètre, et Camille regarde, fascinée, la voir se remplir ainsi, les lèvres de sa chatte s'écartant autour de la circonférence nacrée.
Puis Émilie retire le gode de son corps — brillant, trempé — et le tend à Camille.
Émilie : À toi.
Camille le prend. Elle le guide entre ses cuisses, sent la tête arrondie presser contre son entrée encore serrée malgré le désir, et elle s'empale à son tour. Le silicone encore chaud du corps d'Émilie glisse en elle, et c'est l'explosion — pas un orgasme encore, mais cette détonation interne, ce vertige qui la fait basculer en avant, ses mains trouvant les épaules d'Émilie.
Elles se regardent. Le miroir les regarde. Quatre silhouettes au lieu de deux, quatre paires de seins haletants, quatre ventres qui se contractent.
Alors elles trouvent leur rythme. Camille pivote, s'installe face au miroir, et Émilie se colle contre son dos — leurs corps emboîtés comme deux pièces d'un même puzzle. Le gode est entre elles, partagé, une moitié en chacune, et leur va-et-vient ne fait qu'amplifier l'orgasme qui monte — qui ne cesse de monter — comme une vague qui se reforme sans jamais se briser tout à fait.
Camille voit leurs reflets : elle, en avant, la bouche ouverte, les seins ballottant au rythme des poussées ; Émilie derrière, les mains agrippées à ses hanches, le visage enfoui dans sa nuque. Le gode entre elles, ce lien de silicone qui les fait jouir en même temps, qui synchronise leurs spasmes.
Émilie : Regarde-nous.
Camille ouvre les yeux qu'elle avait fermés.
Dans le miroir, c'est obscène et beau — leurs corps collés, la sueur qui luit, les taches sombres de cyprine sur le drap blanc. Le gode apparaît et disparaît entre leurs sexes, reliant leurs chattes trempées, et chaque poussée envoie une décharge électrique le long de leurs colonnes vertébrales.
Leurs va-et-vient s'accélèrent. Le rythme se brise, se recompose, se brise encore — irrégulier, désespéré. Camille sent le silicone frotter contre sa paroi interne, presser ce point qui fait voir des étoiles, et en même temps elle sent le corps d'Émilie trembler contre le sien, ses gémissements vibrer dans sa peau.
L'orgasme les prend ensemble — pas en même seconde, mais dans la même respiration. Camille d'abord, qui se cambre si fort que son dos craque, un cri rauque qui lui arrache la gorge ; puis Émilie dans le creux de ce cri, comme si le plaisir de l'une déclenchait celui de l'autre. Leurs chattes se contractent autour du gode en même temps, spasmes synchronisés, et le silicone glisse hors d'elles trempé, brillant de leurs jouissances mêlées.
Elles s'effondrent. Le drap est trempé sous elles — ces taches qu'il faudra laver, ces preuves qu'elles existent. Camille tourne la tête vers Émilie, ses yeux encore vitreux, et murmure :
Camille :Je t'aime.
Émilie sourit — ce sourire-là, celui qui n'appartient qu'à ce studio, qu'à cette pénombre, qu'à elles.
Émilie : Je t'aime aussi depuis le premier jour.
Leurs mains s'entrelacent sur le drap mouillé. Dehors, la rue poursuit son bruit indifférent. Le store en bambou filtre la lumière déclinante. Et le gode nacré repose entre elles, attendant.
Émilie : On recommence ?
La main de Camille se tend déjà vers lui.
Émilie se tient debout près de la petite table de chevet où repose le gode en silicone blanc nacré. La bougie à la cire d'abeille émet une lueur vacillante qui caresse sa peau claire, dessinant des ombres mouvantes sur ses seins fermes. Elle vient de laisser tomber son pull marine sur le parquet, ses baskets délacées gisent près de la porte. Son jean a glissé le long de ses cuisses et forme maintenant une flaque de denim à ses pieds. Sa queue de cheval blonde cascade le long de sa nuque, chaque mèche capturant la lumière comme des fils de miel.
Camille, déjà nue, est assise en tailleur sur le matelas. Ses cheveux blonds tirés en queue de cheval identique tombent dans son dos, et ses aréoles rose pâle se contractent imperceptiblement au contact de l'air tiède. Sa poitrine 85C se soulève au rythme d'une respiration qu'elle s'efforce de garder régulière. Ses poils pubiens blonds, soigneusement entretenus, forment un triangle délicat qui souligne la courbe de son ventre. Sa peau jeune et lisse capte la lumière de la bougie, révélant un duvet presque invisible sur ses bras et ses cuisses.
Le grand miroir appuyé contre le mur renvoie l'image de deux corps qui se font écho, deux silhouettes aux lignes douces, ni trop frêles ni trop charpentées, deux poitrines 85C aux seins plantés haut qui semblent se répondre comme des reflets jumeaux.
Émilie retire sa culotte d'un geste fluide, le coton glissant sur ses hanches avant de rejoindre le reste de ses vêtements. Elle reste un instant immobile, offrant son corps à la pénombre, à la chaleur de la bougie, au regard de Camille qui ne la quitte pas des yeux.
Camille : Viens.
Le son de sa propre voix lui paraît étranger, comme s'il appartenait à une version plus hardie d'elle-même, celle qui n'existe que dans ce studio, que dans cette bulle hors du temps où les mensonges aux parents et les regards furtifs dans les couloirs du lycée n'ont plus cours.
Émilie s'approche du matelas, ses pieds nus foulant le parquet avec une lenteur délibérée. Chaque pas fait onduler sa queue de cheval, chaque mouvement déplace l'air chargé de leurs odeurs mêlées. Elle s'agenouille sur le drap blanc, face à Camille, et leurs genoux se touchent presque.
Le contact est d'abord visuel. Leurs yeux parcourent les corps offerts, s'attardent sur les détails qu'elles connaissent par cœur mais qui, à chaque fois, semblent nouveaux. La courbe d'un sein, la pâleur d'une aréole, la ligne qui descend du nombril jusqu'à la toison blonde. Le miroir dédouble l'image, créant une symétrie troublante où les corps se multiplient et se confondent.
Émilie : On dirait qu'on est quatre.
Camille tourne la tête vers le miroir. Les reflets tournent la tête en même temps qu'elle, synchronisés comme des danseuses. Ses doigts se crispent sur ses cuisses nues.
Camille : Ça me fait toujours bizarre. Comme si on était observées par nous-mêmes.
Émilie : C'est le but, non ? Se regarder. Se voir comme on ne peut pas se voir d'habitude.
Sa main droite se lève et vient effleurer la joue de Camille. Le geste est lent, presque rituel. Les phalanges suivent la ligne de la mâchoire, descendent le long du cou, s'arrêtent dans le creux de la clavicule où bat une artère minuscule. Camille ferme les yeux. Sa respiration s'approfondit, son ventre se creuse.
Émilie : Regarde-nous.
Camille rouvre les yeux et les dirige vers le miroir. Elle voit les doigts d'Émilie qui descendent maintenant sur son sternum, qui contournent son sein gauche avec une lenteur calculée, qui tracent un cercle autour de son aréole sans jamais la toucher. Elle voit sa propre poitrine se soulever plus vite, ses propres mains qui s'agrippent au drap froissé.
Émilie : Tu vois comme ta peau réagit ?
La voix d'Émilie est un murmure contre son oreille. Dans le miroir, Camille voit les lèvres d'Émilie s'approcher de son cou, les voit s'entrouvrir, voit la pointe de la langue apparaître et toucher sa peau juste sous l'oreille. Le contact est humide et chaud. Un frisson parcourt son dos, visible dans le reflet comme une onde qui se propage.
Camille : Hmm.
La langue d'Émilie descend le long de son cou, laisse une traînée brillante qui capte la lumière de la bougie. Ses mains remontent le long des flancs de Camille, ses pouces s'arrêtant sur les côtes inférieures, sentant la cage thoracique s'élargir à chaque inspiration.
Émilie : J'aime quand tu frissonnes. J'aime savoir que c'est moi qui te fais cet effet.
Ses doigts remontent encore, et cette fois ils atteignent les seins de Camille. Elle les prend en coupe, les soupèse, ses pouces passant sur les aréoles avec une pression à peine perceptible. Les tétons se dressent immédiatement, se durcissent contre la pulpe de ses doigts.
Camille : Ahhhh.
Le son est faible, presque avalé par le silence cotonneux du studio. Mais dans cet espace clos, le moindre bruit prend une ampleur démesurée. Le froissement du drap, le crépitement de la bougie, le glissement de la salive dans la gorge d'Émilie quand elle déglutit.
Émilie : Allonge-toi.
Camille obéit sans hésiter. Son dos touche le drap blanc, ses cheveux blonds s'étalent autour de sa tête comme un éventail. Dans le miroir, elle voit son propre corps offert, ses seins qui pointent vers le plafond, ses jambes qui s'écartent légèrement dans un mouvement involontaire. Émilie reste à genoux près d'elle, et leurs reflets composent un tableau que Camille voudrait graver derrière ses paupières.
Émilie se penche sur elle. Sa queue de cheval tombe par-dessus son épaule et vient balayer le ventre de Camille, qui frissonne de nouveau. Les lèvres d'Émilie se posent sur sa clavicule, puis descendent entre ses seins. Sa langue trace un sillon humide jusqu'au sternum, et Camille sent la chaleur se concentrer au creux de son ventre, une pression familière qui commence à pulser entre ses jambes.
Camille : Émilie…
Le prénom sort de sa bouche comme une prière. Ses mains quittent le drap et viennent se poser sur les épaules d'Émilie, sentant les muscles qui roulent sous la peau à chaque mouvement.
Émilie : Dis-moi ce que tu veux.
Sa bouche englobe le téton, et la succion est lente, appliquée, rythmée par les battements de cœur de Camille qui s'accélèrent. La langue tourne autour de l'aréole, dessine des motifs invisibles, puis aspire de nouveau, créant une dépression qui tire un gémissement de la gorge de Camille.
Camille : Continue. Continue, s'il te plaît.
Le « s'il te plaît » est un ajout presque automatique, une politesse ancrée dans son éducation qui surgit même ici, même maintenant, même quand elle est nue et offerte et qu'elle supplie pour plus de plaisir. Émilie sourit contre sa peau, et Camille sent le mouvement des lèvres qui s'étirent.
Émilie : Toujours si polie. Même quand tu me supplies de te faire jouir.
Sa main libre descend le long du ventre de Camille, ses doigts rencontrant la toison blonde soigneusement entretenue. Elle s'attarde là, traçant des cercles paresseux qui évitent délibérément l'endroit où Camille veut qu'elle aille. Les hanches de Camille bougent, se soulèvent, cherchent le contact.
Émilie : Regarde dans le miroir.
Camille tourne la tête. Le reflet lui montre Émilie penchée sur elle, sa bouche sur son sein, sa main entre ses cuisses. Elle voit ses propres jambes qui s'écartent davantage, ses propres lèvres qui s'entrouvrent sur une respiration haletante. Elle voit la main d'Émilie qui descend enfin, les doigts qui écartent les plis humides.
Émilie : Regarde comme tu es mouillée.
Ses doigts glissent dans la fente de Camille, recueillent l'humidité qui s'y est accumulée. Dans le miroir, Camille voit la main d'Émilie qui remonte, les doigts qui brillent à la lueur de la bougie, enduits de son propre désir. Émilie porte ses doigts à sa bouche et les lèche, lentement, un par un.
Camille : Tu as goûté ?
Émilie : Chaque fois. Tu veux goûter aussi ?
Elle ne répond pas avec des mots. Au lieu de cela, elle se redresse sur ses coudes et attire le visage d'Émilie vers le sien. Leurs bouches se rencontrent, et la langue d'Émilie s'introduit entre ses lèvres, lui offrant son propre goût — salé, légèrement amer, étrangement excitant. Camille gémit dans le baiser, ses doigts s'enfonçant dans les cheveux blonds d'Émilie, défaisant à moitié la queue de cheval.
Leurs corps basculent sur le matelas. Les jambes s'entremêlent, les seins s'écrasent les uns contre les autres, les bouches ne se quittent plus. Camille sent la chaleur du pubis d'Émilie contre sa cuisse, sent l'humidité qui s'y accumule et qui correspond à la sienne.
Camille : Je veux qu'on jouisse ensemble. Comme la dernière fois.
Émilie se redresse au-dessus d'elle, ses cheveux à moitié défaits encadrant son visage. Ses yeux parcourent le corps de Camille, puis se dirigent vers la table de chevet où le gode blanc nacré repose près de la bougie.
Émilie: Tu veux qu'on utilise… ?
Camille suit son regard. Le gode en silicone luit doucement dans la pénombre, sa surface nacrée reflétant la flamme vacillante. Elle se souvient du jour où elles l'ont commandé ensemble, cachées dans la chambre d'Émilie, l'écran d'ordinateur baissé au minimum, leurs rires étouffés dans l'oreiller de peur que les parents n'entendent.
Camille : Pas tout de suite. D'abord, je veux sentir tes doigts.
Émilie acquiesce. Elle se repositionne, s'allongeant sur le côté face à Camille, leurs corps se faisant face comme deux parenthèses qui se referment. Sa main droite reprend sa place entre les cuisses de Camille, tandis que sa main gauche saisit le poignet de Camille et le guide vers son propre sexe.
Émilie : Ensemble.
Leurs doigts se mettent en mouvement simultanément. Camille sent la chaleur humide du sexe d'Émilie sous ses phalanges, sent les plis qui s'écartent, le clitoris qui se gonfle sous la caresse. Elle entend le soupir d'Émilie au moment où elle-même pousse un gémissement, les doigts d'Émilie ayant trouvé son propre clitoris.
Camille : Putain.
Le mot est vulgaire, tranchant avec sa timidité habituelle, mais il lui échappe comme une évidence. Les doigts d'Émilie tracent des cercles lents sur son clitoris, une pression calculée qui alterne avec des effleurements plus légers, créant un rythme qui fait onduler ses hanches.
Émilie : Comme ça ?
Camille : Plus fort.
Les doigts appuient davantage. Le cercle se resserre, se concentre sur le point le plus sensible. Camille sent la tension monter, cette pression délicieuse qui s'accumule au creux de son ventre, qui irradie dans ses cuisses, qui remonte le long de sa colonne vertébrale.
Elle essaie de maintenir le même rythme sur le sexe d'Émilie, mais sa concentration vacille. Ses doigts deviennent maladroits, perdent la cadence, puis la retrouvent quand Émilie gémit et pousse son bassin contre sa main.
Émilie : Regarde-nous.
Camille tourne la tête vers le miroir. Le reflet leur renvoie l'image de deux jeunes femmes enlacées, leurs mains travaillant entre leurs cuisses, leurs bouches entrouvertes sur des respirations saccadées. Leurs queues de cheval blondes se sont presque entièrement défaites, les mèches se mêlant sur le drap blanc. Leurs seins se touchent à chaque mouvement, les tétons dressés se frôlant comme des aimants.
Camille : On est belles.
Émilie : On est tellement belles.
Ses doigts accélèrent sur le clitoris de Camille, qui sent la pression monter d'un cran. Sa respiration devient hachée, ses hanches se soulèvent du matelas pour aller à la rencontre de la main d'Émilie. Elle enfonce ses propres doigts plus profondément dans le sexe d'Émilie, sent les parois chaudes qui se contractent autour de ses phalanges.
Camille : Je vais…
Émilie : Pas encore. Pas sans moi.
Elle retire sa main, et Camille pousse un gémissement de frustration. La sensation s'interrompt brutalement, la laissant sur le bord du précipice, chaque nerf à vif. Ses doigts se retirent aussi du sexe d'Émilie, obéissant à une règle tacite de leur jeu : elles jouissent ensemble ou pas du tout.
Émilie : Le gode.
Elle attrape le jouet sur la table de chevet. Le silicone blanc nacré est frais dans sa main, et elle le réchauffe entre ses paumes avant de le tendre à Camille.
Émilie : Tu veux le mettre ?
Camille prend le gode. Il est lisse et familier, sa forme incurvée épousant parfaitement sa paume. Elle le connaît par cœur, ce jouet qui a été le témoin de leur première fois, ce jouet qui les a initiées à des sensations qu'aucun homme ne leur a jamais données.
Camille : Mets-le. Je veux te regarder.
Émilie sourit. Elle s'agenouille sur le matelas, écarte les jambes, et Camille voit son sexe exposé dans la lumière de la bougie — les lèvres gonflées, le clitoris érigé, la fente qui luit d'humidité. Émilie approche l'extrémité du gode de son entrée, et Camille retient son souffle.
Le silicone glisse à l'intérieur avec une lenteur délibérée. Émilie pousse un long gémissement, sa tête basculant en arrière, sa gorge exposée. Le gode s'enfonce centimètre par centimètre, et dans le miroir, Camille voit le jouet disparaître dans le corps d'Émilie, voit les lèvres qui s'écartent pour l'accueillir, voit la main qui commence un mouvement de va-et-vient.
Émilie : C'est bon. Tellement bon.
Elle s'allonge sur le dos, ses jambes écartées, et continue de manipuler le gode d'une main tandis que l'autre se tend vers Camille.
Émilie : Viens ici. Mets-toi sur moi.
Camille obéit. Elle enjambe le corps d'Émilie, positionnant son sexe au-dessus du visage de son amante. Ses genoux s'enfoncent dans le matelas de chaque côté de la tête d'Émilie, et elle sent le souffle chaud sur sa chair intime.
Émilie : Descends.
Camille descend. La bouche d'Émilie se plaque contre son sexe, et la langue s'introduit entre ses lèvres avec une avidité qui lui arrache un cri. Elle sent la pointe de la langue qui fouille, qui lèche, qui s'enroule autour de son clitoris. Elle voit, dans le miroir, la tête d'Émilie entre ses cuisses, les cheveux blonds éparpillés sur le drap, et plus bas, la main qui continue de faire aller et venir le gode dans son propre vagin.
Camille : Oh, putain, Émilie.
Sa main droite descend et vient recouvrir celle d'Émilie sur le gode. Ensemble, elles impriment un rythme au jouet, un va-et-vient qui s'accélère à mesure que la langue d'Émilie travaille le clitoris de Camille avec plus d'insistance. Les sons se mêlent dans le studio : le bruit mouillé de la bouche d'Émilie, le claquement discret du silicone contre la chair, les gémissements étouffés d'Émilie contre le sexe de Camille, les halètements de Camille qui grandissent en intensité.
Camille : Je vais jouir.
Sa main libre agrippe les cheveux d'Émilie, ses doigts se crispent sur le crâne. La langue d'Émilie redouble d'ardeur, et le gode s'enfonce plus profondément en elle, poussé par leurs deux mains conjointes. Camille sent la pression monter, gonfler, remplir chaque recoin de son corps. Ses cuisses tremblent, ses seins se balancent au-dessus du visage d'Émilie.
Camille : Maintenant. Maintenant, maintenant, mainte…
Le mot se brise en un cri. L'orgasme explose à l'intérieur d'elle, une vague de chaleur qui part de son clitoris et irradie dans tout son corps. Ses hanches tressaillent contre la bouche d'Émilie, ses doigts tirent sur les cheveux blonds, et elle entend à peine le gémissement d'Émilie qui jouit en même temps, sa main crispée sur le gode qui s'enfonce une dernière fois, son corps qui se cambre sous celui de Camille.
Le temps se suspend. Les seuls bruits sont leurs respirations hachées, le crépitement de la bougie, et le son lointain d'une voiture qui passe dans la rue.
Camille s'effondre sur le côté, quittant le visage d'Émilie. Le gode glisse hors du corps d'Émilie avec un bruit humide et roule sur le drap. Les deux jeunes femmes restent allongées côte à côte, leurs poitrines se soulevant à un rythme qui ralentit progressivement.
Émilie : Putain.
Camille : Putain.
Leurs rires s'élèvent dans la pénombre, légers, presque enfantins, contrastant avec la vulgarité du moment qu'elles viennent de partager. Camille tourne la tête et regarde le visage d'Émilie, luisant de son propre désir, les lèvres gonflées, les yeux mi-clos.
Camille : Je t'aime.
Les mots lui échappent comme une évidence. Elle les retenait depuis des semaines, les gardait en réserve pour un moment parfait, et voilà qu'ils sortent maintenant, après l'orgasme, dans la moiteur du studio, entre les draps froissés et le gode abandonné.
Émilie tourne la tête vers elle. Ses yeux s'ouvrent complètement, et dans la lueur de la bougie, Camille y voit une lueur qui ressemble à des larmes contenues.
Émilie : Je t'aime aussi. Depuis le premier jour où tu es entrée dans ce studio.
Leurs mains se cherchent et se trouvent sur le drap. Leurs doigts s'entrelacent, et elles restent ainsi, nues côte à côte, leurs queues de cheval blondes défaites mêlées sur l'oreiller, leurs corps encore parcourus de petits tremblements post-orgasmiques.
Le miroir leur renvoie cette image, et Camille la regarde longuement, comme pour la graver dans sa mémoire. Elle sait que tout à l'heure, il faudra se rhabiller, effacer les traces de leur intimité, inventer des histoires pour les parents qui demanderont où elles étaient. Mais pour l'instant, dans ce studio baigné de pénombre ambrée, avec l'odeur du thé à la menthe et de la cire d'abeille, avec le corps chaud d'Émilie contre le sien, elle est exactement là où elle doit être.
Émilie : On recommence ?
Camille suit son regard. Le silicone blanc nacré luit doucement, maculé du désir d'Émilie, attendant patiemment son prochain usage.
Camille
On recommence.
Émilie se lève d'un mouvement fluide, ses cheveux blonds glissant sur sa nuque.
Émilie : Attends une minute, je reviens.
Camille la voit s'éloigner vers la petite salle de bain, la silhouette décroissant dans la pénombre ambrée, et le froid de l'absence caresse sa peau nue. Elle ne supporte pas le vide de ses doigts, alors elle porte la main à son clito, ce petit bout de chair encore gonflé et sensible, et elle se caresse lentement, juste pour faire durer ce temps d'extase, juste pour garder le fil du plaisir qui circule encore dans ses veines comme un écho. Ses doigts dessinent des cercles mous, paresseux, et elle ferme les yeux.
Elle entend Émilie fouiller dans la petite armoire — un bruit de tiroir, un froissement, un claquement doux — puis le son de ses pas nus sur le parquet qui revient vers elle. Camille rouvre les yeux. Émilie est là, debout devant le matelas, les mains cachées dans le dos, un sourire en coin qui plisse le coin de ses lèvres.
Émilie : J'ai une surprise.
Camille retire sa main de entre ses cuisses et se redresse, le cœur battant.
Camille : C'est quoi ?
Émilie s'agenouille devant elle et présente ce qu'elle tenait : un double gode, deux tiges de silicone rose chair de dix-huit centimètres pointant vers le haut, reliées à la base, conçu pour une double pénétration. La matière est souple, légèrement nacrée, et l'objet a un poids certain dans le creux des mains d'Émilie.
Camille : Tu l'as trouvé où ?
Émilie
Dans la table de nuit de ma grande sœur. Je savais bien que c'est une grosse salope. Elle pourrait nous apprendre des trucs.
Camille ne répond pas tout de suite. Elle fixe les deux tiges, imagine la sensation, le remplissage, et quelque chose tressaille bas dans son ventre. Elle regarde Émilie, ses yeux, ce sourire complice.
Camille : On l'essaye.
Le gode nacré repose entre les mains de Camille, sa surface lisse encore tiède de leurs étreintes précédentes. Elle le tourne entre ses doigts, le contemple un instant, puis relève les yeux vers Émilie — ce regard là, celui qui dit tout sans un mot, celui qui fait fondre quelque chose au creux du ventre.
Camille : Allonge-toi.
Émilie obéit, s'étire sur le drap froissé, ses cheveux blonds éventails sur le tissu blanc. Le miroir attrape son corps, le redonne en double — la courbe des hanches, la ligne tendue du ventre, la peau nacre et ombre. Camille se penche, pose le gode sur le matelas entre elles, et ses lèvres trouvent l'intérieur de la cuisse d'Émilie. Un frisson parcourt la colonne vertébrale de celle-ci, ses doigts s'agrippent au drap.
Mais Camille a autre chose en tête. Elle se redresse, saisit le gode, et le présente à Émilie d'un geste lent.
Émilie ; Regarde-moi.
Camille la regarde. Elle la regarde comme on regarde un feu — avec cette fascination un peu affolée de celui qui sait qu'il va s'y brûler.
Émilie prend le gode, le réchauffe entre ses paumes — ce geste ritualisé qu'elles ont appris ensemble, cette tendresse absurde pour un objet de silicone qui les fait sourire toutes les deux. Puis elle le pose à plat sur le matelas, entre leurs corps, et Camille comprend.
Elles se font face, agenouillées l'une devant l'autre sur le drap, leurs genoux presque joints. Le gode repose entre elles comme une offrande, comme un pont. Leurs chattes réagissent de suite en se liquéfiant sur place — laissent une tache sur le drap, deux taches, qui se rejoignent presque, la chaleur de l'une appelant celle de l'autre. Camille sent sa propre cyprine couler lentement, glisser sur ses lèvres intérieures, et elle voit dans le miroir la trace brillante qu'elle laisse sur le tissu.
Émilie attrape le gode, le positionne, et c'est d'abord elle qui s'empale dessus — un mouvement lent, contrôlé, qui fait cambrer son dos et rouler ses yeux. Le silicone disparaît en elle centimètre après centimètre, et Camille regarde, fascinée, la voir se remplir ainsi, les lèvres de sa chatte s'écartant autour de la circonférence nacrée.
Puis Émilie retire le gode de son corps — brillant, trempé — et le tend à Camille.
Émilie : À toi.
Camille le prend. Elle le guide entre ses cuisses, sent la tête arrondie presser contre son entrée encore serrée malgré le désir, et elle s'empale à son tour. Le silicone encore chaud du corps d'Émilie glisse en elle, et c'est l'explosion — pas un orgasme encore, mais cette détonation interne, ce vertige qui la fait basculer en avant, ses mains trouvant les épaules d'Émilie.
Elles se regardent. Le miroir les regarde. Quatre silhouettes au lieu de deux, quatre paires de seins haletants, quatre ventres qui se contractent.
Alors elles trouvent leur rythme. Camille pivote, s'installe face au miroir, et Émilie se colle contre son dos — leurs corps emboîtés comme deux pièces d'un même puzzle. Le gode est entre elles, partagé, une moitié en chacune, et leur va-et-vient ne fait qu'amplifier l'orgasme qui monte — qui ne cesse de monter — comme une vague qui se reforme sans jamais se briser tout à fait.
Camille voit leurs reflets : elle, en avant, la bouche ouverte, les seins ballottant au rythme des poussées ; Émilie derrière, les mains agrippées à ses hanches, le visage enfoui dans sa nuque. Le gode entre elles, ce lien de silicone qui les fait jouir en même temps, qui synchronise leurs spasmes.
Émilie : Regarde-nous.
Camille ouvre les yeux qu'elle avait fermés.
Dans le miroir, c'est obscène et beau — leurs corps collés, la sueur qui luit, les taches sombres de cyprine sur le drap blanc. Le gode apparaît et disparaît entre leurs sexes, reliant leurs chattes trempées, et chaque poussée envoie une décharge électrique le long de leurs colonnes vertébrales.
Leurs va-et-vient s'accélèrent. Le rythme se brise, se recompose, se brise encore — irrégulier, désespéré. Camille sent le silicone frotter contre sa paroi interne, presser ce point qui fait voir des étoiles, et en même temps elle sent le corps d'Émilie trembler contre le sien, ses gémissements vibrer dans sa peau.
L'orgasme les prend ensemble — pas en même seconde, mais dans la même respiration. Camille d'abord, qui se cambre si fort que son dos craque, un cri rauque qui lui arrache la gorge ; puis Émilie dans le creux de ce cri, comme si le plaisir de l'une déclenchait celui de l'autre. Leurs chattes se contractent autour du gode en même temps, spasmes synchronisés, et le silicone glisse hors d'elles trempé, brillant de leurs jouissances mêlées.
Elles s'effondrent. Le drap est trempé sous elles — ces taches qu'il faudra laver, ces preuves qu'elles existent. Camille tourne la tête vers Émilie, ses yeux encore vitreux, et murmure :
Camille :Je t'aime.
Émilie sourit — ce sourire-là, celui qui n'appartient qu'à ce studio, qu'à cette pénombre, qu'à elles.
Émilie : Je t'aime aussi depuis le premier jour.
Leurs mains s'entrelacent sur le drap mouillé. Dehors, la rue poursuit son bruit indifférent. Le store en bambou filtre la lumière déclinante. Et le gode nacré repose entre elles, attendant.
Émilie : On recommence ?
La main de Camille se tend déjà vers lui.
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